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Généralités
Leibniz a un savoir encyclopédique, c’est un
immense érudit. Il vise à la classification, d’abord à l’intérieur de la
philosophie de son temps. Il ne néglige aucune discipline, science,
mathématique, physique. Il invente la théorie des forces. Il critique la
mécanique de Descartes. Il est fasciné par les rudiments de la biologie.
C’est un connaisseur en théologie, histoire, droit, géographie,
linguistique, politique ( il est au service de la maison de Hanovre). C’est
un colossal érudit et un penseur original. Il n’est pas évident de posséder
ces deux éléments.
Il est un vrai logicien ( Descartes méprise la logique). Il réforme la
logique aristotélicienne.
C’est le seul philosophe moderne qui ne méprise pas la scolastique. Il a un
projet de logicien : créer un symbolisme universel : carestica
universalis. Il s’agit d’une invention de langage pour couvrir les
connaissances humaines et pour en découvrir d’autres, c’est une fonction
heuristique.
Ce projet est resté à l’état d’ébauche.
Leibniz a un caractère irénique ( origine du nom , Saint Irénée), c’est à dire un caractère conciliant. Quand les thèses
sont apparemment conciliables, il cherche d’abord ce qui les unit avant de
voir ce qui les distingue.
L’unité le frappe avant la diversité.
Il tente de venir à bout de
l’incompatibilité des théories.
Il ne craint pas la rupture. Il est très critique envers Descartes et
Spinoza.
Il reprend toujours pour son compte les auteurs passés et contemporains.
Ainsi : l’innéisme de Platon
l’empirisme
d’Aristote.
Il admet certains aspects de la
mécanique contemporaine, mais, il lui adjoint la dynamique.
Il reprend d ‘Aristote :
1. les formes substantielles
2. les causes finales
3. la virtualité
4. l’entéléchie
(ce terme désigne chez Aristote le
principe qui fait passer l'être de la puissance à l'acte, c'est-à-dire, à sa
complète réalisation, chez Leibniz, il s'agit de toutes les substances
simples ( monades) qui se suffisant à elles-mêmes et qui sont à l'origine de
leurs "actions internes").
Notre philosophe intègre à sa
dynamique ces quatre points.Il réconcilie les anciens et les modernes. Ses
notions vont être, bien sûr, différentes mais on retrouvera des analogies.
Il cherche à concilier raison et foi.
Son inspiration est d’origine
thomiste.
Il concilie déterminisme et
liberté qu’il montre à la section 13 du
sommaire de son discours de métaphysique.
Il trouve son écho dans sa doctrine de l’harmonie
préétablie.
Il a une pensée synthétique.
Leibniz entre au service du Duc
de Hanovre, il y est diplomate et bibliothécaire.
Il voyage beaucoup et lie connaissance avec tout ce qui compte comme
intellectuels.
Il a environ 800 correspondants. Pas tous en même temps, évidemment ! Il est
à noter que les lettres à l’époque jouent le rôle de nos revues à l’heure
actuelle.
On se les passe, les commente, les critique.
Leibniz est d’une extrême concision. Il écrit en français, allemand et
latin.
Il n’y a pas d’édition des
œuvres complètes. Il écrit beaucoup d’opuscules. On estime à la bibliothèque
d’Hanovre à environ 30 caisses, en 1900,les inédits de Leibniz.
Il fut une période où il était
facile de faire sa thèse sur Leibniz. Monter dans un train et étudier les
inédits à Hanovre pour trouver l'objet d'un sujet de thèse.
Son discours a été
découvert en 1846.
Le seul ouvrage publié de son vivant est essais de Théodicée.Il est
difficile de se faire une idée complète de Leibniz. Ses idées peuvent
sembler contradictoires tant il est sans cesse en « évolution ».Peu après sa
mort, on publie nouveaux essais sur l'entendement humain ( écrit en
1703-1708). C’est une réponse à Locke qui a écrit essai singulier
philosophique concernant l’entendement humain. Cet ouvrage a une
influence énorme à l’époque.
Locke refuse de voir Leibniz,
il s’en méfie. Spinoza aussi. ( on en ignore les causes exactes, est- ce
son rôle de diplomate, grand voyageur, qui le défavorise ? Spinoza aurait
été condamné à mort pour son Ethique s’il avait été publié de son
vivant, échanger avec cet intellectuel avide qu’est Leibniz, est-ce prendre
un risque ?).
Le Duc de Hanovre devient roi
de Grande- Bretagne par manque d’héritier ! Il devient Georges 1er.
Les souverains s’appellent
Battenberg jusqu’à la première guerre mondiale et deviennent Mount Battent (
berg = mount !).
Haendel a été au service du Duc
de Hanovre et était parti en Grande-Bretagne.
Les textes donnant une vue d’ensemble de la philosophie de Leibniz sont :
discours de métaphysique ,monadologie
( 1686) ,principes de la Nature et de la Grâce ,à
voir également pour comprendre la pensée de Leibniz sur la
théologie :nouveaux essais
et essais de théodicée
Il fut peu publié, pourquoi ?
Probablement de par sa pensée toujours en évolution. Malebranche ne veut pas
reconnaître cette évolution . Leibniz ne se cache pas de changer sans cesse
d’avis, d’où les difficultés à le publier.
Leibniz
décède sans fixer sa théorie sur la substance. Il fait sa thèse de doctorat à
17 ans.
Son discours est rédigé vers la fin 1685-86 (
au moment de la révocation de l’Edit de Nantes).
En 1674 paraît la recherche
de la vérité de Malebranche. ( œuvre capitale).
L’Ethique de Spinoza paraît vers 1677 . Locke, 1689, essais
.Ce sont les ouvrages majeurs du XVIII.
Le discours joue un rôle charnière pour Leibniz. Il y a l’avant et
l’après discours.
C’est son premier texte. Il rassemble le résultat d’une longue évolution
de sa pensée. La mécanique de Pascal l’influence.
Les principes fondamentaux chez
Leibniz sont :
Le principe de raison suffisante,le
principe des indiscernables et le
principe de continuité
mais aussi :
le principe du meilleur ,
l'harmonie préétablie et la théorie de la communication des
substances
et encore :
La théorie de Dieu et la théorie de la liberté. La
Nature du corps et du problème de substance.
Il écrit au " Landgrave de
Hesse - Rheinfels" et sa lettre est
intitulée au 1/II février 1686.
Deux dates en raison de la différence de calendrier. Le grégorien n’est pas
encore adopté à cette époque.
Il veut faire connaître sa pensée en France. Auparavant il désire connaître
l’opinion du grand Arnaud qui adopta sur la grâce, les thèses les plus
rigoureuses de l'augustanisme. Il devint le chef du parti janséniste. Il fut
exclu de la Sorbonne. Arnauld a écrit contre le protestantisme. C'est une
figure majeur de la logique et de la philosophie du langage. Leibniz lui
envoie les 38 intitulés , voir le sommaire,des paragraphes de son
discours.
Leibniz reste persuadé qu’il
peut réconcilier protestants et catholiques ce qui provoque une tension
religieuse.
A la révocation ( 1685, Louis
XIV) les protestants ont deux semaines pour quitter la France.
La réaction d’Arnauld n’est pas
celle que Leibniz attend. Arnauld est choqué par les propositions 7 et 13
voir le
sommaire. Arnauld veut conquérir Leibniz au catholicisme.
Leibniz aurait désiré publier
cette correspondance. Cela ne sera pas fait, à l’époque.
La lecture de la
correspondance avec Arnauld est importante pour éclaircir la
compréhension du discours.
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