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Le jugement et la croyance

Généralités

 

A quoi sert la philo de l'esprit?  L'exemple de la croyance

 

Comment une théorie sociale de la signification peut-elle mener à  une conception réaliste de la vérité?

 

Fondationnalisme ( avec Lemme de Zénon)

Généralités

« Nous croyons quand nous voyons qu’il faut croire ». Saint Thomas.

Le jugement se présente comme une affirmation ; il suppose la croyance, c’est-à-dire l’assentiment de l’esprit à  la proposition annoncée.

De la « Critique de la raison pure (1781) « , Kant : la Critique vient du terme grec  krisis  qui signifie jugement. La Critique de la raison  pure est le jugement que la raison porte sur elle-même. Elle expose les fondements de notre savoir authentique et rejette les prétentions insensées de la raison métaphysicienne. La Critique pose toujours les questions sous le double angle de la norme et du droit, délaissant les jugements qui ne peuvent être produits a priori, c’est-à-dire indépendamment de l’expérience, ce qui signifie : sans que le recours à l’expérience puisse les modifier. Citons : Les objets de l’expérience ne sont donc jamais donnés en eux-mêmes dans l’expérience, et ils n’ont aucune existence en dehors d’elle.

Tableau des  croyances :

Opinion fausse ou douteuse : préjugé, illusion, superstition

Soupçons, présomptions, suppositions, prévisions, estimations, hypothèses, conjectures

Convictions, doctrines, dogmes

Croire en quelqu’un ou en quelque chose : foi

La garantie objective de l’opinion est faible ou nulle mais celui qui l’éprouve a une conviction très forte du contraire.

 

  • Phénomènes surnaturels ou magiques (guérisons miraculeuses, pouvoirs de sorcellerie)
  • Etres ou événements merveilleux ou mythiques (fées, farfadets, fantômes, rencontres du 3è type)

Les croyances sont susceptibles d’être vraies ou d’avoir un certain fondement objectif ; sont en attente de vérification ou de justification

 

  • les hypothèses scientifiques
  • les indices d’une enquête policière

Croyances reposant sur un fort sentiment subjectif, mais dont le fondement objectif n’est pas garanti.

Attitude qui va au-delà de ce que les donnés ou garanties permettent d’affirmer. Le degré de certitude est très fort, bien que le degré de garantie objective puisse être très faible.

 Ou nous pouvons encore pose le tableau suivant :

 

Connaissance

(épistémé)

Des choses qui ne sont pas de toute éternité.

Des choses qui sont de toute éternité.

Choses propres au sujet:

les actions

connaissance " pratique "

(cf.: Kant: " Critique de la raison pratique ")

(Praxis = savoir modifier son comportement)

ÿ Disposition à agir accompagnée de règles.

Choses extérieures au sujet:

les objets

connaissance " poïétique "

(poïésis = la production d'objets)

ÿ L'art au sens général (du boulanger au poète), ce qui nous intéresse.

ÿ Disposition à produire accompagnée de règles.

C'est la fabrication : activité ou connaissance qui mène à existence de choses extérieures au sujet

Mode de connaissance inférieur

Connaissance théorique (thêoria: contemplation intellectuelle).

è Mathématiques

è pour Aristote: physique et théologie (dans laquelle il range la philosophie)

  (Ce tableau est "emprunté" à http://www.philocours.com/cours/cours-art.html#II )

Pour Spinoza la croyance est déterminée par la clarté intrinsèque de l’idée. C’est la théorie intellectualiste de la croyance qui résulte de l’évidence, du doute de la contradiction et de la confusion des idées. L’idée n’est pas une peinture muette. L’ordre psychologique de la croyance serait le reflet de la nature de l’idée : ou bien l’idée est obscure, confuse, et je suis incertain ou bien l’idée est claire, vraie, et je suis certain. On peut opposer un fait d’expérience. « Les objets de l’expérience ne sont donc jamais donnés en eux-mêmes, mais seulement dans l’expérience, et ils n’ont aucune existence en dehors d’elle »  Ce fait d’expérience est un fait psychologique de l’erreur. On peut se croire certain et ne pas posséder l’idée vraie. Qu’est – ce qui nous fait croire ? Cela n’est sans doute pas essentiellement l’intelligence, c’est autre chose, la volonté. C’est un point de vue volontariste. C’est par opposition à l’intellectualisme de Spinoza, le point de vue de Descartes qui dit que le principe de l’assentiment réside dans la volonté. Voir un homme qui court et d’assurer qu’on le voit, c’est autre chose. L’entendement propose ses représentations, ses idées, mais c’est la volonté qui dispose, qui affirme ou qui nie. L’erreur, pour Descartes, est une affirmation précipitée trop rapide de la volonté qui décide d’accorder son assentiment à une idée qui n’est ni claire, ni distincte.

Mais, se contraindre à croire par un coup de force de la volonté, n’est-ce pas avouer qu’en réalité on doute ? On a pu dire en ce sens que toute volonté de croire est une raison de douter. Il est vrai en somme que l’on croit que ce qu’on l’on voit. Il est bon de lire les Méditations métaphysiques de Descartes pour comprendre comment ai-je la certitude de la réalité.

La vérité ne saurait se définir à partir de la personne vivante toute entière, instincts et passions compris. La recherche de la vérité suppose une ascèse, un effort pour me délivrer de l’imagination, des besoins et des passions. La croyance vraie c’est la croyance fondée en raison et qui par là échappe aux motivations purement psychologiques. Russel disait qu’on ne peut faire la psychologie que des croyances fausses, les croyances vraies concernant seulement la logique. Il peut être des certitudes morales qui trouvent un fondement valable dans l’action, dans une expérience où tout l’être s’engage. Il faut distinguer entre : croire en et croire que.

L’objet de la connaissance peut se présenter à nous d’une façon indécomposable et immédiate. Je perçois la couleur d’un corps. Je vois. Cette connaissance immédiate est appelée intuition. L’intuition empirique sensible est celle qui prévaut quand apparaît en objet extérieur, il me semble que j’en ai une intuition immédiate. L’intuition prévient et prépare en quelque sorte le raisonnement. Ma pensée est discursive, c’est-à-dire dans le sens de courir de ci- de là, ma pensée progresse d’un jugement à l’autre. Par l’intuition on trouve, par le raisonnement on prouve. Le raisonnement est une démarche qui aboutit à une proposition finale, une conclusion qui se présente comme le terme et le but de tout un travail mental.

« Si nous disons de l’entendement qu’il est le pouvoir de ramener les phénomènes à l’unité au moyen de règles, il faut dire de la raison qu’elle est la faculté de l’entendement au moyen de principes ». Critique de la raison pure, Kant.

L’analyse, elle, fait la synthèse. L’analyse est le procédé par lequel la pensée décompose un tout en ses éléments ; la synthèse, celui par lequel elle recompose le tout à l’aide des éléments distingués par l’analyse.

La perception d’on objet extérieur  est donc le résultat de toute  une construction mentale. Cette intuition sensible joue un rôle considérable dans la connaissance. La perception serait impossible sans elle, les images dont elle se compose n’étant elles-mêmes que des résidus de sensations antérieurs. La sensation, disait déjà Aristote, n’est pas la connaissance, mais celui qui n’aurait pas la sensation ne pourrait rien apprendre. L’intuition psychologique est celle de la conscience. Il ne s’agit pas de la conscience morale, qui nous dicte notre devoir, mais de la conscience psychologique, de ce sentiment intérieur et immédiat que nous possédons de ce qui se passe dans notre esprit. La psychologie énonce des jugements de réalité, des propositions qui indiquent simplement ce qui est. Elle se place sur le terrain scientifique. Elle décrit et énonce des lois ; la logique prescrit et édicte des règles.

La logique est l’étude des opérations de l’intelligence en tant que celles-ci ont pour fin la distinction du vrai ou du faux.

« La logique est la théorie des opérations intellectuelles qui servent à l’estimation de la preuve…Lorsqu’une croyance prétend être fondée sur des preuves, l’office propre de la logique est de fournir une pierre de touche pour vérifier la solidité de ces fondements…La logique n’est pas la même chose que la connaissance, bien  que son champ soit aussi étendu. Elle n’entreprend pas de trouver la preuve, mais elle décide si elle a été trouvée. La logique n’observe pas, n’invente pas, ne découvre pas, elle juge » Stuart Mill, système de logique.

L’induction n’est pas une conclusion véritable : c’est une formule brève et commode qui résume ou condense le résultat de mes observations. Cette induction est donc purement formelle : elle n’ajoute rien à mon savoir et consiste en un simple changement de forme


A quoi sert la philosophie de l’esprit, l’exemple de la croyance

Tentons de démontrer l’utilité de la philosophie en égard à d’autres disciplines, en égard aux sciences cognitives (soit une constellation de disciplines: logique, math, psycho, sciences sociales, philo de l’esprit ).La philosophie  a une utilité épistémologique. Elle est la spécialiste de la non spécialisation. Dans une perspective naturaliste, il s’agit d’utiliser des entités compatibles avec les sciences. La philophie peut-être prise comme esprit interdisciplinaire. Le cadre neuro scientifique est le noyau le plus dur mais il tente de donner du sens.

La croyance en tant que phénoméne mental:en science, il n’est pas possible de définir la signification de la croyance. L’anthropologie renvoie au concept de croyance. En psychologie, il y a peu de concept de croyance. En fait la croyance est un concept fourre-tout. On a à faire à quelque chose qu’il faut tenir pour vrai. Donc, qui renvoie à quelque chose de supposé exister dans le monde. En biologie (nature) les croyances sont des états mentaux, organisme vivant placé dans son milieu. Le système nerveux détecte l’information.

Perception I Action: « Mère Nature» invente les réflexes automatiques (parfois fatals) et le plaisir( favorise l’acte) ainsi que la douleur ( défavorise l’acte), dans le but d’apprendre. L’objet mental est transitoire. Il entraîne une décision dans l’action après représentation Meme sans stimuli extérieur. Le langage agit comme une sorte de poignée pour manoeuvrer la structure mentale. Pour beaucoup de philosophes, il n’y a pas de croyance sans langage. La croyance est considérée comme une attitude propositionnelle. La protocroyance est une représentation considérée comme vraie.

Face à ce concept fourre-tout, stratifions  la croyance ainsi:

 

Attentes spontanées: Mécanisme inné de la représentation automatique. Non conscient. Modules pré-câblés.

 

Représentations dispositionnelles : apprentissage par conditionnement. Non conscient.

 

Croyance: proprement dite(explicitement tenue pour vraie). Croyance et doute. Croyance: semi-propositionnelles, ex: e = mc2 et croyances relationnelles ( demain le train est à 23.05).Il s'agit de déductions personnelles. Une semi proposition puisqu’une proposition renvoie àla croyance ou à la non croyance. Le mot semi est employé dans un sens plutôt anthropologique, du type croire au dragon est plus difficile que de croire que les fleurs périssent si on ne les arrosent pas.  

Récits : . exemple: la science conduira à des jours meilleurs.

La théorie sociale englobe toutes sortes de signification. Elle se situe entre constructivisme et réalisme. Cette théorie tend à faire un pont entre les deux. C’est une théorie réaliste de la vérité.

Un exemple : citons Fodov concernant le vocabulaire «lapin ». Ce mot ne peut être réduit. Ainsi, si je dis « ceci est un chat », c’est un énoncé causal. Il a la signification d’un concept plus spécifique que son extension. Ainsi également l’étoile du soir I l’étoile du matin. Alors qu’il s’agit toujours de Vénus. C’est un argument contre les théories mentales de la signification. On peut avoir un lapin, mais on peut aussi en avoir ces parties. On peut avoir un arbre, ses feuilles, un nid, le tronc pour faire des meubles. On ne peut y trouver des poissons rouges!

Il faut un fait naturel pour déterminer la croyance. Il y a aussi le problème de suivre des règles.

Ainsi, la série 2, 4, 6,   1000, 1002, 1004....

1000, 1004, 1008...

On aurait pu suivre à l’infini la série + 2 à l’infini. On peut suivre aussi la règle: à partir de 1000, cela sera + 4.

Il faut une théorie pratique et sociale (pour savoir ce qui est correct ou incorrect) et des propriétés à agir dans un moment particulier. Si on est rationnel, on n’y arrive jamais, car il y a des règles à l’infini.

 

1) poursuivre une série finale dans une manière déterminée

2) tenir compte de l’environnement physique, avoir une disposition plus ou moins authentiques qui entraîne une tendance à coopérer

3)réaction aux autres I sanctions

4) sanctions ( ce qui est correct, ce qui n’est pas correct) provoquent un processus de détermination

5) conditions définies , règles qui s’identifient au point de convergence ( ensemble des règles, ceci est un arbre,feuille, oiseau, etc)

 

La pratique sociale détermine la signification ( constructivisme).

Il y a une relation entre croyance, individu et communauté. Entre le monde et nos croyances nous générons une conception réaliste du monde. Ce qui est vrai et faux du monde dépend de nos idées.

La vérité est différente de la certification et de la vérification.La théorie sociale s’applique aussi à la mythologie, aux poèmes, etc.

Pourquoi des croyances se développent et non d’autres qui n’ont même pas été testée ? Par la vertu du principe de non contradiction . Il es nécessaire d’obéir aux lois de la non contradiction, mais on peut les violer.

La temporalité joue un rôle. Abandon de croyances par la connaissance qui évolue.

Le côté cognitif de la croyance est sans doute nécessaire dans une pratique d'une théorie,sociale des croyances, c'est un  discours qui se réfère au monde, pour une conception réaliste de la vérité, voir une conception réaliste morale.

La théorie sociale est axée avant tout sur la coopération des individus sociaux.La psychologie,elle,  se situe avant tout au niveau de la croyance. Qunat à l’anthropologie, nous la trouvons au niveau des récits ou des semi propositions.

Osons conclure en disant  que nous ne serons sans doute jamais comment l’esprit fonctionne.  

(basé sur une  discussion avec Fabrice Clément, CREA)


Comment une théorie sociale de la signification peut- elle mener à une conception réaliste de la vérité?

Le débat entre le constructivisme et le réalisme est au centre de la philosophie contemporaine. Proposons la thèse suivante: le constructivisme est correct en ce qui concerne l’accès épistemique que nous avons au monde; mais cela ne nous empèche pas d’accepter la conception réaliste suivante: c’est la constitution du monde qui détermine lesquelles de nos croyances sont vraies et lesquelles sont fausses. En particulier, développons  en trois étapes un argument qui cherche àétablir qu’une théorie sociale de la signification peut être combinée avec une théorie réaliste de la vérité: (a) Une sémantique inférentielle basée sur des pratiques sociales peut prendre en considération la représentation. (b) Une telle sémantique n’exige pas que nous identifions ce qui est correct avec ce qui est accepté comme correct par une communauté appropriée. (c) Une telle sémantique peut inclure une relation rationnelle entre le monde et les pratiques sociales qui déterminent la signification de nos croyances.

 Pourquoi une théorie sociale de la signification?

Un constructivisme relatif à la signification de nos croyances peut sembler trivial Pourtant, un tel constructivisme a des conséquences importantes: (a) Il implique que le vocabulaire intentionnel, que nous employons pour décrire nos croyances, ne peut pas être réduit au vocabulaire des sciences physiques. (b) Un tel constructivisme s’oppose à des théories causales de la signification. L’argument contre ces théories est que la signification d’un concept est plus spécifique que son extension (cp. l’exemple de l’étoile du matin et l’étoile du soir de Frege (1986) et les indéterminations de Quine (1960)).

Pourquoi un constructivisme social? Toute sorte de constructivisme mental, y compris une sémantique platonicienne, est victime d’un autre argument de l’indétermination, celui de Kripke-Wittgenstein. Selon Kripke (1982) toute série finie d’exemples, de croyances ou d’actions satisfait à une infinité de règles logiquement possibles. Il y a deux aspects de ce problème (problème de «suivre des règles»):

 l’aspect infinité: Comment une série finie d’exemples, de croyances ou d’actions peut-elle exprimer une seule règle au lieu d’une infinité des règles?

l’aspect normatif : Qu’est-ce qui détermine la façon correcte de poursuivre une série finie d’exemples, de croyances ou d’actions? Comment quelqu’un peut-il suivre une règle de telle manière qu’il ait à sa disposition un critère de distinction entre ce qui est correct et ce qui est incorrect?

Les indéterminations que Quine et Kripke mettent en évidence sont la motivation principale d’une théorie sociale de la signification qui est formulée à l’aide d’un vocabulaire normatif: des pratiques sociales sont indispensables pour qu’une même personne (a) n’ait à faire qu’avec une signification déterminée au lieu d’une infinité de significations possibles et (b) dispose d’un moyen pour distinguer entre ce qui est correct et ce qui est incorrect.

 Esquisse d’une théorie sociale de la signfication

La réponse de Crispin Wright à Kripke:

Understanding cannot be always achieved via uniquely rational extrapolation from sample uses and explanations; and is flot usually. Rather the path to understanding exploits certain natural propensities which we have, propensities to react and judge in particular ways. The concepts which we ‘exhibit’ by what we count as correct, or incorrect, use of a term need flot be salient to a witness who is, if I may so put it, merely rational ... (Wright (1993), p. 28)

1) Bien qu’il y ait une infinité de possibilités logiques pour continuer chaque série finie, une personne est dans la plupart des cas disposée à poursuivre cette série d’une manière déterminée. L’infinité des possibilités logiques ne se traduit pas en possibilités physiques.

2) Les dispositions des personnes qui partagent un équipement biologique et un environnement physique sont plus ou moins identiques, et elles incluent une tendance à coopérer.

3) Grâce à sa disposition à coopérer, chaque personne réagit aux actions des autres de telle manière qu’elle applique des sanctions: elle renforce ou elle punit les actions des autres. Les sanctions introduisent une perspective externe. De cette manière, elles permettent une distinction entre ce qui est correct pour une personne et ce qui l’est aux yeux des autres.

4) De plus, les sanctions provoquent un processus de détermination des conditions dans lesquelles les personnes en question sont d’accord sur la manière de continuer une série fmie d’exemples particuliers. Ce sont là les conditions normales.

5) Aussitôt que des conditions normales sont définies, la règle s’identifie au point de convergence des personnes qui continuent une série des exemples, des croyances ou des actions.

6)         Ces pratiques sociales ne déterminent pas de règles de signification isolées, mais plutôt un ensemble de règles, c’est à dire un contexte inférentiel. Il en résulte une théorie inférentielle_de la signification. (rapport entre propositions).

De la signification sociale à la vérité réaliste

Première étape: représentation basée sur l’inférence  

Une sémantique inférentielle a la tâche d’expliquer les relations entre les croyances et le monde (la représentation, la référence) sur la base de relations entre croyances. Un mécanisme de réponse différencié et fiable à son environnement n’est pas suffisant pour obtenir des représentations ayant un contenu conceptuel. Il faut un contexte inférentiel. Brandom (1994) élabore une théorie détaillée de la représentation en termes de relations inférentielles entre des croyances.

 

  Deuxième étape: les normes ne se réduisent pas aux faits sociaux

La conséquence à éviter:

None of us unilaterally can make sense of the idea of correct employment of language save by reference to the authority of securable communal assent on the matter; and for the conimunity itself there is no authority, so no standard to meet. (Wright (1980), p. 220)

Au lieu de concevoir une théorie sociale de la signification en termes de relations entre un individu et une communauté, on peut reconstruire les pratiques sociales sur la base de relations symétriques entre individus (Pettit (1993), chapitre 4; Brandom (1994), chapitre 1). Celles-ci sont ouvertes: l’intervention d’une tierce personne qui mette en question des pratiques jusqu’alors tenues comme correctes est toujours possible. Cela s’applique aussi à des pratiques qui jouissent de l’accord d’une communauté entière. On peut donc dire: Des attitudes normatives consistantes à tenir quelque chose pour correcte étant données, alors ce qui est correct dans nos croyances sur le monde procède de la constitution du monde. Les pratiques sociales qui déterminent un contenu conceptuel ne sont que le moyen (en fait, le seul moyen) d’obtenir un accès épistémique à un monde indépendant de nos croyances.

Troisième étape: une relation rationnelle entre pratiques sociales et le monde

L’objection de Mc Dowell (1994): oscillation entre le cohérentisme, qui laisse nos croyances filer dans le vide, et le Mythe du Donné. La position selon laquelle le contenu conceptuel est déterminé par des pratiques sociales aboutit au cohérentisme, parce que ces dernières ne peuvent pas assurer que nos croyances sont soumises à une restriction rationnelle de la part du monde. Pour éviter cette oscillation il faut une conception qui montre comment le monde peut exercer une restriction rationnelle sur nos croyances. On peut concevoir les pratiques sociales comme étant l’origine de la rationalité. L’environnement physique fait partie de ces pratiques; il provoque une restriction de nos croyances. Dans la perspective de ces pratiques, cette restriction peut être conçue comme étant rationnelle

 Résultat: un réalisme pragmatique

Réalisme pragmatique, parce que la signification de nos croyances est déterminée par des pratiques sociales. Réalisme, parce que c’est le monde qui détermine si une croyance s’y référant est vraie ou fausse.

  (sur base d'une discussion avec Mickael Esfeld, Centre de philosophie, Université de Constance)

Références

Brandom, Robert B. (1994): Making ft Explicit. Reasoning, Representîng, and Discursive Commitment. Cambridge (Massachusetts): Harvard Umversity Press.

Frege, Gottlob (1986): Funktion, Begrzff Bedeutung. Ed. GIinther Patzzg. G~ttingen: Vand~nhoeck und Ruprecht.

Kripke, Saut A. (1982): Wùlgenstein on Ruées and Prîvate Language. Oxford: Blackwell.

McDowell, John (1994): Mmd and World. Caxnbridge (Massacliusetts): Harvard University Preas.

Pettit, Philip (1993): The Common Mmd. An Essay on Psychology, Socîely, and Politics. Oxford: Oxford Umversity Press.

Quine. Willard Van Orman (1960): Word and Object. Cambridge (Massachusetts): MiT Press.

Wright, Crispm (1980): Wittgensteîn on the Foundations ofMathematics. London: Duckworth.

Wright, Crispm (1993): Realism, Meaning and Tria/i. Oxford: Blackwell. Second edition. First edition 1987.


Fondationnalisme 

Beaucoup de philosophes ont rêvé d’établir pour  leurs systèmes des fondements indestructibles. Les philosophes modernes nous proposent de dire tout ce qui nous passe par la tête sans plus nous préoccuper de vérité. Un moderne aurait pour maxime: rien n’est sacré que le principe que rien n’est sacré. Ce qui pourrait rester du fondationnalisme, c’est l’affirmation banale que tout discours qui vise à convaincre doit commencer quelque part. Ainsi, intéressons -nous à la recherche de  l’origine psychologique du fondamentalisme.

Citons Aristote: ce qui est le plus connaissable en soi et ce qui est le plus connaissable par nous-même.

Il n’y a pas de contradiction dans cette citation. Nous pouvons émettre un argument transcendantal.

Il y a derrière l’affirmation ou la négation un présupposé p®q    -p®q , donc (en tous les cas) q.

Ce type d’énoncé est vrai et nécessaire dans tous les types de monde. Il ne fonde ni une croyance ni une autre.

Dans l’idée d’Aristote , il y a des choses plus connues à nous et d’autres en  soi dans lesquelles nous pouvons englober les notions d’explications et de compréhensions.

Conditions  nécessaires:

1) subjective (par ex:  que je comprenne, ce que vous dites)

2) objective  ( avec un sens dû à son origine latine soit expanandum) si je comprends cela, ce n’est pas juste, l’explication n’est pas bonne. Si je ne comprends rien, c’est juste puisque je ne comprends rien.

Ces deux conditions sont indépendantes et en conflit.

Chez Aristote il y a trois chaînes de raison. J’explique A par B, B par C à l’infini. Il n’y a pas de nombre plus grand que tous les nombres.

 

1) chaîne à l’infini

2) chaîne qui finit par se mordre la queue

3) chaîne qui s’arrête dans un fondement absolu.

Il faut expliquer chaque chose individuellement , c’est le fondement absolu.

Un argument ne tient pas lorsqu’  il semble condamné à avoir comme conclusion l’argument même de sa prémisse.

Un argument à nu:

1) Je n’accepte rien sans preuve

2) toute preuve exige d’être fondée sur un ou plusieurs prémisses

3) ne peut  se succéder à l’infini

Rien n’existe sans cause ,les causes ne peuvent pas s’enchaîner à l’infini , il faut une cause absolu. Ainsi,  il faut croire ce qui est le moins incroyable. C’est étayer Zénon d’Elée (Parménide) qui dit qu’il n’y a pas de possibilité de mouvement. La notion mouvement  entraîne une  contradiction qui n’a pas de réalité. Avant d’arriver de A à B ,   on  passe par un trajet au milieu et dans ce milieu il y a encore un trajet ,etc. Pour aller de A à B ,il faut traverser un nombre infini de trajets finis. Chaque trajet étant lui-même fini. Un nombre infini de parcours finis exige un temps infini. Donc , aller de A à B entraîne un temps fini et infini. Zenon veut faire croire que son argument démontre qu’il y a notion de mouvement qui aboutit sur une  contradiction.

Résistances à l’argument :

1) « connais rien     » version naïve, du type c’est idiot cette page de Web, cela ne sert à rien version sophistiquée

La raison a ces limites. La Foi doit reprendre ce que la raison ne peut soutenir. Dans sa dernière encyclique, le pape Jean-Paul VI accepte la Foi et la Raison. Personne n’invoque la Foi sans perdre son argument rationnel.

 

2) intellectuellement responsable:

a) accepter la conclusion

b) trouver une raison de rejeter le prémisse

c) trouver l’erreur dans le raisonnement


Lemme de Zénon

‘la somme infinie de trajets finis est infinie

“la somme d’un nombre infini de trajets dont chacun est d’une certaine dimension minimum au moins est infinie.

Il est impossible de préciser la grandeur minimum de chaque trajet ( reducilo ad absurdum) et  cela ouvre le domaine des math.

Il y a un choix de valeurs fondamentales qu’il nomme:

Est:  toute souffrance est née du désir ( bouddhisme) donc il faut rejeter le désir

Ouest:  cultivez vos désirs car ils sont à la base de tout plaisir.

Il n’existe pas de juges compétents pour « trancher » la seule recherche est psychologique.

Exemple accepteriez - vous d’être immortel?

Il n’y a pas de réponse. Comment savoir si cela est mieux d’être immortel que mortel? Le projet rationaliste serait une autre manière. Les fondements procéduraux seraient-ils subjectivement évidents ? Ou bien doivent – ils être objectivement certains? Il faut se retrouver sur les règles de l’entendement. Subjectivement convaincantes ou objectivement valables? Le fascisme intellectuel, c'est : vous n ‘êtes pas d’accord mais c ‘est vrai. Le fondamentalisme procédural est la seule règle valable.

C’est un paradoxe, la philosophie  est la discipline la moins capable de certitude mais elle dit ce qu’il faut faire. Ainsi, la philo est:

1) vouée à la raison

2) ceci sans pouvoir la définir à l’avance.

Si vous n’êtes pas d’accord, la seule explication est possible d’un point de vue psychologique.

Rejeter le sacré, c’est de la mauvaise foi.

Antithèse :  en vertu qu’il est impossible d’être tous d’accord , la philosophie peut renier la raison sans trahir la philo.Dans l’idée des grecs, la véritable explication doit être universalisable. L'idéal de l’universalité,c'est l'indépendance de tous contextes. La compréhension porte sur le général et n’a pas de conception locale. Pour revenir moderne ( rappel: le modernisme, c’est la philosophie  des Lumières ) il faut retourner à la raison sous un aspect psychologique.

Ce n’est que pour soi que l’on est plus ou moins sûr que le subjectif est atteint. Ainsi,  il faut fouiller au plus profond du sens caché, c’est important, c’est un sens philosophique fondamentale. On peut faire de l’objectif à partir du subjectif.

Le psychologie  ne peut jamais remplacer la justification. Observer ce qu’on fait naturellement. Il est nécessaire de se demander comment ces raisonnements se font.

En conclusion, peut-être faut-il émettre qu’un intellectuel est voué à devoir toujours être contre ! Est- cela la dialectique ?
 

 

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