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les
nombres, l'analogie entre les nombres et les idées, l'harmonie.
Une des
particularités de Platon, c’est de se référer aux mathématiques et à la
science. Approchons ainsi le problème lié à l’incommensurabilité.
Platon et
son école ont développé la responsabilité des choses que l’on peut
apprendre ou étudier. Platon a valorisé l’étude des nombres et des
grandeurs. Il leur donne deux horizons, soit : un savoir les concernant et
les objets eux-mêmes de ce savoir. Il y a une problématique du savoir
mathématique en tant que tel avec une dimension démonstrative et une notion
de preuves, c’est une possibilité de donner certaines preuves à des
propositions par entre autres des essais d’analyse, une précision du savoir
mathématique, d’autres aspects mathématiques et des modalités de leur
formation, support intuitif et capacité de l’esprit et encore la capacité de
l’esprit, le savoir sensible et intelligible.
Dans la
République, le statut ontologique des nombres et des grandeurs joue un rôle.
Il y a un rapport des choses sensibles
(
temps-espace) avec les idées. Les intersections sont ouvertes.
Les
exigences des résultats mathématiques influent des thèses philosophiques
précises.
Il y a
une dimension d’évolution. Platon est un expérimentateur d’idées. Il fait
une synthèse puissante des philosophes qui l’ont précédé.
Dans son
Phédon, nous avons la théorie de la causalité, les idées sont les cause. Les
idées ont ainsi une affinité avec les nombres ( précision et détermination
).
Dans le
Phédon nous avons une théorie générale de l’explication.
Extrait
du Phédon, intitulé: les réalités absolues, objets de la pensée pure :
"et maintenant, Simmias, que dirons-nous de ce que voici ? Affirmons - nous
qu'il existe quelque chose qui est juste ? Ou bien le nions-nous ? - Par
Zeus ! bien sûr, nous l'affirmons!- Et qu'il existe quelque chose qui n'est
que beau, quelque chose qui n'est que bon ? - Comment le nier ? - Mais as-tu
jamais vu déjà aucune réalité de cette sorte ? En aucune façon ! dit-il Eh
bien ! est-ce par le mode de sensation, autres que ceux dont le corps est
l'instrument, que tu les as atteintes? Or, c'est de toutes que je veux
parler, de la grandeur, de la bonne santé, de la force, de la réalité de
tout ce qui existe encore, sans exception; c'est-à-dire ce qu'est justement
chacune.
Ou encore
dans Menon et sur le bien :
"Récapitulons maintenant la structure du Ménon:
Image: Trois hypothèses dont la réfutation amène la Première Aporie.
Définition:
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Critère: La Vertu est un bien |
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Alternative: |
Le
Bien est-il science ou peut-il être séparé de la science. |
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Détermination et Notion: la vertu est doute |
Le
bien est science |
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Essence et Aporie finale
Epreuve par les conséquences: |
Ne
peut être considéré comme science qu'une discipline qui s'enseigne et
qui s'apprend effectivement. Or la vertu n'a ni maîtres ni élèves. |
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Aporie seconde |
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Epreuve par hypothèse supérieure: |
Le
Bien (l'Utile) peut également être opinion vraie.
La Vertu qui est un bien, n'étant pas une science, doit être une
opinion vraie. |
Ainsi :
si quelque chose est beau, cela s’explique par la participation au beau.
Platon applique ce style de réflexion aux nombres. Ainsi, pour 2, la cause
du 2 est 2 ( la division, l’addition sont à écarter ).
Il y a
une opposition entre les idées qui sont causes mais aussi les nombres qui
sont causes des circonstances dans lesquelles les nombres ou idées sont
« exemplifiés ». Nous avons un niveau de non- spatio-temporel dans tout ce
qu’il y a dans une idée ou un nombre et un niveau de spatio-temporel dans
tout ce qu’il y a dans une idée ou un nombre.
C’est
l’opposition entre le vague, l’imprécis et l’exactitude. L’opposition entre
précis et circonscrit. ( la limite comme to peras, l’absence de
limite comme to apeiron). Cela recoupe l’opposition des idées et des
nombres et des circonstances spatio-temporelles dans lesquelles nos vivons
et périssons. L’opposition entre to peras et to apeiron est
localisé dans le domaine du temps et de l’espace.
La
problématique de l’incommensurabilité des grandeurs est un problème purement
mathématique – géométrique. Nous avons des preuves d’incommensurabilités (
la diagonale du carré ). C’est par exemple le problème du rapport du côté
d’un carré et de sa diagonale. Ainsi si le côté est égal à 1, sa diagonale
portée au carré fait 2. Si nécessaire revoir le Théorème de
Pythagore.
Tenter
l’approximation d’un rapport ( logos ) et non d’une grandeur. Pour les Grecs
un rapport n’est pas une grandeur. De ce rapport, nous cherchons à faire
des approximations. Nous y trouvons du plus et du moins. Le mot clé pour
cette question est : l’anthupharesis. Cela permet la comparaison, de
voir combien de fois la plus petite grandeur est dans le plus grand. Nous
allons avoir un reste et nous nous demandons combien de fois nous pouvons le
mettre dans le plus grand. Ainsi, nous avons une séquence d’entiers positifs
définis dont la longueur peut varier. Cela permet d’ordonner le rapport
selon le plus ou le moins, car nous voulons arriver de plus en plus près du
rapport b et a qui est problématique puisqu’il y a des incommensurabilités
Le
rapport du plus petit au plus grand est conservé dans le carré. Comment ces
deux rapports se comportent de l’un à l’autre ? Il importe d’obtenir par
analyse cette différence.
Le
rapport b/a au carré est un rapport de 2 à 1. Combien de fois le plus petit
dans le plus grand ? Le rapport b/a est la valeur de référence.
1)Le
rapport 3/2 devient 9/4 (excès)
2)Le
rapport 5/4 devient 25/16 (défaut)........
Dans la
seconde tentative nous conservons la dimension définie obtenue et nous
« approximons » à l’aide du rapport 3/2 qui devient 9/4 ainsi 4 va deux fois
en 9, donc il y a un reste, c’est un cas d’excès.
Dans la
seconde tentative, il y a défaut car nous mettons 1x16 dans 25, donc le
rapport est plus petit. Il est égal au rapport 10/8.
Dans le
rapport 11/8 nous obtenons 121/64, défaut.
Cela ne
nous donne pas quelque chose comme une alternance régulière dans l’excès et
dans le défaut. Pour chaque pas d’approximation, nous nous approchons du
rapport qui nous intéresse.. Cette démarche n’a pas de terme. A chaque pas
nous définissons une tentative qui intervient dans le plus ou le moins, ce
pas est de plus en plus fin. Cette démarche peut indéfiniment se continuer.
Ce procédé a influencé Platon.
Alexandre
a écrit ceci :
Lors de ses investigations sur le principe des êtres, puisque
le nombre lui semblait être par nature premier par rapport aux autres êtres
,et en effet les limites de la ligne sont les points, or les points sont des
unités qui occupent une position, et sans ligne n’existent ni surface ni
solide, mais le nombre peut également exister indépendamment d’eux ;
puisque donc le nombre lui semblait être par nature premier par rapport aux
êtres, Platon considérait que celui- ci est principe et que les principes du
premier nombre sont aussi les principes de chaque nombre.. Or le premier est
une dyade, dont il disait qu’elle avait à la fois l’Un et le Grand et le
Petit pour principes. En effet, en tant qu’elle est dyade, elle contient en
elle à la fois le Beaucoup et le Peu ; dans la mesure où le double est en
elle, le Beaucoup ( le beaucoup car le double est en quelque manière et
excès et grandeur ), mais dans la mesure où la moitié est en elle, le Peu.
C’est pourquoi, excès et
défaut, grand et petit sont en elle de la même manière. Or c’est en tant que
chacune des parties de la dyade es tune monade et en tant que la dyade est
une forme déterminée, le dyatique, que la dyade participe à la monade. C’est
pourquoi il a appelé principes de la dyade l’Un et le Grand et le Petit. Et
il a dit que la dyade était indéfinie parce que, participant au grand et au
petit ou en vérité au plus grand et au plus petit, elle contient le plus et
le moins. : Car les choses progressant toujours selon la tension ou le
relâchement, elles ne s’arrêtent pas, mais s’avancent vers l’indétermination
de l’infinitude. Et donc puisque la dyade est le premier des nombres et que
les principes de celle-ci sont l’Un et le Grand et le Petit, ces
principes-ci sont nécessairement aussi principes de chaque nombre. Or les
nombres sont les éléments de tous les êtres, c’est pourquoi l’Un, le Grand
et le Petit ou en vérité la dyade indéfinie sont aussi les principes de tous
les êtres. Et en effet chaque nombre, en tant qu’il est nombre et qu’il est
un et qu’il est défini, participe à l’Un, mais en tant qu’il est divisé et
multiple participe de la dyade infinie. Or Platon disait aussi que les
idées sont des nombres. A bon droit il considérait les principes du nombre
également comme les principes des idées. Et il disait que la dyade relève de
l’Infini parce que le Grand et le Petit ou en vérité le plus grand et la
plus petit ne sont pas définis, mais contiennent le plus ou le moins qui
progressent à l’infini. Ainsi donc, après avoir dit en quelles choses les
pythagoriciens d’une part, Platon d’autre part posaient t l’Infini, Aristote
rapporte aussitôt ce que les pythagoriciens nommaient infini et pourquoi.
Définition de la dyade :
Unité
élémentaire désignant la relation entre deux entités, par opposition à «
monade »; de même, « triade » désigne une unité constituée de trois
éléments; « tétrade », une unité constituée de quatre éléments, etc.
Le grand
et le petit sont appelés: dyade indéfinie. Dualisme du principe de
l’un et de l’Autre. La diagonale est une sorte de source des grandeurs dont
on se servait dans l’approximation, c’est une sorte de puissance et tendance
pour approcher d’une valeur qui « échappe ».
Platon en
fait une reprise ontologique singulière.
Ainsi
interpellons- nous encore sur le Beau et l'harmonie, sur le Bien et le
rapport de l’Un et le Bien quelque chose converge.
Phédon,
extrait de la compensation réciproque des contraires : vie et mort:
Le beau, par exemple,
étant, je pense, le contraire du laid, le juste le contraire de l’injuste et
mille autres cas évidemment où il en est de même. Voilà donc, sur quoi devra
porter notre examen : est-il forcé que, dans tous les cas où il existe un
contraire, ce contraire ne vienne de nulle part ailleurs à l’existence,
sinon à partir de ce qui en est le contraire ? Ainsi, quand une chose
devient plus grande, c’est forcément, je pense, à partir de plus petite
qu’elle était auparavant qu’elle devient plus grande, c’est forcément, je
pense, à partir de plus en plus petite qu’elle était auparavant qu’elle
devient ensuite plus grande ?
Il est
vrai qu’ici nous pourrions aussi nous interpeller sur l’approche des
contraires que nous retrouvons dans l’intitulé : preuve de l’immortalité,
fondée sur la théorie des contraires.
Il est
néanmoins intéressant de s’intéresser à la question suivante : pourquoi les
idées seraient des nombres ?
Voyons
encore l’extrait suivant tiré de, les objets des sens et les objets de
la pensée :
L’Egal
en soi,, le Beau en soi, la réalité en soi de chaque chose, son être, se
peut-il que cela soit susceptible de changement, et même du moindre
changement ? Ce qu’est chacune de ces choses, l’unicité en soi et par soi de
son être, cela garde-t-il toujours identiquement les mêmes rapports et
admet-il jamais, nulle part, d’aucune façon, aucune altération ?
Ou
encore, extrait de : expérience intelligible et toujours dans
Phédon :
Avant de naître, et aussitôt nés, nous connaissions, non pas seulement
l’Egal avec le Plus –grand et le Plus- petit, mais encore, sans réserve tout
ce qui est du même ordre. Car ce n’est pas plus sur l’Egal que porte notre
raisonnement, plutôt que sur le Beau qui n’est que cela, sur le Bon qui
n’est que cela, sur le Juste, sur le Saint, et, je le répète, sut tout ce
que, sans exception, nous marquons de cette empreinte : « réalité qui n’est
que soi » ; aussi bien dans nos interrogations quand nous interrogeons, que
dans nos réponses quand nous répondons.
Pourrions
– nous voir dans cette réalité qui n’est que soi une analogie avec les
nombres ?
Encore un
extrait du Phédon, intitulé : réflexions générales sur le problème de la
génération et de la corruption :
Si
10 est plus que 8, c’était selon moi parce que 2 se joint à ce dernier
nombre, ou, si la longueur de deux coudées est plus grande que la longueur
d’une coudée, que c’est parce qu’elle la surpasse de sa moitié.- Mais à
présent dit Cébès, qu’en est-il à ce sujet selon toi ? – Il en est, par
Zeus ! dit-il, que je pense être fort loin de me croire, à propos d’une
quelconque de ces choses, instruit de sa cause ; moi qui ne me permets même
pas à moi-même, lorsque à une unité on ajoute une unité, de dire si c’est
l’unité à laquelle cette dernière a été ajoutée qui est devenue 2 ou, si
c’est l’unité ajoutée et celle qui a reçu cette adjonction de l’une à
l’autre qui, du fait de cette adjonction de l’une à l’autre sont devenues
2 ! C’est pour moi un sujet d’étonnement que, lorsqu’elles étaient chacune,
à part l’une de l’autre, chacune des deux fût visiblement unité et qu’alors
il n’y eût pas de 2 ; et que, une fois qu’elles se sont rapprochées, il n’a
fallu, paraît-il, pour faire qu’elles devinssent 2 , d’autre cause que leur
réunion par voie de mutuelle juxtaposition !
1 est
une pluralité de l’unité, soit le genre des nombres comme pluralité de
l’unité.
2 ainsi
ne peut se concevoir sans qu’il n’y ait pas la dualité.
Platon ne
trouve pas de finalité dans les mathématiques.
Nous
pouvons nous poser aussi la question de l’harmonie dans : examen de la
conception de Simmias :
Mais
cela s’applique-t-il au cas de l’âme ? En telle sorte que, si peu que ce
soit, une âme puisse être âme avec plus s’étendue et plus complètement
qu’une autre ? ou bien peut-être, avec moins d’étendue et moins
complètement, cela même, je veux dire une âme ? – Non, dit-il, pas le moins
du monde !- Alors par Zeus, repartit Socrate, poursuivons donc !
Ne dit-on pas d’une âme, tantôt qu’elle est raisonnable, vertueuse, bref
qu’elle est bonne, et tantôt qu’elle est déraisonnable, perverse, bref
qu’elle est mauvaise ? Et c’est avec vérité qu’on dit cela ?
- Avec vérité
assurément ! - Or, comment un partisan de l’âme-harmonie définira-t-il donc
qu’elle existence possèdent, dans les âmes, la vertu comme le vice ? Dirait
-il que c’est là une autre harmonie encore, et une autre désarharmonie ? que
l’une a été harmonisée, la bonne, c’est-à-dire qu’en elle-même, et étant
harmonie, elle possède une seconde harmonie ; tandis que celle à qui fait
défaut l’harmonisation, à la fois est, en tant qu’âme, une harmonie et n’en
possède pas en soi une seconde ? – Pour ma part, dit Simmias, je ne suis pas
à même de répondre ; mais ce seraient évidemment des choses de ce genre que
dirait le sectateur de cette doctrine.- Un accord antérieur ne s’est –il pas
établi cependant entre nous, dit Socrate, qu’une âme n’est en rien plus âme,
pas davantage moins âme, qu’une autre âme ? et la matière de cet accord
n’était-elle pas qu’une harmonie n’est en rien plus complète, ou moins
complète, pas davantage plus étendue ou moins étendue qu’une autre
harmonie ? N’est-ce pas cela en effet ? – Hé ! absolument.- Et, en tout cas,
que, n’étant en rien plus complètement ou moins complètement harmonie, il
n’y a eu ni plus complète, ni moins complètement harmonie, il n’y a eu ni
plus complète, ni moins complète harmonisation ? Est-ce exact ? - C’est
exact. - Or, cette harmonie, résultat d’une harmonisation qui n’est ni plus
complète, ni moins complète, est – il possible qu’elle participe de
l’harmonie à un plus haut ou à un plus bas degré ? ou bien est-ce dans une
égale mesure ? – Dans une égale mesure.- Donc, l’âme, puisqu’une telle n’est
en rien plus complètement ou moins complètement que telle autre ceci
précisément, savoir une âme, n’a pas, par suite, reçu non plus
d’harmonisation plus complète ou moins complète !
Je vous
conseille de visiter le site suivant qui est un bon
répertoire de sites sur
Platon, soit :
http://phd.evansville.edu/fr/links.htm
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