Le discours de métaphysique

Leibniz

1646-1716

 
   

 

Généralités

Leibniz a un savoir encyclopédique, c’est un immense érudit. Il vise à la classification, d’abord à l’intérieur de la philosophie de son temps. Il ne  néglige aucune discipline, science, mathématique, physique. Il invente la théorie des forces. Il critique la mécanique de Descartes. Il est fasciné par les rudiments de la biologie. C’est un connaisseur en théologie, histoire, droit, géographie, linguistique, politique ( il est au service de la maison de Hanovre). C’est un colossal érudit et un penseur original. Il n’est pas évident de posséder ces deux éléments. Il est un vrai logicien ( Descartes méprise la logique). Il réforme la logique aristotélicienne. C’est le seul philosophe moderne qui ne méprise pas la scolastique. Il a un projet de logicien : créer un symbolisme universel : carestica universalis. Il s’agit d’une invention de langage pour couvrir les connaissances humaines et pour en découvrir d’autres, c’est une fonction heuristique. Ce projet est resté à l’état d’ébauche. Leibniz a un caractère irénique ( origine du nom , Saint  Irénée), c’est à dire un caractère conciliant. Quand les thèses sont apparemment conciliables, il cherche d’abord ce qui les unit avant de voir ce qui les distingue. L’unité le frappe avant la diversité. Il tente de venir à bout de l’incompatibilité des théories. Il ne craint pas la rupture. Il est très critique envers Descartes et Spinoza. Il reprend toujours  pour son compte les auteurs passés et contemporains.

Ainsi : l’innéisme de Platon

         l’empirisme d’Aristote.

Il admet certains aspects de la mécanique contemporaine, mais, il lui adjoint la dynamique.

Il reprend d ‘Aristote :

1. les formes substantielles

2. les causes finales

3. la virtualité

4. l’entéléchie (ce terme désigne  chez Aristote le principe qui fait passer l'être de la puissance à l'acte, c'est-à-dire, à sa complète réalisation, chez Leibniz, il s'agit de toutes les substances simples ( monades) qui se suffisant à elles-mêmes et qui sont à l'origine de leurs "actions internes").

Notre philosophe  intègre à sa dynamique ces quatre points.Il réconcilie les anciens et les modernes. Ses notions vont être, bien sûr, différentes mais on retrouvera des analogies. Il cherche à concilier raison et foi.

Son inspiration est d’origine thomiste.

Il concilie déterminisme et liberté qu’il montre à la section 13 du sommaire de son discours de métaphysique. Il trouve son écho dans sa doctrine de l’harmonie préétablie. Il a une pensée synthétique.

Leibniz entre au service du Duc de Hanovre, il y est diplomate et bibliothécaire. Il voyage beaucoup et lie connaissance avec tout ce qui compte comme intellectuels. Il a environ 800 correspondants. Pas tous en même temps, évidemment ! Il est à noter que les lettres à l’époque jouent le rôle de nos revues à l’heure actuelle. On se les passe, les commente, les critique. Leibniz est d’une extrême concision. Il écrit en français, allemand et latin.

Il n’y a pas d’édition des œuvres complètes. Il écrit beaucoup d’opuscules. On estime à la bibliothèque d’Hanovre à environ 30 caisses, en 1900,les inédits de Leibniz.

Il fut une période où il était facile de faire sa thèse sur Leibniz. Monter dans un train et étudier les inédits à Hanovre pour trouver l'objet d'un sujet de thèse.

Son discours a été découvert en 1846. Le seul ouvrage publié de son vivant est  essais de Théodicée.Il est difficile de se faire une idée complète de Leibniz. Ses idées peuvent sembler contradictoires tant il est sans cesse en « évolution ».Peu après sa mort, on publie nouveaux essais sur l'entendement humain ( écrit en 1703-1708). C’est une réponse à Locke qui a écrit essai singulier philosophique concernant l’entendement humain. Cet ouvrage a une influence énorme à l’époque.

Locke refuse de voir Leibniz, il s’en méfie. Spinoza aussi. ( on en  ignore les causes exactes, est- ce son rôle de diplomate, grand voyageur, qui le défavorise ? Spinoza aurait  été condamné à mort pour son Ethique s’il avait été publié de son vivant, échanger avec cet intellectuel avide qu’est Leibniz, est-ce prendre un risque ?).

Le Duc de Hanovre devient roi de Grande- Bretagne par manque d’héritier ! Il devient Georges 1er.

Les souverains s’appellent Battenberg jusqu’à la première guerre mondiale et deviennent Mount Battent ( berg = mount !).

Haendel a été au service du Duc de Hanovre et était parti en Grande-Bretagne. Les textes donnant une vue d’ensemble de la philosophie de Leibniz sont :

discours de métaphysique ,monadologie ( 1686) ,principes de la Nature et de la Grâce ,à voir également  pour comprendre la pensée de Leibniz sur la théologie :nouveaux essais et essais de théodicée

Il fut peu publié, pourquoi ? Probablement de par sa pensée toujours en évolution. Malebranche ne veut pas reconnaître cette évolution . Leibniz ne se cache pas de changer sans cesse d’avis, d’où les difficultés à le publier. Leibniz décède sans fixer sa théorie sur la substance. Il fait sa thèse de doctorat à 17 ans.

Son discours est rédigé vers la fin 1685-86 ( au moment de la révocation de l’Edit de Nantes).

En 1674 paraît  la recherche de la vérité de Malebranche. ( œuvre capitale). L’Ethique de Spinoza paraît vers 1677 . Locke, 1689, essais .Ce sont les ouvrages majeurs du XVIII. Le discours joue un rôle charnière pour Leibniz. Il y a l’avant et l’après discours. C’est son premier texte. Il rassemble le résultat d’une longue évolution de sa pensée. La mécanique de Pascal l’influence.

Les principes fondamentaux chez Leibniz sont :

Le principe de raison suffisante,le  principe des indiscernables et le principe de continuité mais aussi :

le principe du meilleur , l'harmonie préétablie et la théorie de la communication des substances et encore :

La théorie de Dieu et la théorie de la liberté. La Nature du corps et du problème de substance.

Il écrit au " Landgrave de Hesse - Rheinfels" et sa lettre est  intitulée au  1/II février 1686. Deux dates en raison de la différence de calendrier. Le grégorien n’est pas encore adopté à cette époque. Il veut faire connaître sa pensée en France. Auparavant il désire connaître l’opinion du grand Arnaud qui adopta sur la grâce, les thèses les plus rigoureuses de l'augustanisme. Il devint le chef du parti janséniste. Il fut exclu de la Sorbonne. Arnauld a écrit contre le protestantisme. C'est une figure majeur de la logique et de la philosophie du langage. Leibniz  lui envoie les 38 intitulés , voir le sommaire,des paragraphes de son discours.   

Leibniz reste persuadé qu’il peut réconcilier protestants et catholiques ce qui provoque une tension religieuse.

A la révocation ( 1685, Louis XIV) les protestants ont deux semaines pour quitter la France.

La réaction d’Arnauld n’est pas celle que Leibniz attend. Arnauld est choqué par les propositions 7 et 13 voir le sommaire. Arnauld veut conquérir Leibniz au catholicisme.

Leibniz aurait désiré publier cette correspondance. Cela ne sera pas fait, à l’époque.

La lecture de la correspondance avec Arnauld est importante pour éclaircir la compréhension du discours.

 

 

 

 

 

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