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Pour changer du haïku, un peu de poésie |
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GARES
Mon
chéri,
Rappelle
-toi de ce voyage,
Mon
chéri,
De
ces modhifs,
Mon
chéri,
Amour,
Je
viens à toi
Je
me prends à aimer
cette
gare,
son
joyeux tapage
Ces
volutes de fumée
dansantes
sur
mes peines infinies
Je
me prends à aimer
les
trains
qui
scandent
à
mes tempes les voluptés
de
souvenirs passionnés
Tu
es bateau,
je
suis ancre
Tu
es soleil,
je
suis ciel
Tu
es eau,
Je
suis rivière
Tu
es fleur,
Je
suis pétale.
tu
es tout,
je
suis rien sans toi
Reviens-moi !
Dostoïevski
a été arrêté
Comme
lui, je te supplie
O
cher amour, de crier
« Vivement
le havre,
Vivement
la liberté ! »
Comme
lui, je te supplie
de
croire que liberté et vocation
c’est
la grand chose….
Comme
lui, rêve sans fin
de
nouveau et plus que jamais
Comme
lui pense que l’âme
s’élargit
pour comprendre
la
grandeur de la vie
Je
sais que le bagne va t’apprendre
que
l’homme n’est pas si bon,
que
l’on peut tuer pour le plaisir
Crois
en mon amour
Il
éloigne les ténèbres
les
flots brûlants
qui
noircissent ton âme
Je
pose un baiser
arc-en-ciel
sur le front
brûlant
de tes souffrances
pour
ensoleiller ton horizon
Ecoute
la vie,
elle
bat la mesure,
pour
toi, pour moi
pour
se retrouver,
pour
s’aimer
Je
t’attends…..
Mon
chéri,
Je
suis allée me recueillir
dans
l’Eglise de Novgorod
non
pour prier,
tu
sais combien je me défends
de
ce Dieu monarque et tyran
qui
nous impose ses lois divines
Tu
sais que seul m’intéresse
Les
quatre vertus cardinales,
sagesse,
justice, courage,
tempérance
Je
suis allée admirer les icônes,
art
où monde
du
visible, monde du réel
n’existent
plus.
Le
sacré n’est ni attaché à l’espace
Terrestre,
ni au temps réel
Comme
mon amour pour toi
Je
le veux parfait, profond,
brillant
et divin.
J’aimerais
être Roublev
ou
Théophane le grec
pour
peintre mon infinie passion
qui
me relie à toi, mon chéri
et
pourtant…..
aujourd’hui,
je suis tragédie.
De
noir vêtue.
De
pensées grises cousue
Sinistre
comme les murs
sales
de cette gare.
Les
flammes rouges
du
charbon lèchent mon cœur
et
me brûlent
Je
suis papillon de nuit
sans
couleur, fade et triste
Mon
amour, je te prie,
écoute
moi
Tu
parles de trahison
Je
te réponds félonie
Je
ne peux plus écrire
mes
larmes brouillent
mes
yeux, je ne suis que brouillard
et
fumée insidieuse
Ecoute-moi
Igor
est celui qui t’a trahi
Il
s’est enfui, ne supportant
Plus
mon regard
Je
sais, mon amour, tu m’avais exhortée
de
ne pas parler à personne de tes activités
Et
pourtant……
J’avais
toute confiance en cet ami d’enfance
Je
lui confiais tout.
Ma
folie ivre,
mon
cœur, mon corps battant sans cesse
pour
toi, tous ces désirs qui m’élançaient
dans
tes bras
Igor,
comment je pouvais le deviner
tant
occupée à lui raconter mon admiration,
mon
émotion pour cet homme fier que tu es
qui
ne se dérobe jamais à la difficulté
pour
être liberté,
Igor,
comment pouvais-je le savoir,
morfondait
son âme pour moi,
n’était
que dévotion, vénération
Il
se rêvait Aphrodite
Que
je sois maudite
Il
t’a dénoncé
C’est
moi, mon amour
qui
lui ai parlé de tes activités
de
rebelles enthousiasmés
Ils
t’ont pris
Igor
pensait que libérée de
toi,
je
lui ouvrirai mes bras
Il
n’a pas imaginé un instant
que
je serais
veuve
blanche qui t’attend patiemment
Me
voyant souffrir, il s’est arraché à avouer
Je
te perds toi et lui, mon meilleur ami
mon
chéri,
que
mes larmes
se
transforment en fleuve,
coulent
à tes pieds,
que
tu t’y jettes pour me
rejoindre
Je
reste les yeux baissés
le
regard à terre
Viens,
je te prie,
Relève
mon visage
que
je puisse voir ton pardon
dans
tes yeux aimants
Fais
moi taire de tes baisers
Serre
moi et dis moi
que
tu m’aimes encore
Viens…… ALLUMETTE
J’aimerais être une allumette. Dans ma boîte, sage, j’attendrais. Je rêverais à ce jour où j’embrasserais, j’embraserais. Je me préparerais dans l’attente de ce désir. Je souhaiterais, sans souffrir, de m’enflammer. Je serais la fleur de soufre, promise sublimée et éphémère. Je me préparerais à un mariage divin. Je serais l’élue, la promise voluptueuse de Russie, qui tremble, qui frémit, qui se réjouit des noces avec son Tsar. Je me consumerais de plaisir dans une enflammée phosphorescente. J’offrirais toute la lumière de mon âme. Je crépiterais dans un amour rouge feu et brûlant issu d’une liaison fatale. Cette alliance, cet effleurement magique provoqueraient une chaleur intense dans la nuit. Calcinée d’avoir tant aimée, je mourais, épuisée , éteinte par un souffle céleste. J’aimerais être une allumette.
ETRE
Je suis lie de littérature Je suis mots. Je suis ombre de ce que je lis. Je suis pensées au cœur de mon corps. Je suis silence, entre – ligne. Je suis exclamation, interrogation, point. En point, c’est tout. point final : pas encore. Je suis particule humaine. Je suis alphabet, brassée, mélangée pour donner, former, réaliser, être. Je suis adjectifs, adverbes. Mystérieusement, décidément. Je suis définitions, surannées, compliquées, vraies. Je suis synonyme, antonyme. Le oui, le non. Je suis essence du Verbe. Je suis, maintenant. Je suis vie. Je suis tout. Je suis rien. Je suis moi, pour moi, pour toi. ©Copyright N.RUB |
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