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Sur le Karl Marx de
Michel Henry
La
dictature de l’économie
Biographie
et doctrine
Le manifeste du parti
communiste (à rechercher sur la liste des auteurs en ligne)
Généralités
Le lycée va fortement marqué Marx. Il suivra
neuf cours différents à l’université et se réduira finalement à quatre.
Prédilection pour le droit, la littérature, l’histoire de l’art.
Marx pense qu’il est prédestiné à écrire .
C’est un « fêtard » et un « dépensier ». Son père l’enverra à Berlin,
capitale de la Prusse, dominée par la pensée de Hegel.
Il renonce au droit et écrit poèmes, romans,
théâtre. En pleine crise existentielle, il quitte Berlin et réalise qu’il ne
sait pas écrire. Marx aura une jeunesse de romantique.
Marx arrive sous le règne de Louis Philippe en
France, le climat y est plus libre. Paris est le centre de la pensée
socialiste.
Il va converser avec Bakounine, Proudhon ( à
qui il s’oppose) et noue avec Engels une grande amitié. Il va à la rencontre
des réfugiés allemand et y trouve un moteur à son action.
Il écrit à Paris son manifeste 44 ( que l’on
peut considérer comme le « fœtus » de ses idées, capital, profit,
aliénation du travail, consommation..)
Il y découvre aussi l’économie politique. En
février 45 il doit quitter Paris et il va à Bruxelles.
Il va paraphraser Proudhon (voir, « misère
philosophique » ) avec son « prolétaires de tous les pays unissez-vous ».
Marx critique le réformisme de Proudhon.
Il va lire la philosophie grecque pour
comprendre Hegel. Travail et capital pour Marx sont inconciliables. Proudhon
reste un idéaliste à ses yeux et il va faire du matérialisme sa pensée.
Il souligne le rôle de la classe ouvrière. Il
n’y voit pas que l’aspect de la misère mais y trouve aussi un agent de
l’histoire, il reproche à Proudhon de mépriser la masse. Marx se prononce
pour la liberté de presse.
Bruxelles va proclamer un arrêté contre lui .
Il risque la prison. Il ira à Londres pour éviter l’assignation à domicile
prononcée contre lui.
En Europe, il y a un échec réalisé de la
révolutions. Sa « Gazette Rhénane » est également un échec. Marx va
connaître une longue traversée du désert. Pour lui, Londres, ses finances,
son
Commerce, son capital sont de bons
« observatoires ». Pour Marx, plus il y a de capital, plus il y a de
différences sociales. Le capital engendre ces monstrueuses inégalités. Marx
croit au progrès. Il connaît aussi la misère avec ses six enfants. Engels va
l’aider. En 1852, il fera du journalisme « alimentaire ». Il demande un
emploi auprès des chemins de fer. Il habite un deux pièces dans une rue
misérable. Il souffre d’une détresse morale, trois de ses enfants étant
décédés. Engels ira jusqu’à endosser la paternité d’un enfant bâtard de
Marx.
Marx à une pensée allemande abstraite ( Hegel,
le matérialisme) .Engels a des connaissances concrètes ( empirisme
anglo-saxon). Marx désire regarder du côté du concret.
On le retrouve toujours à la Britisch
Bibliothèque. Il y emmagasine une somme de connaissances. Il écrit le
« Capital ».
Il tente de démontrer la scission du capital (
moyens de production et des travailleurs),
la scission des revenus ( revenus du travail
et facteur du capital). Dès qu’il y a capitalisme, il y a scission, dès
qu’il y a scission dans la production, il y a scission dans la répartition.
Marx récuse être un économiste. Pour lui ,
l’économie politique ne peut être coupée du social.
Marx apporte la synthèse des connaissances du
système en transition de l’époque.
En 1864, fondation de la 1ière
Internationale. Marx commence de militer. C’est un bon orateur, il est élu
au Conseil général où il aura un rôle indéniable de par ses capacités.
Pour Marx, il n’y a pas de socialisme d’Etat.
En 1870, c’est la guerre France-Prusse. C’est
le temps de la Commune et de la révolte du peuple. Marx dans un premier
temps critiquera cette Commune. Il ne voulait pas de cette révolte, il
pensait que les conditions n’y étaient pas toutes réalisées. Il y a une
répression sanglante, des milliers de prolétaires sont morts, il y a
également des milliers de personnes déportées. Marx rejoint la Commune
ultérieurement démontrant ainsi qu’il est flexible.
Marx va déménagé dans un pavillon isolé.
Engels lui constitue une rente annuelle.
En 1872, c’est la dissolution de
l’Internationale.
Marx se détourne du militantisme actif et mène
de plus en plus une existence de savant tranquille. Il moura d’un cancer des
poumons.
Marx était un homme de rigueur et un grand
érudit. Ses théories du pouvoir étaient dangereuses. Son époque était celle
de l’humanisme progressif.
Marx s’est trouvé dans le sens de l’histoire.
Pour Hegel l’Etat est tout. Moses Hess est le
père du communisme allemand. L’économie politique est le cauchemar de sa
vie. D’autres tels Ricardo, Mill, Ricardo, Say vont regarder de près le
capital, le travail, le prix et la terre. Regarder la différence entre
intérêt particulier et commun. Voir les bénéfices du capitalisme et ses
effets sur la nation. L’argent y étant un médiateur, un échange et l’homme
est fait pour l’échange…..Il peut sembler abject d’estimer un homme selon
son argent. Pour Adam Smith chacun des membres d’une société est un
commerçant, le travailleur est l’esclave des exigences sociales. Nous vivons
pour gagner de quoi vivre. Pour Jämes Mill l’homme ne produit que pour
avoir.
La propriété privée, c’est l’aliénation de la
vie. Le travail, c’est la recherche de satisfactions et désirs de nos
besoins humains.
L’argent est un avilissement pour l’être
humain. La production n’est pas humaine car elle se produit dans des
conditions d’aliénation.
Dans des considérations philosophiques il est
à relever qu’un être non-objectif est un être irréel. La passion c’est
l’énergie naturelle de l’homme tout tendu vers son objet.
La négation ( aliénation de la pensée)
de la négation( suppression de l’aliénation)
nous libère.
Le sujet hégelien est absolu ( sujet céleste).
Il s’agit d’un renversement, pour Marx, le
sujet est homme, il est être générique, essentiellement social.
Dans les Manuscrits 44, il y a présupposition
de la réalité objective. Pour Marx, l’histoire est un acte d’engendrement de
l’histoire. La nature se transforme elle –même en nature. Il y a un
processus de subjectivation et d’humanisation. L’objection est à
concevoir en tant que référence ontologique et philosophique de l’étant-étant.
L’étant est proprement dit objectivité qui est objets hors soi pour leur
réalisation.
Pour Marx, l’être est conscient de son propre
être, donc c’est un être social.
L’homme est un être générique conscient. Il se
sait être générique par la conscience. La vie engendre la vie. Pour Marx, il
y a un auto engendrement de la vie comme processus générique, l’homme a une
activité vitale de la conscience.
Par matérialisme, il faut concevoir une pensée
philosophique :
Matérialisme,
matérialisme historique,
matérialisme dialectique
Toute doctrine n’admettant d’autre substance
ou réalité que la matière, la pensée n’étant qu’une qualité de cette
dernière, est appelée matérialisme.
Dans l’Antiquité, c’est sans doute
l’épicurisme qui constitue le premier système cohérent de ce point de vue-
avec l’impact scandaleux qu’implique son indifférence au religieux et au
spirituel.
Dans les siècles qui suivent, l’installation
du christianisme va rendre dangereuse toute affirmation évacuant de la sorte
le sens du divin : ce n’est qu’à partir du XVIII e siècle qu’écrivains et
penseurs osent de nouveau affirmer un matérialisme cohérent ( Helvétius,
d’Holbach, La Mettrie) – à vocation fréquemment antireligieuse. De telles
théories ont été qualifiées de mécanistes, comme plus tard la pensée
de Feuerbach, par opposition au système dialectique marxiste, dans la mesure
où elles ignorent la réciprocité des actions et n’admettent que des
changements quantitatifs dans la matière.
Depuis le XIX e siècle, le matérialisme-
condamné par A.Comte comme réduisant le supérieur à l’inférieur- a pris
corps dans différents secteurs scientifiques : en biologie, il rejette toute
finalité et ramène le vital à du physicochimique ; en psychologie, il
considère la conscience comme un épiphénomène ou réduit le psychisme au
physiquement observable ( psychologie du comportement ).
Le
matérialisme dialectique
Désigne le système philosophique de Marx et
de ses successeurs.
Considérant l’univers comme un tout
rigoureusement matériel et dynamique, il affirme la réciprocité des actions
entre phénomènes ( tout effet devient cause et inversement), l’apparition de
modifications qualitatives consécutives à l’accumulation de changements
quantitatifs et l’existence, dans le réel ainsi conçu, de contradictions
internes dont la résolution progressive constitue le fondement de
l’histoire.
Le matérialisme historique est la conception
marxiste de l’histoire, qui constitue un aspect particulier du matérialisme
dialectique.
Insistant sur l’importance du facteur
économique dans l’existence humaine ( parce que l’homme se définit
pratiquement comme producteur de ses moyens d’existence) , le matérialisme
historique affirme que l’histoire est traversée par la lutte des classes,
qui elles-mêmes résultent des relations économiques entre les hommes.
Toutefois, cette infrastructure économique ne
détermine pas mécaniquement l’évolution des superstructures : il faut au
contraire penser leurs actions comme réciproques, la base économique
restant malgré tout déterminante « en dernière instance ».
L’histoire n’est pas basée sur des conflits (
politique, religieux, etc). Pour Marx, ce qui est important, c’est la vie
matérielle et économique. Son processus de développement qu’il appelle les
forces productives débouchant sur des techniques de production pour
produire de plus en plus de biens. Il remarque les variations de l’histoire.
Il se base sur la révolution industrielle. L’évolution se fait dans un
certain cadre. Les individus nouent des rapports sociaux qui débouchent sur
un rapport de production ( corporatisme, barrières des douanes, échanges,
salariat….).
Dans un cadre adéquat, les entraves engendrent
une révolution nécessaire, ainsi de la Révolution française). Le capitalisme
n’échappe pas à l’anarchie du marché, aux crises de la surproduction, au
gaspillage…..
Hegel a le même concept de l’histoire mais
n’est pas un matérialiste. Ces deux philosophes on une conception
dialectique qui tendrait à dire que l’on ne peut pas comprendre un phénomène
de l’histoire sans le réinsérer dans l’histoire globale qui est différente
de l’histoire unilatérale.
L’exploitation du prolétariat est un élément
négatif.
Un élément positif est le développement des
forces productives, attitudes particulières sur la révolution de ce temps (
agriculture…).
Marx se méfie d’un concept qu’il peut trouver
rétrograde.
Le capitalisme parle dans le flanc du
socialisme.
Marx sera 24 ans durant rédacteur en chef.
Le premier numéro de la « gazette rhénane »
sort en 1842.
Il aime ce travail qui le confronte au terrain
et ainsi développe sa conception matérialiste de l’histoire et du
socialisme.
Il découvre « les petites gens ». Il descend
sa philosophie du Ciel vers la Terre.
Il prend conscience des inégalités.
La Prusse le censure et ainsi commence un
combat difficile.
Il s’expatrie à Paris.
On a accusé Marx d’antisémisme. Il a signé
tout de même un acte en faveur des juifs. Il y a une certaine ambiguïté de
toute façon.
Autres brèves définitions :
Le communisme pourrait se définir comme
étant le « dépassement positif » de la propriété privée donc de « l’auto
aliénation humaine ».
Marx, Engels ont été démocrate-radical
Le « chartisme » est un mouvement du
syndicat du prolétariat de Grande Bretagne.
Il y a eu la société féodale, bourgeoise et
prolétarienne.
La classe en soi est la classe des
masses opprimées.
La classe pour soi est la force
révolutionnaire, l’auto détemination de la classe ouvrière
L’idéalisme mystifiant comporte des
termes comme : devoir, droit, vérité, moralité, justice.
Le salaire est la force du travail.
La « novation » intellectuelle provient
toujours d’un état antérieur.
Le soviet est le conseil d’ouvriers
La phénoménologie
de Hegel
Jetons un bref regard sur le système de Hegel
notamment sur la phénoménologie, car là est née la philosophie de Hegel et
là est son secret :
A A) La conscience de soi
I.
C I. conscience.- a) Certitude ou
le « cela » et l’opinion. b) La perception ou la chose avec ses propriétés
et l’illusion. c) Force et entendement, apparence et mon de supra-sensible.
II.
coo II. conscience de soi- La
vérité de la certitude de soi. a) Autonomie et sujétion de la conscience de
soi. Domination et servitude. b) Liberté de la conscience de soi.
Stoïcisme, scepticisme, la conscience malheureuse.
III.
III: raison.- Certitude et vérité de la raison. a) La raison observante,
l’observation de la nature et de la conscience de soi. b) Réalisation de la
conscience de soi raisonnable par elle-même. Plaisir et nécessité. La loi du
cœur et le délire de la présomption. La vertu et le destin de monde. c)
L’individualité qui se sait elle-même réelle en soi et pour soir.
L’animalité spirituelle et la déception ou la chose même. La raison
législatrice et la raison examinatrice des lois.
B
L’esprit
I. L’esprit vrai : l’éthique
II. L’esprit qui s’aliène lui-même. La
culture
III. L’esprit conscient de soi, la moralité.
C
La religion.- Religion de la nature,
religion esthétique, religion révélée.
D
Le savoir absolu
Pour Hegel, la conscience n’est
soi que dans la production et le mouvement.
Pour Feuerbach, la philosophie est une
religion transposée, pour lui, l’opp0sition de la négation de la négation
entraîne un positif absolu.
Hegel supprime l’infini, il pose le concret,
pour Hegel la négation de la négation est le seul acte d’affirmation de soi.
L’homme aliéné à lui-même, c’est aussi le penseur aliéné à son essence,
c’est-à-dire à l’essence humaine et naturelle. Ses pensées sont des esprits
figés, vivant en dehors de l’homme et de la nature. Hegel les a toutes
enfermées dans sa Logique et a conçu chacune d’elles d’abord comme
négation, c’est-à-dire aliénation de la pensée humaine, puis comme négaton
de la négation, c’est-à-dire suppression de cette aliénation, comme
expression réelle de la pensée humaine.
L’aliénation est l’opposition de l’en-soi et
du pour-soi.
Hegel développe une dialectique de la
négativité comme principe moteur et créateur seul travail qu’il reconnaît,
c’est-à-dire le travail de l’esprit.
Poser l’homme, c’est poser la conscience de
soi.
Chez Hegel toute aliénation de l’homme est
l’aliénation de la conscience de soi.
La phénoménologie est la maîtrise de l’objet
de la conscience.
Les termes allemands se prêtent bien à ces
données
Entfremdung :
aliénation
Entausserung :
dépossession
Dingheit : monde des objets, conscience
de soi sortie d’elle-même
L’objet est élevé au rang du spirituel, l’être
objectif est aliéné. L’homme est objet essentiel, c’est-à-dire qu’il est son
propre être objectif.
Le sujet est l’homme abstrait.
Le monde objectif ne peut être que la
conscience de cet être aliéné. La conscience de soi en s’aliénant ne peut
poser que « la chose », c’est-à-dire rein de plus qu’une chose abstraite.
L’homme est immédiatement être générique
naturel. Un être immatériel, un être qui n’est pas lui-même objet pour
autrui serait un « monstre ».
Plusieurs arguments tirés du texte, peuvent
être opposés aux interprétations des Manuscrits de 1844 qui ont été proposés
jusqu’à présent.
A partir de ce constat, il sera décider de
soumettre à la discussion une autre interprétation de
ces manuscrits, et spécialement du
« renversement » qu’ils feraient subir à la philosophie hégelienne. Cette
interprétation tend à montrer que Marx y établirait une position
philosophique fondamentale qui déterminerait de fond en comble tout le
développement ultérieur de sa pensée. Cela en conquérant,
philosophiquement donc, le « point de vue » qu’il dira être le sein dans le
Capital. Point de vue qui , à ce qu’il en dit lui-même, ferait voir « le
développement de la formation économique de la société comme un processus
ressortissant à l’histoire de la nature », et cette société elle-même
comme »un organisme capable de transformation et constamment compris dans le
processus de sa transformation ». Mais point de vue, qui alors même qu’il
pourrait être aujourd’hui dominant, pourrait tout aussi bien signifier
l’entrée de la philosophie dans sa « fin » au sens, promu par Heidegger, de
la « possibilité » la plus extrême » du monde de penser qui est le sien
depuis son institution grecque.
Extraits
Manuscrits 44
« Je me crus nécessaire de me livrer à une
confrontation avec la dialectique de Hegel et la philosophie ( allemande) en
général.
L’abolition de l’aliénation de soi suit la
même voie que l’aliénation de soi. Dès l’abord. La propriété privée
est considérée sous son seul aspect objectif, le travail étant néanmoins
tenu pour son essence…La condition du travailleur n’est pas abolie, elle est
étendue à tous les hommes : il faut faire, de manière violente, abstraction
du talent, etc ; la condition de la propriété privée demeure le rapport de
la communan6té au monde des choses…Le travail en tant que catégorie où
chacun a sa place, et le capital en tant qu’universalité et puissance
reconnue de la communauté…Le rapport de l’homme à la femme est le rapport le
plus naturel de l’humain à l’humain ; c’est là que l’on apprend dans quelle
mesure sa nature humaine lui est devenue chose naturelle. Ce rapport révèle
aussi dans quelle mesure le besoin de l’homme est devenu un besoin humain,
donc dans quelle mesure son existence la plus individuelle est en même temps
celle d’un être social…Le premier dépassement positif de la propriété
privée, le communisme vulgaire, n’est qu’une manifestation de l’ignominie de
la propriété privée, qui tend à s’imposer comme la communauté positive. Le
communisme est l’expression positive de la propriété privée surmontée, et
tout d’abord en tant que propriété privée universelle.
Le communisme en tant que dépassement positif
de la propriété privée, donc de l’auto-aliénation humaine et par conséquent
en tant qu’appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour
l’homme ; c’est le retour total de l’homme à soi en tant qu’homme social,
c’est-à-dire humain, retour conscient, accompli dans la richesse du
développement antérieur. Ce communisme est un naturalisme achevé, et comme
tel un humanisme : en tant qu’humanisme achevé il est un
naturalisme…..Récapitulons, dans l’hypothèse de la propriété privée
positivement abolie, l’homme produit l’homme ; en se produisant lui-même, il
produit aussi bien l’autre ; l’objet, affirmation immédiate de son
individualité, est en même temps sa propre existence pour autrui,
l’existence d’autrui, et l’existence de celui-ci pour moi. De même le
matériel du travail aussi bien que l’homme en tant que sujet sont tout
autant le point de départ que le résultat du mouvement ( et ils doivent
l’être d’où la nécessité historique de la propriété privée). …L’existence
subjective de la société de la société pensée et sentir pour soi…la
propriété privée n’est que l’expression sensible du fiat que l’homme devient
à la fois objectif pour lui-même et un objet non humain étranger à
soi-même ; que la manifestation de sa vie est l’aliénation de sa vie ; que
sa réalisation en est la déperdition, une réalité « étrangère » ; de même
l’abolition positive de la propriété privée- c’est-à-dire l’appropriation
sensible, par l’homme et pour l’homme de la vie et de l’être humains, de
l’homme objectif, des œuvres humaines- ne doit pas être comprise dans le
seul sens de la jouissance immédiate, partiale, dans le seul sens de
la possession, de l’avoir. …A la place de tous les sens physiques et
intellectuels est apparue l’aliénation pure et simple des sens, le sens de
l’avoir. L’être humain devait être réduit à cette pauvreté absolue, afin de
donner jour à sa richesse intérieure….
L’homme riche est en même temps l’homme qui
pour vivre a besoin d’une totalité de manifestations humaines, l’homme chez
qui sa propre réalisation est une nécessité intérieure, un besoin. Non
seulement la richesse, mais aussi la pauvreté reçoit- le socialisme étant
supposé- une signification humaine, donc sociale….En se vidant de son
humanité, l’homme a toujours besoin de plus d’argent pour s’emparer d
l’autre, qui lui est hostile ; et la puissance de son argent diminue en
raison inverse de l’accroissement du volume de la production, autrement dit
son indigence augmente à mesure que croît le pouvoir de l’argent….
Nous caractérisons le communisme -en
tant que négation de la négation – comme l’appropriation de l’essence
humaine par l’intermédiaire de la négation de la propriété privée, donc
comme l’affirmation vraie qui part non pas encore d’elle-même, mais
de la propriété privée…Etant donné que l’aliénation réelle de la vie humaine
demeure d’autant plus grande que l’on est plus conscient, sa suppression ne
peut-être réalisée que par le communisme mis en pratique….Le sens de la
propriété- libérée de son aliénation- est l’existence des objets
essentiels pour l’homme, tant comme objets de jouissance qu comme objets
d’activité. …
«
Supposons que nous produisions comme des êtres humains, chacun de nous
s'affirmerait doublement dans sa production, soi-même et l'autre.
1) Dans ma production, je
réaliserais mon individualité, ma particularité, j'éprouverais, en
travaillant, la jouissance d'une manifestation individuelle de ma vie, et,
dans la contemplation de l'objet, j'aurais la joie individuelle de
reconnaître ma personnalité comme une puissance réelle, concrètement
saisissable et échappant à tout doute.
2) Dans ta jouissance ou ton emploi
de mon produit, j'aurais la joie spirituelle immédiate de satisfaire par mon
travail un besoin humain, de réaliser la nature humaine et de fournir au
besoin d'un autre l'objet de sa nécessité.
3) J'aurais conscience de servir de
médiateur entre toi et le genre humain, d'être reconnu et ressenti par toi
comme un complément à ton propre être et comme une partie nécessaire de
toi-même, d'être accepté dans ton esprit comme dans ton amour.
4) J'aurais dans mes manifestations
individuelles, la joie de créer la manifestation de ta vie, c'est-à-dire de
réaliser et d'affirmer dans mon activité individuelle ma vraie nature, ma
sociabilité humaine (Gemeinwesen). Nos productions seraient autant de
miroirs où nos êtres rayonneraient l'un vers l'autre. Dans cette
réciprocité, ce qui serait fait de mon côté le serait aussi du tien.»
(Ibid.)
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