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L’IMAGINAIRE ; Jean - Paul Sartre

Trois approches de l'imaginaire de Sartre : l'image, l'amour, le rêve:

L’image

Percevoir / concevoir / imaginer.

Je sais ce que est  l’image d’un pré, je n’ai plus à la percevoir, ou la concevoir. La conscience de l'image d'un pré, par exemple,   se sort d’elle - même se transcende. Produire la conscience de Pierre, la conscience du pré,  c’est une  synthèse intentionnelle qui ramasse en elle une foule de moments passés. L’image enveloppe un certain néant. Puisque l'objet est inexistant, ailleurs, absent . C'est en quelque sorte un objet neutralisé.

On peut, néanmoins,  réagir comme si l’image est une perception, une conscience. La pensée s’appuie sur des images (intérêt pour ce domaine des psychologues). L’image va se chercher dans la perception.

3 types de perception  : la photo, la caricature, l'image mentale.

L’image involontaire m’apparaît comme Pierre m’apparaît au coin d’une rue.

Il faut voir l’intention que je mets dans l’image mentale. L’image est  représentant analogique. L’original descend dans l’image. Image hypnagogique ( pouvoir de représentation ), image du pré- rêve qui arrive quand l’attention se relâche. Réfléchir, c’est produire une conscience de conscience. La pensée n’est jamais à court de représentation.

Je vois quelque chose, mais ce quelque chose  n’est rien , image par exemple d’un chat , un chat non - existant . Animer une matière pour en faire la représentation d’un objet absent ou inexistant.

La matière n’est jamais l’analogue parfait de l’objet à représenter.

Comment savoir si ma conscience est réelle ou imageante ? Dans la réalité je peux compter les colonnes du Panthéon, pas dans la conscience imageante.

Matière plus  savoir et alors un phénomène d’équivalence apparaît. Matière intuitive, le savoir passe à l’intuitif sous forme de pantomime .La structure active de l’image , c’est le savoir . Les mots sont le support du savoir. Tout mot à un savoir antérieur. Tout savoir s’exprime par des mots. Le mot n’est pas une image, il a une fonction de signe. Le mot est dans la conscience imageante .La conscience imageante est une conscience d’objet image, c’est un substitut. Le savoir est un souvenir d’idée. Descartes distingue les idées et les souvenirs d’idées. Si A implique B et que B implique C, pour rester d’accord avec moi, A implique C, c’est ce que l’on nomme  synesthésie.

Quand je veux me remémorer quelque chose,  je fais appel à l’impression générale .

 La conscience dessine ce qui a été, c’est comme une aurore d’image. Quand on lit, il n’y a pas d’image mentale. L’image apparaît aux arrêts et aux ratés de la lecture. L’image fait exister dans l’irréel.

Lorsqu’on enlève les manifestations physiologiques, il ne reste plus que des jugements abstraits. La honte est un jugement abstrait. Avoir de la haine pour Pierre, c’est le sentiment de haine comme Pierre qui est quelque chose  de haïssable..

La conscience du désir est déjà imageante.  L’image dans la structure de la pensée concorde avec ce qu’elle est pour moi et pas pour quelqu’un d’autre.

Dans l’obsession, l’objet se force de lui - même à se reproduire. L’obsession est voulue par spasmes de la spontanéité.

L’image est une conscience. L’impression est une force qui nous pénètre violemment. L’image est  une  sorte d’idéal pour le sentiment. L’image mentale, c’est une certaine façon qu’à l’objet d’être absent au sein même de sa présence. L’idée est le raisonnement de l’image. Une image n’est rien d’autre qu’un rapport.

Toute perception s’accompagne d’une réaction affective. L’affectivité comme conscience de modifications organique. Il est nécessaire d’isoler le sentiment de sa signification. Une joie, une angoisse, entre autres, sont conscience de quelque chose.  Les sentiments sont une façon de se transcendanter. Tout sentiment est le sentiment de quelque chose. Avoir de la sympathie pour Pierre , c’est avoir conscience de Pierre comme sympathique.

L’imitation réveille la conscience affective. Un imitateur est un possédé. Le réel sert de représentant au savoir imageant. Il n’y a pas  d’images sans mouvements. Les impressions kinésies sont citées  comme étant des  analagons. L’image complète, c’est un analagon qui peut être ou kiné ou affectif.                        

La conscience s’accompagne de représentations mal différenciées. Si un savoir se fixe un instant, c’est une  conscience imageante.

L’image mentale d’un cheval est une sorte de néant. L’illustration de la pensée se fait par des schèmes, représentation schématique, diagrammes. La synesthésie (perception simultanée) et le  synopsis  (variété de synesthésie appelée aussi « audition simultanée »= phénomènes auto-symboliques).

Penser sur la pensée, c’est  « sentir »le caractère immatériel de la pensée.

La compréhension est un mouvement qui ne s’achève jamais. L’image et la perception sont deux grandes attitudes irréductibles de la pensée.

La pensée prend la forme imagée lorsqu’elle veut être intuitive. Elle fait apparaître l’objet pour le « voir »mieux et le posséder.

Qu’est - ce  le temps de la conscience ?

 

Le temps irréel se déploie ou se contracte. Absentéisme du temps comme de l’espace. Pas d’individuation de l’objet. Le caractère de Pierre en image , c’est d’être clairsemé. Il s’agit d’une pauvreté essentielle. La conscience imageante ne peut « subir »comme un peintre qui recule pour voir l’effet de l’image. Ne pas vouloir reproduire une représentation obsédante, nous amène forcément à la reproduire ( j’ai un problème qui me préoccupe, je n’y pense plus, je suis calme et je m’interroge sur ce calme et je me rappelle mon problème  !) .La conscience imageante est une sorte d’anti-monde ,d’objets fantômes qui font fuir notre condition actuelle. L’image est morceau détaché , pièce du monde réel ( le In-der-Welt de Heidegger). La conscience imageante est issue de couches réelles.

Aimer, haïr sont des réactions du 2ième degré.

L’image intensifie le sentiment. L’élément affectif est un analagon réduit à un simple abstrait émotionnel. L’image est une forme psychique où le corps collabore.

J’affirme que je suis tendre, ainsi  je réalise en moi la tendresse. C’est un  reflet du sentiment. Le sentiment d’hier est irréellement présent. Je  retrouve les sentiments d’ hier. Effort pour rejoindre l’irréel ( tendresse , passion ). Le sentiment réel est différent de l’irréel. Voir l’amour…

 L'amour

L’amour est une danse en face de l’irréel. Je joue, mime plutôt que ressentir. Mes sentiments sont différents en face du réel ou de l’imaginaire. L’absence de l’amour est différent de la présence. L’absence nous jette dans une impression intolérable d’inutilité. C’est une image renaissante. L’amour en image est incomparable.

Il y a toujours plus à aimer dans l’objet que dans la réalité et je le sais. Le sentiment se joue, se mime, on se le veut, on se le croit. Des lettres remplacent l’analagon défaillant. Le retour de Pierre que j’aime va faire éclater toute cette construction formelle. Le réel entraîne l’écroulement de l’imaginaire. Frapper quelqu’un dans l’imaginaire est différent que dans le réel. Dans l’imaginaire, il n’y a pas de sang. Savoir que dans le réel il y aura du sang suffit à m’arrêter. Le réel est toujours imprévisible. Nous avons deux personnalités : réelle et imaginaire.  

 ( Pour plus d'information sur l'amour, en général,  voir " nos amours", dans ce site)

Hallucination, rêve

  L’hallucination est comme une fusion de l’image et de la perception ; j’ai vu sur cette chaise (réelle) le diable ( irréel ). L’hallucination est comme une altération de la croyance.

Descartes dira : on peut respirer sans savoir qu’on respire.

L’obsession n’est pas un corps étranger qui vient s’imposer à la conscience comme un calcul dans le foie vient s’imposer dans le corps. C’est une conscience imageante sur laquelle on a jeté l’interdit. Ne plus vouloir penser à quelque chose transforme ce quelque chose  en quelque chose d’obsédant ( je suis calme, que se passe-t-il ? Je suis calme parce que je ne pense pas à ce quelque chose  qui m’obsède), j’appelle ainsi l’objet de mon obsession.

Le non-moi et le moi sont la conscience de l’homme normal ( sentir que l’on produit des pensées en tant que spontanéité vivante mais qu’on ne les a pas voulues).

L’hallucination est une vacillation de la conscience personnelle. Toute pensée se donne comme pouvant être méditée, toute perception comme pouvant être observée. L’hallucination se présente comme un phénomène dont l’expérience ne peut être faite que par la mémoire.

En cas de psychose, le malade organise sa vie par rapport à ses hallucinations.

Nous pouvons décrire le rêve qu’en usant de la mémoire éveillée. La réalité évidence de la perception, le rêve est croyance. Dans le rêve, il n’y a pas de possibilités, car les possibilités supposent un monde réel. Le monde imaginaire onirique est un monde sans liberté. Le rêve est l’envers de la liberté Il est fatal. Une conscience qui rêve a perdu son être-dans-le monde, et ne le retrouvera qu’au réveil. Le rêve se déroule comme une histoire sans possibilités. Je ne décide pas de prendre un pistolet pour me défendre, le pistolet est là dans ma main. Le rêve a une histoire avec un déroulement. Les images pré-oniriques sont des moments de la conscience sans présent, passé, ou futur, elles arrivent, c’est tout.

Pour pénétrer dans un monde qui n’existe pas, il faut s’identifier à l’objet. Le rêveur voit les choses de son point de vue créateur. Le rêve n’est pas représentable dans le monde de la perception. Le rêveur est l’objet-moi. Je suis le roi, je vois un esclave à mes pieds et puis je suis l’esclave. Dans le cauchemar, le dormeur reste paisible. Il dote son objet -moi de sentiments imaginaires. Un moyen pour l’objet -moi de sortir d’un cauchemar, c’est la constatation réflexive : je rêve. Je me réveille aussi dans l’impossibilité d’imaginer un « après », je me réveille sur un rêve où l’on va me guillotiner, même si le fait d’être guillotiner n’est pas un cauchemar (pas perçu dans ce rêve là comme cauchemar).

Contrairement à ce que croit Descartes, le rêve ne se donne point comme appréhension de la réalité. Il a le même genre d’intérêt que le lecteur prend à la lecture d’un roman, c’est une histoire. Le rêve est une conscience vouée à ne faire que de l’irréel, comme si l’être-dans-le-monde était perdu. Le néant est l’essentiel de l’objet imagé. Il n’existe pas. Le souvenir semble très proche de l’image. L’acte imaginatif, voguant au gré du passé, présent ,futur, est un constituant isolant, et anéantissant ( il n’existe pas ). Le souvenir n’est pas donné comme donné-absent (cas de l’image), mais, je me souviens et c’est comme un donné-présent au passé. Le souvenir est réel et passé, c’est une mise en retraite..

Si j’imagine Pierre à Berlin, je pose le « rien », je saisis « rien ». La conscience d’image pose une thèse d’irréalité.

Conditions pour qu’une conscience puisse imaginer :

- poser le monde dans sa totalité synthétique

- poser l’objet imaginé comme hors d’atteinte par rapport à l’image

Poser le monde ou le néantir, c’est une seule et même chose. La néantisation est comme étant l’envers même de la liberté de conscience.

Pour saisir Pierre absent, il me faut à avoir à saisir le monde sur fond d’appréhension du réel. Ainsi, l’imaginaire est le dépassement du réel.
 
 

 

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