Haïkus2,

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Couleur de pavot

mon amour mon rêve rouge

opium de mon coeur

 

 

Tu me manques

petite brume

au ras de ma plume

 

 

Quand ta liberté

effleure ma peau

je ne suis plus que désir

 

 

Sur les dunes jaunes

keffiehs claquant dans le vent

une tribu nomade

 

 

Paglia a terra

je dormirai contre toi

sous le ciel étoilé

 

 

Marcher dans ton ombre

longtemps longuement

jusqu'à ce que ma nuit tombe

 

 

Dans tes bras laisse-moi être

roseau dans le vent

mouvance légère

 

 

Les dômes semblent porter

une chapka blanche

neige sur Moscou

 

 

Posé sur la terre

tel un baiser rouge

un champ de coquelicots

 

 

L'amour qui te prend

balade ta vie entière

dans un zénith bleu

 

 

Ma mélancolie

c'est une rose séchée

qui pique mon coeur

 

 

Rythmant le temps lisse

de ces moines en robe orange

l'immuable gong

 

 

Dans la nuit céleste

j'aimerais chanter pour toi

le plus bel octave

 

 

On s'y promène

enlacés sans se lasser

jardin des délices

 

 

Le plus beau du monde

c'est l'Amour qui nous emporte

où plus rien n'importe

 

 

Dans l'Oural du Nord

la cognée d'un bûcheron

brise le silence

 

 

Tu me manques tant

que le monde devant moi

en perd ses couleurs

 

 

Sonne le tocsin

dans la ruelle pavée

un dernier passant

 

 

Tu ne sauras jamais

combien je t'ai aimé

ni combien le ciel a d'étoiles

 

 

 

Oublier le temps

qui vole les ans

et aimer encore

 

 

 

Topaze dans l'aube

rubis dans le crépuscule

le soleil

 

 

Quand l'amour nous prend

peu importe la saison

et la latitude

 

 

Costumes de soie

qui froufroutent près des Doges

temps du carnaval

 

 

Amour clandestin

dans la pénombre secrète

d'un hôtel de passe

 

 

Grands traits bleus

sur ma vie

mes amours

 

 

Bâtons de bambou

soulignant des voix courtoises

musique chinoise

 

 

Aujourd'hui j'ai mis

ma petite robe noire

temps des amours mortes

 

 

Solstice d'hiver

au pays du matin calme

Hsin Nien et Têt

 

 

De par tes je t'aime

je la touche tout de go

ma quête du Graal

 

 

Une odeur d'absinthe

troublant la fin de journée

heure apéritive

 

 

Un baiser posé

sur chaque pétale offert

chapelet de roses

 

 

Mille et une nuits

bercent Cordoue endormie

l'Andalousie rêve

 

 

Marchant dans la rue

hommes de Kaboul

pacouls  vissés sur la tête

 

 

Sur Saint Petersbourg

tel un ballet du Bolchoï

le vent tourbillonne

 

 

Pluie  en biseau

lacérant le ciel

jour entaillé

 

 

Montmartre dessine

dans Paris qui fait la Belle

toute une Epoque

 

 

Les murs en révolte

d'une ville grise et triste

tags et graffitis

 

 

Une vieille délavée

drague un black musclé

chats gris dans la nuit

 

 

Regard bâillonné

le dos contre le mur froid

il attend sa mort

 

 

Sur nos corps dansant

la douceur d'un rai de lune

lumière tango

 

 

L'ultime caresse

du soleil crépusculaire

fait rougir le ciel

 

 

Parquée dans son home

cette vieille au regard triste

attend des visites

 

 

Dans son bol de thé

le goût léger de la Chine

parfum de jasmin

 

 

Clodo endormi

sur un banc froid de Paris

à qui souris-tu

 

 

Le ciel sniffe

sa traînée de poudre blanche

snouff de saison

 

 

Féminité dévoilée

dans la vapeur tiède

d'un hammam mauresque

 

 

Sur la solitude

le temps immuable

déroule son infini

 

 

Encore une fois

l'aube sanguine se lève

 sur ce pays meurtri

 

 

Sur des trottoirs gris

la prostituée

claque sa vie

 

 

Bijou sans pareil

épinglé sur le printemps

première fleur

 

 

Le ciel a son coup de spleen

il me colle le blues

avec son air triste

 

 

Il n'ignore plus

l'enfant qui pleure

le monde secret des grands

 

 

Succomber au charme

du printemps séducteur

envie d'aimer

 

 

Mots thésaurisés

offerts comme un talisman

au bel amant

 

 

Au gré des terrasses

caressant de doux minois

le soleil musarde

 

 

Des vapeurs de riz

dans l'aube à peine voilée

Pékin qui s'éveille

 

 

Un dandy sapé

promène ses nippes

dans le Tout Paris branché

 

 

Marqués de mon sceau

empreints de nostalgie douce

lieux de mon enfance

 

 

Chante la couleur colère

de ta banlieue triste

rappeur aux pieds noirs

 

 

Glissant sur la mer

bateau sans printemps

les exilés

 

 

Vider de tous mots

l'esprit vagabonde

comme un papillon léger

 

 

Pour ne pas sombrer

amarrer la vie

dans le bleu pur de l'espoir

 

 

Derrière le paravent

ses vêtements glissent

sur sa peau nacrée

 

 

 

Pour un bout de terre

si petit dans l'univers

des hommes se battent

 

 

Scellé dans les coeurs

en guise d'éternité

le temps de l'amour

 

 

Pour voir briller mille feux

dans leurs yeux machos

la gitane danse

 

 

Dans les matins noirs

au plus bas du baromètre

se sentir carpette

 

 

Ils chantaient le blues

pour apaiser leurs nuits blanches

les esclaves noirs

 

 

Il pique les yeux

l'air de nostalgie soufflant

sur le temps qui passe

 

 

Dans ce fous-y tout

ce big bazar de la vie

je t'ai trouvé toi

 

 

Ce baiser de feu

qui jette nos corps

dans les limbes du plaisir

 

 

Tout le bruit du monde

s'estompe en douceur

dans tes bras accueillants

 

 

Mes larmes

se mêlent à la rosée

du matin chagrin

 

 

Chaque grain de monde

c'est l'amour je n'y peux rien

me parle de toi

 

 

Dans ta solitude

tes larmes ne peuvent pas

fleurir ton désert

 

 

J'aimerais tout te donner

mes rêves d'enfant

le ciel et la terre

 

 

Oubli impossible

ta lumière tamisée

darde mon passé

 

 

Au coin de ta bouche

ricoche du temps qui passe

les premières rides

 

 

Je suis fille du vent

qui jamais ne sera

enchaînée par l'amour

 

 

Beauté momifiée

figée dans la mort

un papillon épinglée

 

 

Te dire oui

après une longue nuit

capitulation

 

 

Goût de fin tabac

de caoua corsé

premier baiser matinal

 

 

La faucheuse aguicheuse

au bout du chemin

déjà nous fait signe

 

 

Pâlis par les ans

jetés dans un coin

tous mes rêves inutiles

 

 

I'm in the moon

le regard dans les étoiles

besoin de rêver

 

 

Sous le ciel bleu

à l'ombre des palmiers

le soleil s'allège

 

 

Ni l'ennui ni le chagrin

ne sauront ternir

l'éclat de la fleur

 

 

Dans la voix d'un bonze

il y a des prismes

d'orange et d'encens

 

 

La rumeur sournoise

qui naît gonfle s'use meurt

dans le fiel du temps

 

 

Marins solitaires

vos mille désirs rêveurs

écument la mer

 

 

Sur papier glacé

insuffle tes doux rêves

écrivain solitaire

 

 

Ta vie fait ses gammes

fausses notes accords sublimes

tu chantes avec elle

 

 

Dans nos vies ombrées

les amours illicites cachent

leurs baisers secrets

 

 

Trouvant que le noir te sied

au fond tu te plais

dans ton désespoir

 

 

Ton doux souvenir

reste l'unique bagage

de ma vie d'errance

 

 

Tant tu te rappelles à moi

que je ne peux voir

qu'au travers de toi

 

 

Tu te roules en boule

tu fais le gros dos

pour tout oublier

 

 

Ne jamais jeter

dans les eaux de la tristesse

le bleu de ton coeur

 

 

Tes larmes s'écoulent

sous le ciel indifférent

à ton désespoir

 

 

Que je sois ce vin

porté à tes lèvres

pour t'enivrer mon amour

 

 

Dans la maison close

la courtisane au corps lisse

rêve d'amour vrai

 

 

Tu l'aimes et tu la haïs

elle t'attire et te rebute

la vie qui te tient

 

 

Traçant ta ligne de vie

tous ces petits rien

qui font des beaucoup

 

 

Laisse-moi prendre

ta vie aux contours de vair

au creux de mon coeur

 

 

Debout comme un vieux sarment

résister encore

aux vents de la vie

 

 

Tendus sur la vie

au zénith des émotions

l'amour et la mort

 

 

L'océan qui nous sépare

n'est que goutte d'eau

face à notre amour

 

 

Cours dans le jour bleu

chercher dans l'air si doux

ce que tu attends

 

 

Trop sombres et trop noires

d'immenses vagues

recouvrent son coeur en deuil

 

 

Tel le jour ressemble au jour

on est tous les mêmes

sans être les mêmes

 

 

On se jette dans l'amour

comme dans le vide

vertige absolu

 

 

D'amour et de haine

jour de soleil jour d'orage

passion qui nous enchaîne

 

 

Mendiant un peu de soleil

il chante Harlem

ce pauvre vieux black

 

 

Merveille des merveilles

l'enfant innocent

sommeille

 

 

Au ras de ta vie

tout en toi prend la couleur

de la brume grise

 

 

L'amour fait le beau

pour que les coeurs fariboles

dans l'été frivole

 

 

Toi moi et moi toi

tels nuit et jour font le jour

rêvons de faire un

 

 

Quand je t'aurai tout oublié

je souhaite qu'il ne reste

que ton nom en moi

 

 

Dans la chambre close

voltige le bruit si doux

des amants qui s'aiment

 

 

Don Juan tu te pavanes

au milieu des dames

qui t'espèrent amant

 

 

Dans le secret de mon coeur

je suis gitane

aux rêves bohèmes

 

 

Dans le ciel mélancolique

terni par le temps

des papillons noirs

 

 

Que l'on meurt d'ennui

quand le temps s'étire

dans un long soupir

 

 

Sur terre étrangère

tu es arrivé

l'espoir en bandoulière

 

 

Cette perle rare

brillant dans tes yeux

une larme de bonheur

 

 

Dans l'ombre chinoise

elles attendent leur maîtres

Concubines

 

 

Je serai orfèvre

je taillerai dans tes larmes

des rais de soleil

 

 

Dans la jalousie

tu tends un miroir

qui reflète tes envies

 

 

Au fur à mesure

que ta vie se rétrécit

ton coeur s'agrandit

 

 

Tous ces mots en moi

ne sont que misère

pour te dire mon amour

 

 

Sauras-tu cueillir

les rêves d'amour

que l'on sème sur ta route

 

 

Sa bouche usée

d'avoir tant aimé

murmure la solitude

 

 

Ciel sans étoile

voyage sans lune

désespoir

 

 

Les nuits de débauche

sur les rivages de l'aube

nous laissent épaves

 

 

L'enfant n'est plus

désormais seul le vent pousse

la balançoire

 

 

Envoûter tes nuits

jusque dans l'éternité

tel est mon désir

 

 

Le pas chaloupé

des jolis coeurs arpentant

les plages d'été

 

 

Le vieux sur son banc

regarde la place vide

qu'a laissé sa vieille

 

 

Un drag queen moqueur

chatouillant sa vie

avec des plumes soyeuses

 

 

La belle esclave

trimait du matin au soir

en pensant à lui

 

 

Malgré les années

tout autour de moi

ne me parle que de toi

 

 

Des happeaux à mecs

des midinettes make upées

dans les nuits branchées

 

 

Cocotte fanée

qui se la joue midinette

oripeau à mecs

 

 

Tel un soleil couchant

les amours s'éteignent

dans les fastes du jour

 

 

Ne reste pas là

à frissonner de la sorte

au bord de ta vie

 

 

Bricole-toi un univers

où te te promènes

loin de tes misères

 

 

Après le chagrin

tes yeux se dessillent

et le soleil t'éblouit

 

 

Dans le goulet de ta vie

n'oublie pas de voir

le jour qui se lève

 

 

Dans l'aube du Gange

à l'heure méditative

tout devient très doux

 

 

Goutte de rosée

s'évaporant dans le temps

telle est la passion

 

 

Je ne sais pas croire

pourtant je joins mes deux mains

pour que tu me reviennes

 

 

Au fond de la solitude

tu ne sais voir que

ton propre reflet

 

 

Acide brûlant

tes larmes d'amour

coulent une à une sur ton coeur

 

 

Pauvre manouchka

tu le pleures ton  amant

qu'ils ont mis en tôle

 

 

Impatient d'aimer

vibrant de désir fébrile

il suit sa promise

 

 

Pour savoir ce qu'est le feu

il faut s'y brûler

de même l'amour

 

 

Dépourvu d'amour

dans le petit matin gris

mon coeur est bien triste

 

 

Comme une envie de t'aimer

dans l'été Indien

désirs de douceur

 

 

Days are black days

depuis que tu m'as quittée

je suis lune noire

 

 

L'Etat amoureux

est un Etat où le coeur

se bat pour aimer

 

 

Pour étancher cette soif

qui brûle ton corps

je me ferai eau

 

 

Dans cette rose

j'ai caché un baiser pour toi

sauras-tu le prendre

 

 

Ne laisse pas s'écouler

entre tes doigts

l'amour que tu reçois

 

 

Battant en silence

dans le secret de mon coeur

mes amours

 

 

 

                        tankas:                                   Dis emmène-moi

dans un monde rubescent

où tous les baisers

ne seraient que flammes folles

qui embraseraient mon ciel

 

 

Quels jours sommes-nous

depuis que tu es parti

j'ai tout oublié

les fleurs et les papillons

me reste l'écho de ton nom

 

 

Juste envie de ciel bleu

dans ma tête

Juste envie de planer

dans mon coeur

Comme un albatros

loin de tous les mots....

 

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