Solution logique

Leibniz

1646-1716

 
   

 

 

Il y a une distinction théologique entre les actions ordinaires de Dieu et les actions extraordinaires( miracles : ainsi le Christ qui marche sur l’eau viole les lois physiques ou encore la grâce ( Salut aux uns ou aux autres). les actions extraordinaires se conforment aux lois physiques établies ( suivent l’ordre). Chaque substance agit selon sa propre loi qui exprime son essence. Leibniz pense qu’il y a des substances individuelles . Chaque substance réalise son essence au travers du temps. La substance n’est pas objets physiques . C’est des âmes ou analogues.

Ordre particulier = organisation physique du monde .

Ordre physique = petite partie de l’ordre de l’univers.

  Les actions miraculeuses ne sont pas à l’encontre de l’ordre général de l’univers . Les miracles sont prévus de toute éternité. Dieu lorsqu’il a décidé d’organiser le monde a déjà prévu les miracles. Le miracle viole la régularité physique . Tout peut être régi par une équation . Les lois de l’univers, infiniment compliquées, les miracles ne sont pas extérieurs à cet ordre. L’ordre général est le plus parfait de tous. Le plus simple en hypothèse et le plus riche en phénomène.  Dans la section 6, voir le sommaire, nous avons :

la volonté : - actions extraordinaires

                  - actions ordinaires

La section 7 donne la clé pour le paragraphe 8 et prolonge immédiatement la section 6.  

l'ordre général de l'univers : - les maximes subalternes  ( soit les lois physiques,

                                                             les lois de chaque substance)

                                                         - les exceptions aux maximes subalternes 

                                                    ( exemple : les miracles )

ceci est à mettre en parallèle avec :

la volonté la plus générale de Dieu : - les volontés moins générales

                                                    - les volontés particulières

                                                      (qui ne sont pas conformes à une loi physique et dont les

                                                                                 objets sont expréssement voulus )

Il y a des raisons pour lesquelles Dieu fait les lois physiques ou les exceptions du type des miracles.

La volonté la plus générale de Dieu veut l’ordre général de l’univers.Explication de la Théodicée : c'est justifier Dieu ( Saint Augustin et Saint Irénée en sont parmi les premiers grands théoriciens)Cela pose le problème de la compréhension du mal ? Comment justifier Dieu et comprendre l’existence du mal ? Saint Augustin et Saint Irénée essayent de voir la conjonction de Dieu bon / tout puissant qui est incompatible avec le mal. Pourquoi Dieu laisse le mal ? Ce n’est pas un problème nouveau en philosophie. Il y a des actions qui ne sont pas voulues mais permises. Des actions intrinsèquement mauvaises qui deviennent bonnes par accident. Le mal fait partie des frais  et est produit librement. Dans la section 7 , le mot usure signifie par exemple que l’on emprunte 50 Fr et que l’on rend avec les intérêts 100 Fr. Il faut qu’il y ait ce mal pour atteindre le bien. Il a des effets qui amènent progressivement le bien. On peut objecter à Leibniz le problème de la justice. Dans un univers physique et spirituel ( éternel, immortel) cela marche que si l’on admet l’immortalité.

Dieu concourre à l’action de l’assassin . Est – il responsable de l’action ? Ceux qui sont contre Dieu, dans l’hypothèse d’un Dieu tout puissant et omniscient, pense que le mal est un argument contre Dieu, si Dieu est responsable moralement du mal. Les philosophes actuels tentent de démontrer que Dieu n’existe pas au travers du mal. Comment attribuer à Dieu la responsabilité de l’action ? Et qu’est-ce une action ? Il est nécessaire de le savoir avant de savoir ce qu’est une responsabilité. Il faut distinguer les actions de Dieu et les actions humaines. Il faut expliquer ce qu’est une substance. Les auteurs d’actions ( agents leibniziens) sont des substances.

Substance = être agissant

Toute substance agit. Chez Leibniz le passif n’existe pas. Spinoza dit que dans l’univers il n’y a qu’une substance ( l’homme est un mode c'est à dire  une manière d’être de Dieu, un monisme , c'est  une seule et même substance). Substance ( du réel, sa Nature, selon une définition encyclopédique) , définition nominale ( du mot, type dictionnaire). Le pluralisme ontologique est une  infinité de substances. Responsabilité- action – substance  faut-il admettre le monisme ou le pluralisme ? Nous pouvons parler de prédicats ( qui est l'attribut du sujet) et non de propriétés.

Prenons un exemple pour expliquer cela :

        Pierre rit, est à la plage, etc .

       Pierre n’est pas le prédicat de quelque chose d’autre.

La substance  a des propriétés mais  n’est pas une propriété de quelque chose d’autre( voir les catégories d’Aristote ) .Leibniz passe de la substance a la prédication.   Maintenant nous entrons dans la section 8 qui est cruciale avec la section 13. La définition nominale de la substance est  un sujet dont on peut attribuer le prédicat mais qui ne peut pas être lui-même propriété ( prédicat) d’autre chose ( cela remonte à Aristote).

Pour comprendre la suite,il est bon de prendre le texte du discours  à la page 43 de l'édition proposée et   depuis…..toute prédication… Il est posé ici le principe de la raison suffisante soit : ce qui fait qu’une proposition vraie est vraie.Quelle est la raison ? Quelle est la nature même des choses ?

(Il est bien d’utiliser l’article de Louis Couturat ( 1902) qui a découvert l’opuscule «  primae veritates » et qui a été republié en 1995 dans la revue métaphysique et morale no. 1 / 1995, voir également l’ouvrage de Nicolas Rescher, Leibniz an introduction to his philosophy , Oxford , Clarendon Press, 1965). En haut du système de Leibniz, nous trouvons deux principes :

1) le principe de non-contradiction

Il est impossible que p et sa négation soient vrais en même temps. En vertu du principe de non-contradiction, il suit que toute proposition analytique est vraie.

2) le principe de raison suffisante

C’est l’inverse, toute proposition vraie est analytique ( admet tout de même le principe de non-contradiction) plus celui qui découle des deux principes , le principe des indiscernables et le principe de la continuité . Quel rapport y a t-il entre les principes de non-contradiction et de raison suffisante ? Pour le principe de non-contradiction , une proposition est vraie uniquement en vertu du principe de non-contradiction.   Exemple d'une  proposition analytique : 

Tout homme ( sujet) est un animal –rationnel- ( prédicat)

Le concept du sujet est contenu dans le prédicat.

Tout animal rationnel  est un animal , c’est nécessairement vrai, principe de non-contradiction

Toute proposition analytique est vraie qu’en vertu du principe de non – contradiction.Tout ce qui arrive a une raison ! C’est, donc cela arrive. Ceci devrait nous étonner un tel énoncé !

Encore un expemple :Marie est au cinéma à 16h

Cela n’a pas l’air d’une proposition analytique, il n’y a pas le concept de cinéma dans Marie, ni celui de 16h ! Pour Leibniz, c’est une proposition vraie.

Généralités : Leibniz n’est pas le premier à annoncer : tout ce qui est a une raison ( raison suffisante).Nous trouvons cela chez Spinoza / Descartes, mais, sans la logique de Leibniz.

Depuis Kant, le sens analytique est nommé ainsi, mais on trouve cette équivalence dans le texte de Leibniz, voir page 43, milieu, depuis…..ainsi….

Toute proposition vraie affirmative universelle ou particulière , nécessaire ou contingente, est analytique, et est telle que la notion du sujet contient celle du prédicat .

Voyons ceci maintenant:

1) soit une proposition identique ( identité explicite)  

Prenons un exemple pour mieux comprendre :

    tout homme est un homme  

    ainsi  A=A      

C'est une identité explicite , affirmative, universelle, nécessaire ( nécessairement vraies, la négation implique la contradiction). Toutes les autres propositions sont implicites ou virtuelles ( c’est à dire d’où  l’on peut réduire   les autres propositions affirmatives à des propositions identiques et  analyser le concept  sujet /prédicat . Leibniz utilise cela dans son concept de liberté / déterminisme. Ainsi si Marie est au cinéma cela n’est pas nécessairement vrai. Pour Leibniz toute proposition vraie est réductible à une identité. 

2) soit deux cas d’identité implicite

Tentons d'éclaircir cela soit : 

a) tout homme est un animal

b  le tout est plus grand que la partie

c) ensemble des vérités métaphysiques

En a) tout homme est un animal , donc,  pas d’identité implicite,  tout animal rationnel est un animal ce qui entraîne qu'il n'y a pas identité explicite et cela entraîneune  réduction ( analyse notion du sujet , affirmatif, unir, nécessairement vraies, on ne peut nier ces affirmations sans avoir quelque chose de contradictoire). Donc, 1) et 2) sont du domaine des vérités nécessaires, vérités  a priori

Encore un exemple :

Marie est à la plage( prédicat, en t’)

Paul est au cinéma(prédicat, en t’)

Leibniz a besoin de deux thèses, il faut une notion de Marie, concept du sujet exprimé, il faut que Marie ait une essence individuelle. L’essence de Marie doit être d’essence différente, essence spécifique, notre essence, c’est d’être humain. Chez Leibniz, les essences sont individuelles.Chaque essence a une essence individuelle, le principe de raison suffisante l’exige . L’essence individuelle doit être infiniment complexe et a toutes les possibilités contingentes de Marie ( ainsi, Marie est à dix mille km de la planète x, boit un thé à Moscou, etc) Comme cela  la logique rejoint la métaphysique.  

En 2) , il y a deux façons de poser la vérité :

a) par une analyse finie ( notion sujet, homme animal rationnel ) donc  identité.

C’est plus long à analyser avec «  le tout est la partie », mais dans tous ces énoncés, on pose une identité explicite au terme d’une analyse ( un pas, un deuxième pas…….) . Au terme l’analyse est finie avec une proposition contingente, l’analyse est infinie.

b)  - une identité implicite, c’est à dire virtuelle

     - l’analyse est infinie.

Le processus d’analyse est infini ( à supposer que l’infini ait un terme). Nous sommes finis donc  on ne peut pas faire une analyse alors les  propositions contingentes sont connues  qu’à posteriori ( il faut justifier la croyance par l’expérience,soit par exemple  que Marie nous téléphone de Moscou ou que je la rejoigne à la plage, etc, vérités affirmatives, unies, vraies, connaissables a priori ). 

a) et b) sont  vérités nécessaires + connaissables a priori

Marie est à la plage est un  vérité contingente connaissable a posteriori ( par expérience) pour nous, car Dieu peut poursuivre l’analyse à l’infini, nous, nous ne pouvons pas !

Pour Leibniz, les vérités sont des vérités contingentes : analyse infinie, propriété synthétique ( terme kantien), pour arriver à une identité explicite qui entraîne une  analyse à l’infini. Synthétique pour nous, mais, pas pour Dieu.

Pour les vérités nécessaires : l'analyse est finie.

Rien n’arrive sans raison. Toute proposition affirmative vraie est analytique . Chez  Leibniz, la raison suffisante est en rapport avec sa théologie. Il faut se mettre dans la position de Dieu avant la création. Dieu regarde les compossibles. Dans chaque monde possible, il y a réunion des compossibles. L’essence complète préexiste au monde possible. La notion complète, infiniment complète dépend de l’essence individuelle ( ou être complet) de Marie, dépend de savoir dans quel monde Marie se trouve. Cela n’est pas la même Marie dans deux mondes possibles. Chaque individu est une notion complète car il contient tous les prédicats .La notion complète dépend de l’infinité des relations avec les autres essences, relation spatiale et temporelle. La théorie des mondes possibles n’admet pas d’identité transmondaine. Il n’y a pas deux mêmes individus dans deux mondes différents. ( Certains philosophes (Kripke ) admettent le même individu dans deux mondes possibles, car il n’admet pas l’essence individuelle). L’être abstrait ( ex : le triangle ) est incomplet. La substance individuelle est un être complet. La substance ( complète, c’est à dire contient tous les prédicats) et  accident(qui n'est  pas une notion complète).  Ayons recours encore une fois à un exemple :

 Jules César a franchi le Rubicon

Jules César est une substance individuelle ( sujet) .Le Rubicon est un accident, qui n’est pas une notion complète. La substance contient analytiquement la totalité des accidents. Le corps est un agrégat d’une infinité de substances.

La substance chez Leibniz est une âme ou analogue a une âme. L’accident est tel que la notion ne peut être analysée. C’est l’application de la raison suffisante ( toute propriété affirmative vraie est analytique

 Le prédicat est dans la notion de sujet - dans sa formulation logique . C’est le principe de Leibniz par excellence.

Nous pouvons déduire que les propriétés nécessaires ( ex . c’est un homme) sont nécessaires et non les contingentes ( ex : il portait des sandales ). Les propriétés contingentes sont connues a posteriori ( par expérience ). Pour Kant a posteriori et synthétique. Pour Leibniz analytique et connue par Dieu.  Une petite patenthèse explicative du terme  de hecceïté dans le texte: Pour «  Dans Scot, philosophe » , haeccité ,c’est le ceci ité  , ce qui fait que quelque chose est individuel. Voyons un peu ce qu'est la prescience divine : Dieu connaît tous les événements, même les événements libres, car il voit, par exemple, la notion complète d’Alexandre et de ses prédicats, la prescience est à distinguer de la prédétermination ( telle cause + telle loi causale déterminent que l’événement aura lieu, chaîne causale. Pourquoi nous avons une prédétermination ? Car  Dieu établit avant même de créer l’univers, y compris les actions libres Plantinga , philosophe vivant et moderne, admet la prescience , mais pas la prédétermination, car pour lui il est impossible qu’une action soit libre et causalement prédéterminée. Leibniz et Hume pense que l’action est libre. Swinburne nie les deux. Tous les théologiens ne sont pas d’accord avec Leibniz. L’infinité des rapports qu’Alexandre entretient avec l’infinité des autres choses dans le meilleur des mondes possibles donc   Alexandre a cette essence individuelle . Une autre essence entraîne un autre rapport donc il n'y a  pas d’identité transmondaine. Il y a une  relation temporelle avec tout ce qu’il y a dans l’univers.

Exemple : Alexandre a chaussé ses sandales 44 millions d’années avant que l’étoile Stella implose. Tout ainsi a des traces de substance. C’est une relation entre notre âme et une infinité de relations.

Dieu lit notre âme et voit un grain de sable sur Mars. Toute l’histoire de l’univers est réfléchi dans notre âme. Chaque âme est un microcosme de l’univers.

 

 

 

 

 

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