Marx

La philosophie des manuscrits 44

Né en 1921

 
 

 

(un aspect, la négation de la négation) 

   

 

Liens : Sur le Karl Marx de Michel Henry

           La dictature de l’économie

           Biographie et doctrine

           Le manifeste du  parti communiste (à rechercher sur la liste des auteurs en ligne)


 

 

Généralités

 

Le lycée va fortement marqué Marx. Il suivra neuf cours différents à l’université et se réduira finalement à quatre. Prédilection pour le droit, la littérature, l’histoire de l’art.

Marx pense qu’il est prédestiné à écrire . C’est un « fêtard » et un « dépensier ». Son père l’enverra à Berlin, capitale de la Prusse, dominée par la pensée de Hegel.

Il renonce au droit et écrit poèmes, romans, théâtre. En pleine crise existentielle, il quitte Berlin et réalise qu’il ne sait pas écrire. Marx aura une jeunesse de romantique.

Marx arrive sous le règne de Louis Philippe en France, le climat y est plus libre. Paris est le centre de la pensée socialiste.

Il va converser avec Bakounine, Proudhon ( à qui il s’oppose) et noue avec Engels une grande amitié. Il va à la rencontre des réfugiés allemand et y trouve un moteur à son action.

Il écrit à Paris son manifeste 44 ( que l’on peut considérer comme le  « fœtus » de ses idées, capital, profit, aliénation du travail, consommation..)

Il y découvre aussi l’économie politique. En février 45 il doit quitter Paris et il va à Bruxelles.

Il va paraphraser Proudhon (voir,  « misère philosophique » ) avec son « prolétaires de tous les pays unissez-vous ». Marx critique le réformisme de Proudhon.

Il va lire la philosophie grecque pour comprendre Hegel. Travail et capital pour Marx sont inconciliables. Proudhon reste un idéaliste à ses yeux et il va faire du matérialisme sa pensée.

Il souligne le rôle de la classe ouvrière. Il n’y voit pas que l’aspect de la misère mais y trouve aussi un agent de l’histoire, il reproche à Proudhon de mépriser la masse. Marx se prononce pour la liberté de presse.

Bruxelles va proclamer un arrêté contre lui . Il risque la prison. Il ira à Londres pour éviter l’assignation à domicile prononcée contre lui.

En Europe, il y a un échec réalisé de la révolutions. Sa « Gazette Rhénane » est également un échec. Marx va connaître une longue traversée du désert. Pour lui, Londres, ses finances, son

Commerce, son capital sont de bons « observatoires ». Pour Marx, plus il y a de capital, plus il y a de différences sociales. Le capital engendre ces monstrueuses inégalités. Marx croit au progrès. Il connaît aussi la misère avec ses six enfants. Engels va l’aider. En 1852, il fera du journalisme « alimentaire ». Il demande un emploi auprès des chemins de fer. Il habite un deux pièces dans une rue misérable. Il souffre d’une détresse morale, trois de ses enfants étant décédés. Engels ira jusqu’à endosser la paternité d’un enfant bâtard de Marx.

Marx à une pensée allemande abstraite ( Hegel, le matérialisme) .Engels a des connaissances concrètes ( empirisme anglo-saxon). Marx désire regarder du côté du concret.

On le retrouve toujours à la Britisch Bibliothèque. Il y emmagasine une somme de connaissances. Il écrit le « Capital ».

Il tente de démontrer la scission du capital ( moyens de production et des travailleurs),

la scission des revenus ( revenus du travail et  facteur du capital).  Dès qu’il y a capitalisme, il y a scission, dès qu’il y a scission dans la production, il y a scission dans la répartition.

Marx récuse être un économiste. Pour lui , l’économie politique ne peut être coupée du social.

Marx apporte la synthèse des connaissances du système en transition de l’époque.

En 1864, fondation de la 1ière Internationale. Marx commence de militer. C’est un bon orateur, il est élu au Conseil général où il aura un rôle indéniable de par ses capacités.

Pour Marx, il n’y a pas de socialisme d’Etat.

En 1870, c’est la guerre France-Prusse. C’est le temps de la Commune et de la révolte du peuple. Marx dans un premier temps critiquera cette Commune. Il ne voulait pas de cette révolte, il pensait que les conditions n’y étaient pas toutes réalisées. Il y a une répression sanglante, des milliers de prolétaires sont morts, il y a également des milliers de personnes déportées. Marx rejoint la Commune ultérieurement démontrant ainsi qu’il est flexible.

Marx va déménagé dans un pavillon isolé. Engels lui constitue une rente annuelle.

En 1872, c’est la dissolution de l’Internationale.

Marx se détourne du militantisme actif et mène de plus en plus une existence de savant tranquille. Il moura d’un cancer des poumons.

Marx était un homme de rigueur et un grand érudit. Ses théories du pouvoir étaient dangereuses. Son époque était celle de l’humanisme progressif.

Marx s’est trouvé dans le sens de l’histoire.

 

Pour Hegel l’Etat est tout. Moses Hess est le père du communisme allemand. L’économie politique est le cauchemar de sa vie. D’autres tels Ricardo, Mill, Ricardo, Say vont regarder de près le capital, le travail, le prix et la terre. Regarder la différence entre intérêt particulier et commun. Voir les bénéfices  du capitalisme et ses effets sur la nation. L’argent y étant un médiateur, un échange et l’homme est fait pour l’échange…..Il peut sembler abject d’estimer un homme selon son argent. Pour Adam Smith chacun des membres d’une société est un commerçant, le travailleur est l’esclave des exigences sociales. Nous vivons pour gagner de quoi vivre. Pour Jämes Mill l’homme ne produit que pour avoir.

La propriété privée, c’est l’aliénation de la vie. Le travail, c’est la recherche de satisfactions et désirs de nos besoins humains.

L’argent est un avilissement pour l’être humain. La production n’est pas humaine car elle se produit dans des conditions d’aliénation.

Dans des considérations philosophiques il est à relever qu’un être non-objectif est un être irréel. La passion c’est l’énergie naturelle de l’homme tout tendu vers son objet.

La négation ( aliénation de la pensée) de la négation( suppression de l’aliénation)

nous libère.

Le sujet hégelien est absolu ( sujet céleste).

 Il s’agit d’un renversement, pour Marx, le sujet est homme, il est être générique, essentiellement social.

Dans les Manuscrits 44, il y a présupposition de la réalité objective. Pour Marx, l’histoire est un acte d’engendrement de l’histoire. La nature se transforme elle –même en nature. Il y a un processus de subjectivation et d’humanisation. L’objection est  à concevoir en tant que référence ontologique et philosophique de l’étant-étant. L’étant est proprement dit objectivité qui est objets hors soi pour leur réalisation.

Pour Marx, l’être est conscient de son propre être, donc c’est un être social.

L’homme est un être générique conscient. Il se sait être générique par la conscience. La vie engendre la vie. Pour Marx, il y a un auto engendrement de la vie comme processus générique, l’homme a une activité vitale de la conscience.

Le travail aliéné c’est la soumission de l’activité générique. L’homme est considéré comme produit de ce processus. Pour Marx, la conscience se représente la chose à elle-même pour être plutôt que n’être pas.  Il y a conscience de l’activité vitale au sein de l’élément matériel dans lequel se déploie l’activité. La conscience est la « soïté ». Le langage est une comme une petite couche d’air que l’on agite. Le langage est la conception matérialiste de la pensée. L’homme découvre le monde tel qu’il l’a déjà transformé. L’homme comme sujet en tant

 qu’ être générique conscient. L’être générique, soulignons - le encore une fois, est conscient comme sujet. L’homme est immédiatement générique, il est son propre être objectif. Marx nous parle de la négation, ou de la négation de la négation comme positif absolu.

Il se ressaisit au travers du processus historique.


Définitions

 

Par matérialisme, il faut concevoir une pensée philosophique :

 

Matérialisme,

matérialisme historique,

matérialisme dialectique

 

Toute doctrine n’admettant d’autre substance ou réalité que la matière, la pensée n’étant qu’une qualité de cette dernière, est appelée matérialisme.

Dans l’Antiquité, c’est sans doute l’épicurisme qui constitue le premier système cohérent de ce point de vue- avec l’impact scandaleux qu’implique son indifférence au religieux et au spirituel.

Dans les siècles qui suivent, l’installation du christianisme va rendre dangereuse toute affirmation évacuant de la sorte le sens du divin : ce n’est qu’à partir du XVIII  e siècle qu’écrivains et penseurs osent de nouveau affirmer un matérialisme cohérent ( Helvétius, d’Holbach, La Mettrie) – à vocation fréquemment antireligieuse. De telles théories ont été qualifiées de mécanistes, comme plus  tard la pensée de Feuerbach, par opposition au système dialectique marxiste, dans la mesure où elles ignorent la réciprocité des actions et n’admettent que des changements quantitatifs dans la matière.

Depuis le XIX e siècle, le matérialisme- condamné par A.Comte comme réduisant le supérieur à l’inférieur-  a pris corps dans différents secteurs scientifiques : en biologie, il rejette toute finalité et ramène le vital à du physicochimique ; en psychologie, il considère la conscience  comme un épiphénomène ou réduit le psychisme au physiquement observable ( psychologie du comportement ).

 

Le matérialisme dialectique

Désigne le système philosophique de Marx  et de ses successeurs.

Considérant l’univers comme un tout rigoureusement matériel et dynamique, il affirme la réciprocité des actions entre phénomènes ( tout effet devient cause et inversement), l’apparition de modifications qualitatives consécutives à l’accumulation de changements quantitatifs et l’existence, dans le réel ainsi conçu, de contradictions internes dont la résolution progressive constitue le fondement de l’histoire.

Le matérialisme historique est la conception marxiste de l’histoire, qui constitue un aspect particulier du matérialisme dialectique.

Insistant sur l’importance du facteur économique dans l’existence humaine ( parce que l’homme se définit pratiquement comme producteur de ses moyens d’existence) , le matérialisme historique affirme que l’histoire est traversée par la lutte des classes, qui elles-mêmes résultent des relations économiques entre les hommes.

Toutefois, cette infrastructure économique ne détermine pas mécaniquement l’évolution des superstructures : il faut au contraire penser leurs  actions comme réciproques, la base économique restant malgré tout déterminante « en dernière instance ».

 

L’histoire n’est pas basée sur des conflits ( politique, religieux, etc). Pour Marx, ce qui est important, c’est la vie matérielle et économique. Son processus de développement qu’il appelle les forces productives débouchant  sur des techniques de production pour produire de plus en plus de biens. Il remarque les variations de l’histoire. Il se base sur la révolution industrielle. L’évolution se fait dans un certain cadre. Les individus nouent des rapports sociaux qui débouchent sur un rapport de production ( corporatisme, barrières des douanes, échanges, salariat….).

Dans un cadre adéquat, les entraves engendrent une révolution nécessaire, ainsi de la Révolution française). Le capitalisme n’échappe pas à l’anarchie du marché, aux crises de la surproduction, au gaspillage…..

Hegel a le même concept de l’histoire mais n’est pas un matérialiste. Ces deux philosophes on une conception dialectique qui tendrait à dire que l’on ne peut pas comprendre un phénomène de l’histoire sans le réinsérer dans l’histoire globale qui est différente de l’histoire unilatérale.

L’exploitation du prolétariat est un élément négatif.

Un élément positif est le développement des forces productives, attitudes particulières sur la révolution de ce temps ( agriculture…).

Marx se méfie d’un concept qu’il peut trouver rétrograde.

Le capitalisme parle dans le flanc du socialisme.

Marx sera 24 ans durant rédacteur en chef.

Le premier numéro de la « gazette rhénane » sort en 1842.

Il aime ce travail qui le confronte au terrain et ainsi développe sa conception matérialiste de l’histoire et du socialisme.

Il découvre « les petites gens ». Il descend sa philosophie du Ciel vers la Terre.

Il prend conscience des inégalités.

La Prusse le censure et ainsi commence un combat difficile.

Il s’expatrie à Paris.

On a accusé Marx d’antisémisme. Il a signé tout de même un acte en faveur des juifs. Il y a une certaine ambiguïté de toute façon.

 

 

Autres brèves définitions :

Le communisme pourrait se définir comme étant le « dépassement positif » de la propriété privée donc de « l’auto aliénation humaine ».

Marx, Engels ont été démocrate-radical

Le « chartisme » est un mouvement du syndicat du prolétariat de Grande Bretagne.

Il y a eu la société féodale, bourgeoise et prolétarienne.

La classe en soi est la classe des masses opprimées.

La classe pour soi est la force révolutionnaire, l’auto détemination de la classe ouvrière

L’idéalisme mystifiant comporte des termes comme : devoir, droit, vérité, moralité, justice.

Le salaire est la force du travail.

La « novation » intellectuelle provient toujours d’un état antérieur.

L’Internationale est une reprise de 1789, enfant naturel de la Révolution, dictature des ouvriers.

Le soviet est le conseil d’ouvriers


 

  La phénoménologie

de Hegel 

 

Jetons un bref regard sur le système de Hegel notamment sur la phénoménologie, car là est née la philosophie de Hegel et là est son secret :

A A) La conscience de soi

I.       C     I.  conscience.- a) Certitude ou le « cela » et l’opinion. b) La perception ou la chose avec ses propriétés et l’illusion. c) Force et entendement, apparence et mon de supra-sensible.

II. coo     II. conscience de soi- La vérité de la certitude de soi. a) Autonomie et sujétion de la  conscience de soi. Domination et servitude. b) Liberté de la conscience de soi. Stoïcisme,  scepticisme, la conscience malheureuse.

III.         III:  raison.- Certitude et vérité de la raison. a) La raison observante, l’observation de la nature et de la conscience de soi. b) Réalisation de la conscience de soi raisonnable par elle-même. Plaisir et nécessité. La loi du cœur et le délire de la présomption. La vertu et le destin de monde. c) L’individualité qui se sait elle-même réelle en soi et pour soir. L’animalité spirituelle et la déception ou la chose même. La raison législatrice et la raison examinatrice des lois.

B     L’esprit

I.    L’esprit vrai : l’éthique

II.   L’esprit qui s’aliène lui-même. La culture

III. L’esprit conscient de soi, la moralité.

C     La religion.- Religion de la nature, religion esthétique, religion révélée.

D     Le savoir absolu

 

 

Pour Hegel, la conscience n’est soi que dans la production et le mouvement.

Pour Feuerbach, la philosophie est une religion transposée, pour lui, l’opp0sition de la négation de la négation entraîne un positif absolu.

Hegel supprime l’infini, il pose le concret, pour Hegel la négation de la négation est le seul acte d’affirmation de soi. L’homme aliéné à lui-même, c’est aussi le penseur aliéné à son essence, c’est-à-dire à l’essence humaine et naturelle. Ses pensées sont des esprits figés, vivant en dehors de l’homme et de la nature. Hegel les a toutes enfermées dans sa Logique et a conçu chacune d’elles d’abord comme négation, c’est-à-dire aliénation de la pensée humaine, puis comme négaton de la négation, c’est-à-dire suppression de cette aliénation, comme expression réelle de la pensée humaine.

L’aliénation est l’opposition de l’en-soi et du pour-soi.

Hegel développe une dialectique de la négativité comme principe moteur et créateur seul travail qu’il reconnaît, c’est-à-dire le travail de l’esprit.

Poser l’homme, c’est poser la conscience de soi.

Chez Hegel toute aliénation de l’homme est l’aliénation de la conscience de soi.

La phénoménologie est la maîtrise de l’objet de la conscience.

Les termes allemands se prêtent bien à ces données

Entfremdung : aliénation

Entausserung : dépossession

Dingheit : monde des objets, conscience de soi sortie d’elle-même

L’objet est élevé au rang du spirituel, l’être objectif est aliéné. L’homme est objet essentiel, c’est-à-dire qu’il est son propre être objectif.

Le sujet est l’homme abstrait.

Le monde objectif ne peut être que la conscience de cet être aliéné. La conscience de soi en s’aliénant ne peut poser que « la chose », c’est-à-dire rein de plus qu’une chose abstraite.

L’homme est immédiatement être générique naturel. Un être immatériel, un être qui n’est pas lui-même objet pour autrui serait un « monstre ».

Plusieurs arguments tirés du texte, peuvent être opposés aux interprétations des Manuscrits de 1844 qui ont été proposés jusqu’à présent.

A partir de ce constat, il sera décider de soumettre à la discussion une autre interprétation de

ces manuscrits, et spécialement du « renversement » qu’ils feraient subir à la philosophie hégelienne. Cette interprétation tend à montrer que Marx y établirait une position philosophique fondamentale qui déterminerait de fond en comble tout le développement ultérieur de sa pensée.   Cela en conquérant, philosophiquement donc, le « point de vue » qu’il dira être le sein dans le Capital. Point de vue qui , à ce qu’il en dit lui-même, ferait voir « le développement de la formation économique de la société comme un processus ressortissant à l’histoire de la nature », et cette société elle-même comme »un organisme capable de transformation et constamment compris dans le processus de sa transformation ». Mais point de vue, qui alors même qu’il pourrait être aujourd’hui dominant, pourrait tout aussi bien signifier l’entrée de la philosophie dans sa « fin » au sens, promu par Heidegger, de la « possibilité » la plus extrême » du monde de penser qui est le sien depuis son institution grecque.


 

Extraits

Manuscrits 44

« Je me crus nécessaire de me livrer à une confrontation avec la dialectique de Hegel et la philosophie ( allemande) en général.

L’abolition de l’aliénation de soi suit la même voie que l’aliénation de soi. Dès l’abord. La propriété privée est considérée sous son seul aspect objectif, le travail étant néanmoins tenu pour son essence…La condition du travailleur n’est pas abolie, elle est étendue à tous les hommes : il faut faire, de manière violente, abstraction du talent, etc ; la condition de la propriété privée demeure le rapport de la communan6té au monde des choses…Le travail en tant que catégorie où chacun a sa place, et le capital en tant qu’universalité et puissance reconnue de la communauté…Le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’humain à l’humain ; c’est là que l’on apprend  dans quelle mesure sa nature humaine lui est devenue chose naturelle. Ce rapport révèle aussi dans quelle mesure le besoin de l’homme est devenu un besoin humain, donc dans quelle mesure son existence la plus individuelle est en même temps celle d’un être social…Le premier dépassement positif de la propriété privée, le communisme vulgaire, n’est qu’une manifestation de l’ignominie de la propriété privée, qui tend à s’imposer comme la communauté positive.  Le communisme est l’expression positive de la propriété privée surmontée, et tout d’abord en tant que propriété privée universelle.

Le communisme en tant que dépassement positif de la propriété privée, donc de l’auto-aliénation humaine et par conséquent en tant qu’appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme ; c’est le retour total de l’homme à soi en tant qu’homme social, c’est-à-dire humain, retour conscient, accompli dans la richesse du développement antérieur. Ce communisme est un naturalisme achevé, et comme tel un humanisme : en tant qu’humanisme achevé il est un naturalisme…..Récapitulons, dans l’hypothèse de la propriété privée positivement abolie, l’homme produit l’homme ; en se produisant lui-même, il produit aussi bien l’autre ; l’objet, affirmation immédiate de son individualité, est en même temps sa propre existence pour autrui, l’existence d’autrui, et l’existence de celui-ci pour moi. De même le matériel du travail aussi bien que l’homme en tant que sujet sont tout autant le point de départ que le résultat du mouvement ( et ils doivent l’être d’où la nécessité historique de la propriété privée). …L’existence subjective de la société de la société pensée et sentir pour soi…la propriété privée n’est que l’expression sensible du fiat que l’homme devient à la fois objectif pour lui-même et un objet non humain étranger à soi-même ; que la manifestation de sa vie est l’aliénation de sa vie ; que sa réalisation en est la déperdition, une réalité « étrangère » ; de même l’abolition positive de la propriété privée- c’est-à-dire l’appropriation sensible, par l’homme et pour l’homme de la vie et de l’être humains, de l’homme objectif, des œuvres humaines- ne doit pas être comprise dans le seul sens de la jouissance immédiate, partiale, dans le seul sens de la possession, de l’avoir. …A la place de tous les sens physiques et intellectuels est apparue l’aliénation pure et simple des sens, le sens de l’avoir. L’être humain devait être réduit à cette pauvreté absolue, afin de donner jour à sa richesse intérieure….

L’homme riche est en  même temps l’homme qui pour vivre a besoin d’une totalité de manifestations humaines, l’homme chez qui sa propre réalisation est une nécessité intérieure, un besoin. Non seulement la richesse, mais aussi la pauvreté reçoit- le socialisme étant supposé- une signification humaine, donc sociale….En se vidant de son humanité, l’homme a toujours besoin de plus d’argent pour s’emparer d l’autre, qui lui est hostile ; et la puissance de son argent diminue en raison  inverse de l’accroissement du volume de la production, autrement dit son indigence augmente à mesure que croît le pouvoir de l’argent….

Nous caractérisons le communisme -en tant que négation de la négation – comme l’appropriation de l’essence humaine par l’intermédiaire de la négation de la propriété privée, donc comme l’affirmation vraie qui part non pas encore d’elle-même, mais de la propriété privée…Etant donné que l’aliénation réelle de la vie humaine demeure d’autant plus grande que l’on est plus conscient, sa suppression ne peut-être réalisée que par le communisme mis en pratique….Le sens de la propriété- libérée de son aliénation- est l’existence des objets essentiels pour l’homme, tant comme objets de jouissance qu comme objets d’activité. …

« Supposons que nous produisions comme des êtres humains, chacun de nous s'affirmerait doublement dans sa production, soi-même et l'autre.
1) Dans ma production, je réaliserais mon individualité, ma particularité, j'éprouverais, en travaillant, la jouissance d'une manifestation individuelle de ma vie, et, dans la contemplation de l'objet, j'aurais la joie individuelle de reconnaître ma personnalité comme une puissance réelle, concrètement saisissable et échappant à tout doute.
2) Dans ta jouissance ou ton emploi de mon produit, j'aurais la joie spirituelle immédiate de satisfaire par mon travail un besoin humain, de réaliser la nature humaine et de fournir au besoin d'un autre l'objet de sa nécessité.
3) J'aurais conscience de servir de médiateur entre toi et le genre humain, d'être reconnu et ressenti par toi comme un complément à ton propre être et comme une partie nécessaire de toi-même, d'être accepté dans ton esprit comme dans ton amour.
4) J'aurais dans mes manifestations individuelles, la joie de créer la manifestation de ta vie, c'est-à-dire de réaliser et d'affirmer dans mon activité individuelle ma vraie nature, ma sociabilité humaine (Gemeinwesen). Nos productions seraient autant de miroirs où nos êtres rayonneraient l'un vers l'autre. Dans cette réciprocité, ce qui serait fait de mon côté le serait aussi du tien.» (Ibid.)

 

 

 

 

Philosophie

 

Haïkus

 

Liens

 

Divers