Beyrouth dans mon coeur,  rhapsodie en bleu

Haïkus 1

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Yeux lotus fermés

Couché dans la pénombre

Un opiomane

 

 

 Je serai pour toi

Fleur de jasmin

Parfumant tes nuits

 

 

Au fond du silence

As-tu déjà écouté

La terre qui tourne

 

 

Contre mon oreille

Frisson de la nuit des temps

Ton currucucù

 

 

Des grappes de dattes

Aux couleurs de miel camel

Sèchent au soleil

 

 

Combien de lunes faudra-t-il

Avant que tu saches

Que seul toi m'importes

 

 

Temps de farniente

Dans le jour gris qui s’étale

A perte de vue

 

 

Un vieux fellah marocain

Faucille à la main

Coupe l’herbe sèche

 

 

L'Amour est un papillon

Qui se meurt dans les filets

Du temps

 

 

Douceur des pétales

Goût de la pomme sauvage

Amours illicites

 

 

Je ne crois en rien

Pourtant tu te poses en moi

Comme une prière

 

 

Sous le ciel bridé

Dans un geste millénaire

Ils cueillent le riz

 

 

Pronunciamento mi

Encore une fois

Les mots du désir

 

 

Pieds nus dans le sable

Un Bédouin attend

Que fleurisse le désert  

 

 

A la saison des amours

Le souk dans mon coeur

Le capharnaüm

 

 

Sèche aux quatre vents

L’or noir de la Réunion

Vanille bourbon

 

 

Un filet d’eau coule

Ruban de soie lisse

Dans le désert de Gobi

 

 

Le soleil se lève

Rouge comme du bétel

Sur le fleuve indien

 

 

Dans l’hiver glacé

Vêtu de sa solitude

Il prie doucement

 

 

Chante la tristesse

Vent tenace de décembre

Saudade d’hiver

 

 

Finement voilée

Pieds teintés d’henné orange

Elle baisse les yeux

 

 

Une femme en sari

Silhouette soyeuse

Dans l’horizon flou

 

 

Viens dans ma bohème

Le corps et le coeur

Libres

 

 

Au soleil Levant

La bouche trop rouge

De jolies Geishas

 

 

Ablution matinale

D’une concubine

La Chine s’éveille

 

 

Pour savoir ce qu'est le feu

Il faut s'y brûler

De même l'amour

 

 

Je suis gadjée

Et j'aime un rom

Un voleur de poules

 

 

Au port de Mergellina

Une fille de joie

Chaloupe des hanches

 

 

I’m falling in love

Dans tes yeux d’ambre doré

Je me suis perdue

 

 

De Los Reyes

Des murs de pierre sèche

Chaleur andalouse

 

 

Pour ce regard là

J'ai jeté mon coeur

Dans tous les feux de l'enfer

 

 

Djabal-Al-Tariq

Gibraltar lointaine

Un rêve d’Eldorado

 

 

O Padre Padro

J’ai goûté l’éternité

Sur ces lèvres là

 

 

Vibrer cymbalums

Pour vos fils du vent de l’Est

Danser Gitanos

 

 

lls mâchent le qat

A l’ombre des murs de terre

Saada rêveuse

 

 

A l’ombre des arbres

Des bouffées de narghilé

Tirées en silence

 

 

Diga me amor

Dans le jour levant l’aurore

Que tu m’aimes encore

 

 

Batelier de Russie

Ta voix émeraude

Chante la Volga

 

 

Dans la nuit très hot

Sur tes paroles jazzy

J’ai swingué la vie

 

 

Des dazibaos

Taggés de freedom

Flottent au vent de Tien An Men

 

 

Le ton aigrelet

De la bise glaciale

Fige la fleur nue

 

 

Filles du soleil

Suspendues aux arbres

Orangeraies du Maroc

 

 

Enivrant mes sens

Odeur d’orchidée sauvage

Dans l’Orient moite

 

 

O crooner cubain

Dans la grise Havane

Tu chantes la Liberdad

 

 

Un coup de vodka

Réchauffe les mains gelées

D’une Babouchka

 

 

Ton amour précieux

Con ti permisso

Laisse-moi le dérober

 

 

Gaiement frivole

Dans la burga bleue des femmes

Le vent libre afghan

 

 

Troublant le ciel clair

Cheminées de Silésie

Au souffle encombré

 

 

Défiant l’hiver

Le thé au beurre de yak

Embaume la yourte

 

 

Calmant l’hiver

Un samovar chante

Dans l’isba de la Taïga

 

 

Dans le jour rageur

Embrasser la joue du vent

Pour calmer sa fougue

 

 

Entre ciel et terre

Des Hutongs aux murs gris sans âme

Quartiers de Pékin

 

 

Vieille au fichu noir

Traînant ses babouches

Sur la Grande Place Rouge

 

 

Ville mauresque

Odeur de safran orange

L’haleine d’un souk

 

 

L’hacienda muette

A l’heure de la sieste

Est ivre de paix

 

 

Dans les favelas

Sous les tôles chaudes

L’amour trompe la misère  

 

 

Ecole buissonnière

Rêverie pleine d’outrance

Dans les prés complices

 

 

Moulins à prière

En bois séculaire

Qui tournent dans la pénombre

 

 

 

Soudain l'oasis

Dans le désert élégant

Un grain de beauté 

 

 

Après les olé

Tolède se voile de noir

Mort d’un torero

 

 

A l’encre de Chine

Une main jaune et ridée

Peint le  crépuscule

 

 

Maisons de torchis

Protégeant à peine

Des rais du soleil broussard

 

 

La rizière sèche

Sous un soleil trop ardent

Impiété du jour  

 

 

Une rose jetée

Comme un ultime baiser

Sur une tombe fraîche

 

   

 

Mon amour mauresque

Derrière mon éventail

Je ne vois que toi

 

 

Au Liban les fleuves

Sont remplis des larmes

Des torturés de Khyam

 

 

Sous un sombrero

Il noie son chagrin d’amour

Tequila solo

 

 

De l’amour toujours

La promesse flamboyante

Iconoclaste et rêveuse

 

 

Ta voix chaleureuse

Le goût d’anis de tes lèvres

Amour salonique

 

 

Tes mots désuets

Antédiluvien amour

Me rendent glamour

 

 

Ton cœur veuf d’amour

Habille de noir

Tes yeux éperdument tristes

 

 

Le temps qui n’efface rien

Un accroche-cœur

Pour les amours fortes

 

 

Une main légère

A l’heure des épousailles

Frôle la dentelle

 

 

Ton rire éclabousse

Les si longs jours de l’attente

Joie des retrouvailles

 

 

Sur l’épaule nue

Une caresse azalée

Baiser éthéré  

 

 

La musique forte

D’un amour échu

Habille mon cœur de noir

 

 

La bouche coquelicot

D’une Geisha triste

Baiser japonais

 

 

Cette attentiste habitude

Fripant la passion

Ridant  les je t’aime

 

 

Gravés sur nos lèvres

Ton je t’aime et mon je t’aime

Litho de l’amour

 

 

Dans tes bras j’oublie

Que le monde fout le camp

Amour amnésie

 

 

Projetés en nous

Comme des mirages au loin

Les souvenirs doux

 

 

Pour quelques dollars

Pour une poignée  de riz

Elle dit à tous oui

 

 

Par manque d’amour

Les années de solitude

Enrochent les cœurs tristes

 

 

 

  Quand l'amour s'en va vraiment

S’agrandit l’espace

Jusqu’à se briser

 

 

Strates du passé

Couchées sur le cœur

Géologie de la vie

 

 

Souvenirs fragiles

Entassés dans la mémoire

Tels des bibelots

 

 

Une voix une chaleur

Dans le grand appartement

Etouffent la peur

 

 

La vie étriquée

D’un couple mangeant sa soupe

Silence d’hiver

 

 

Dans la solitude

Il y a de grands espaces

Tout blancs et tranquilles

 

 

Femme solitaire

Sur un banc de pierre

Ombre grise dans la foule

 

 

Noël se fait humble

Dans la nuit profonde

Les larmes d’un solitaire

 

 

Dans la nuit veille

Etoile de solitude

Le petit berger

 

 

 

A perpétuité

 Son paysage est strié

De barreaux de fer

 

 

Seul dans sa cellule

Sur le mur il trace

Les mots de son hiver noir

 

 

 

Le prisonnier

 Se penche pour embrasser

Une fleur dans la cour

 

 

Idées enfumées

Un accro aux doigts jaunis

Tire sur sa clope

 

 

Pétards bien mouillés

Au pays du crack

On croit sec au Nirvana

 

 

 

Une fillette pleure

Là au milieu des décombres

Sa poupée cassée

 

 

 

Sur sa paume rêche

D’enfant affamé

Roulent des grains de blé sec

 

 

Vogue le bateau

Serrés au fond de la cale

Des enfants esclaves

 

 

Un dernier regard

Jeté sur un coin de terre

Commence l’exil

 

 

Môme au cœur gelé

Dans le creux de tes mains

De la poudre blanche

 

 

Pas même un mirage

Dans le désert

De son cœur imbécile

 

 

Se laisser porter

Comme une perle d’eau pure

Sur le fleuve noir

 

 

Si le vent m’ignore

Sûr je m’y coule dedans

Je deviens son souffle

 

 

Vent atrabilaire

Ta mauvaise humeur

Fait frémir l’aube timide

 

 

Odeur de fraîchin

Délivrée dans l’aurore

D’un ciel tropical

 

 

Des larmes de Jade

Tombent du ciel chagriné

Il grêle à outrance

 

 

Pas de temps précis

Ni date dans le jour bleu

Les oiseaux s’en moquent

 

 

La journée grisâtre baille

S’étire s’allonge

Et d’ennui s’endort

 

 

Etalées dans le jour terne

Petites babioles

D’un marché aux puces

 

 

Contre la pierre figée

Un grand morbier

Balance le temps

 

 

Dans le matin frais

La fragance du pain 

Sort d'un soupirail

 

 

 

Je ne suis que hiéroglyphe 

Qui tente lui-même 

de se déchiffrer

 

 

Quelque part au fond

nous autres

sommes bien seuls

Notre désir dAmour

reste un rêve fou

qui s'échoue sur les rives

de la réalité......

 

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