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Pour la lecture de la
section 17 du
sommaire , concernant la force, il est inutile de se donner la peine de
revoir la physique en général, la physique vue sous l’angle actuel
embrouille d’avantage qu’elle n’aide à la compréhension de cette section.
Avant d’aborder
cette section il est bon de rappeler le plan de l’ouvrage de Leibniz afin de
la mettre en contexte.
Il y a trois parties :
1)
Dieu
2)
le monde ( de la section 8
à 12,
sommaire
), il est traité de l’identité de la substance, de 13 à 16 , des rapports
entre substances ,et de 17 à 22 , il s’agit des réalités matérielles ).
3)
Dieu et le monde
La maxime subalterne
comme
loi de la Nature, Dieu a la même force
mais pas toujours la même quantité de mouvement.
Se référer aux sections 6 et 7.
La section 7 concerne la théodicée, celle ci concerne le mal , ainsi Dieu
ne fait pas tout.
La section 18 traite de l’inertie des corps en tant que forces passive et
active.
La
section 17 porte sur la critique de la mécanique de Descartes.
Il y a un double parcours de la pensée, de la métaphysique à
la physique et le contraire.
Leibniz réfléchit comme rarement auparavant du lien entre métaphysique et
physique.
Le terme plausible signifie
qu’une certaine quantité d’actions se conserve dans l’univers, cela remet en
cause la nature, soit la quantité de mouvement.
Leibniz a été séduit dans sa jeunesse par la théorie de Descartes.
Soit que l’essence de la matière est l’étendue, une étendue solide que le
mouvement rend fluide ( en très résumé….)
Chez Leibniz l’espace vide est un néant, la réalité de la
matière vient du mouvement.
Les conatus rendent compte de la cohésion des corps. Ici, le conatus n’est
pas une force mais une vitesse, ce n’est pas une force mécanique. Leibniz y
attribue une force spirituelle.
Dans le texte, pourquoi le terme raisonnable est-il utilisé ?
Car il n’y a pas d’ordre des principes nécessaires ( soit la négation qui
englobe la contradiction ).
Le choix de Leibniz répond à une convenance. Le principe
n’implique
pas de contradiction.
La masse est multipliée par la vitesse.
La vitesse est multipliée par les corps.
Le principe de continuité
est requis par l’ordre des choses soit :
- spatio-temporel ( changement de position )
- cas ( suite ordonnée dans une série
infinitésimale )
- nature qui ne fait pas de saut, série
continue.
La loi des chocs:
si B et C ont un mouvement égal, même masse / vitesse, après un choc ils
repartent à la même vitesse
Si B et C diffèrent, alors après le choc il y a une
différence.
Voyons la règle de l’inégalité, si B est à peine plus grand que C alors
seulement, après le choc, C recule.
Pour Descartes, Dieu cause le mouvement.
m.v, la masse par la vitesse.
Certaines quantités d’actions se conservent
dans l’univers.
Leibniz teste cette possibilité.
Pour Descartes : m.v, la loi des chocs est tirée de là.
Astreignons nous à un peu de mathématique :4m.h = m.4.h
m= masse, h= hauteur
La quantité de travail se conserve, le rapport
de vitesse a et b est identique.
Section 17et explication du dessin dans le
livre du philosophe:
Leibniz s’exprime en toise. ( 4 toises)
m.v = 2 dans le dessin de gauche. Racine carré des espaces parcourus.
Ici, le travail est identique.
Travail :
T A = 4.h.m
T B = h.4.m
VA = racine de 4 = 2
VB = racine de 2 = 1
Quantité de mouvement :
m.v pour A = 4
m.v pour B = 2
C'est une quantité de mouvement selon la loi
de Galilée.
La force est égale en arrivant au sol, mais il n’y a pas la même quantité de
mouvement.
Se référer aux ouvrages :
Adams – Leibniz, Determinist,,Theist, Idealist,
Oxford univerity press, 1994- excellents passages pour éclaircir cette
démonstration , en anglais et à l’ouvrage de Moreau .
J. Moreau
– L’univers leibnizien,Vitte, 1956 , sur la force.M.
Guéroult – Leibniz, dynamisme et métaphysique.
La force est égale en arrivant au sol, mais le
mouvement n’est pas égal ce qui explique le travail qui entraîne une
exigence de la raison notamment pour le principe de
continuité.
Accepter le mouvement cartésien, c’est accepter le mouvement perpétuel.
La cause pleine est un effet entier donc une parfaite équation !
Le repos est un mouvement particulier, soit infinitésimalement petit.
Pour Leibniz : mv = mv2
La force, métaphysique ne peut être
immédiatement représentée dans l’imagination, c’est le problème de la
section 12(
sommaire
), il ne peut y avoir d’existence en soi. La puissance entraîne des effets
futurs.
La somme d’accroissement est la force ,
donc in petus( élan ) , est
mesurable bien qu’au – delà de l’imagination,
la
réalité physique , in petus est
remplacé par conatus , c’est
une réalité spirituelle.
Quelques remarques :
Les forces vives sont le passage de la
métaphysique à la nature et des choses immatérielles aux choses
Cela ruine la physique de Descartes, car il n’est plus
possible d’expliquer les corps par l’étendue, car on introduit des forces et
qu’on ne peut travailler que le mouvement. La réduction des corps à
l’étendue est balayée. Il faut comprendre le rapport des forces avec
l’entéléchie. Chez Descartes l’étendue n’est pas issue du mouvement.
Dieu ne fait pas tout ( liberté d’agir ) cela n’est pas
contraire à Descartes qui pense que certaines actions sont libres, mais pas
toutes. Descartes ne concilie pas , parce qu’ il ne sait pas comment le
faire, Dieu et la liberté d’agir. Leibniz lui reproche de reculer face à
cette difficulté.
Dans la section 20, le
mouvement perpétuel, Socrate et
Anaxagore sont
brièvement situés.
C’est le rapport entre Socrate et Anaxagore ( l’univers est
gouverné par l’intelligence et cela signifie qu’il y a des raisons, au lieu
de trouver des raisons il trouve des explications mécaniques).
Socrate dit que cela reviendra à la même
chose que de dire que le fait de s’expliquer sur la place publique est le
fait de s’expliquer avec ses muscles, nerfs, os, etc. Socrate dit
qu’Anaxagore confond les causes avec les conditions de faire ceci ou cela.
Mais, cela n’explique pas pourquoi je fais ceci ou cela. Voilà une
opposition entre raison et cause
( mécanique ). Intelligence / finalité.
Qu’est – ce qu’y est nécessaire pour qu’une
cause ait lieu ?
Socrate reproche à Anaxagore de ne pas recourir au divin.
Monade :
infinité de perceptions, forces
immanentes, substances ayant une âme ou analogue.
Toute substance perçoit, il n’y a pas de
causalité entre les substances. La force interne est analogue à une âme.
Pour comprendre la section 13 traitant du contingent et du nécessaire, il
est bon de relire la section 8 qui porte sur la définition logique de
l'individu et sur les propositions nécessaires, contingentes et
singulières, il est bon aussi de se rappeler ce qu’est la substance et ses
accidents pour Leibniz. ( Lire également l’essai de Théodicée de Leibniz)
( théodicée = Dieu / juste)
C’est ce paragraphe qui a choqué Arnaud.
Sur la liberté deux questions :
1) La
prescience divine détermine-t-elle l’action humaine ?
2) Une action peut – elle être libre
et déterminée à la fois ?
Dieu peut savoir de toute éternité ce
qu’est la substance individuelle, ainsi « César franchit le Rubicon »,
Dieu en a la prescience divine.
Les vérités nécessaires sont a priori, les vérités
contingentes a posteriori.
Qu’est – ce qui affecte le contenu des actions ?
Dieu choisit librement le monde.
La liberté a-t-elle une place dans un
monde prévu et déterminé par Dieu ?
Les apparences font penser que le bien et le mal sont
nécessaires. Il faut que les actions soient libres, sinon qu’elle justice y
aurait – il dans le jugement ?
Pour Leibniz nous avons la liberté de nos actions.
Concernant la section 13, lire encore en page 83 la réponse
d’Arnauld. Pour ce dernier, la nécessité est plus que fatale.
La Prescience divine
La
vérité des futurs contingents sont déterminés, Dieu en a la certitude car sa
prescience prévoit le futur libre , mais, ne le détermine pas . Dieu est en
quelque sorte le spectateur.
(Voir section 38 du
sommaire
de la théodicée, pour éclaircir sur quoi se fonde la nature des choses).
Pour Arnauld la difficulté réside dans la
substance individuelle. Ayons encore une fois recours à un exemple :
« Paul écrira demain »
« Paul n’écrira pas demain » est du domaine du
possible. Ainsi ces propositions sont vraies, particulières, contingentes.
Elles n’ont pas de contradiction en soi.
Donc, ce sont des propositions analytiques. Dieu analyse la notion complète
de Paul et qu’il écrira demain. Mais cela n’est pas nécessaire qu’il écrive
demain.
Il y a une différence de connexion entre :
a) ce qui est nécessaire
absolument, soit apodictique.
La négation entraîne la contradiction dans les vérités nécessaires, comme
la somme d’un triangle à 180%, sa négation n’est pas possible. Cela
détermine le champ des possibles.
b) ou nécessité hypothétique.
La négation est nécessaire et hypothétique cela entraîne une sorte de
perfection divine
Un exemple : le soleil brille aujourd’hui,
ceci n’est pas nécessaire absolument, mais nécessaire par conditions
causales ainsi nous avons une nécessité hypothétique.
Voyons cela ainsi :
2+2= 4 4=4, voilà une identité totale,
régit pas le principe de nécessité.
Paul franchit le Rubicon est une raison
suffisante et il y a non -contradiction.
Essayons de résumé :
Nécessité absolue ( non-contradiction) :
-
P et non P ne sont pas possibles
-
Délimite le champ des possibles
-
Notion spécifique ( par exemple la sphère)
La nécessité absolue, est contingente en
elle-même :
-
liée à l’existence des choses
-
notion
individuelle ( tel Jules César, cette notion est plutôt dans le réel ).
Dieu est cause première. Il a choisi de créer
le monde et la substance individuelle.
Qu’est – ce qui a motivé Dieu à créer le monde ?
Nous entrons dans le domaine de la morale.
La volonté est volonté conséquente.
La volonté, c’est l’
inclination à faire quelque chose à proportion du bien qu’elle renferme.
Il y a
une préordination de Dieu. Le décret est un choix libre.
Dieu a ordonné ce monde par décret. Choisir le meilleur des mondes par un
choix déterminé et incliné.
Pour
choisir le meilleur des mondes, il faut de la sagesse, de la volonté et de
la toute puissance
La volonté détermine le bien, le bien est l’entendement ( sagesse chez Dieu
).
Seul Dieu a la capacité de voir le
meilleur.
Pour
la détermination, faisons une référence
au fameux âne de Buridan qui a autant soif que faim et qui ne peut se
décider ni à boire ni à manger. Pour Leibniz, cela est impossible car la
volonté est toujours incliné. Nous sommes déterminés par notre choix.
Le principe du meilleur nous incline sans pour autant en connaître la cause.
Alors, que faut – il
penser du tyran ? C’est une imperfection de la liberté, les
apparences du bien et du mal nous trompe et l’ intelligence entre en jeu.
Plus l’être est éclairé, plus il approche de Dieu.
L'intelligence parfaite, c’est Dieu qui influe sur sa
volonté.
Les créatures limitées ne voient pas toujours clairement le bien.
Dieu a
un
entendement parfait par sa sagesse, sa capacité à contempler le meilleur et
son
choix du meilleur , voilà, nous avons ainsi sa puissance .
Homme
est plus ou moins le même modèle
que Dieu mais avec les passions qui interfèrent la volonté)
L'intelligence aboutit sur les volontés ( selon les
passions). Il faut noter que l’homme est limité par les passions.
Leibniz ne tolère pas la fatalité qu’il traite
de « sophisme paresseux ».
Si nous agissons c’est en fonction des actions et conformément sut un plan
moral.
Agir sans être poussé à agir, l’âme humaine dépend d’elle-même.
Leibniz dit que l’âme humaine est
comme un automate spirituel.
On peut définir le déterminisme ainsi :
soit étant donné les lois de l’univers, à l’instant T1, on peut déduire
chaque événement futur.
Ici, c’est un déterminisme causal. On ne peut parler de déterminisme moral,
mais de déterminisme de l’entendement sur la volonté dans l’action morale.
Les termes a priori et a posteriori qualifient la
connaissance. Une proposition ne peut être vraie a priori. Donc il
faut parler seulement d’une proposition.
Il est mieux de parler d’apparence du meilleur que de principe du meilleur (
pour Dieu ).
La volonté humaine se profile par ce qui apparaît le meilleur ( pour
homme)
Chez Leibniz, le mal est de l’ordre métaphysique, moral et naturel
(maladie,douleur).
Trois conditions à la liberté
La contingence ( la plus
fondamentale),la spontanéité et l'intelligence ( acte libre et réfléchi
pour un sujet doué de conscience et de raison ).
La section 13, voir le
sommaire
,traite de la contingence
1. Le domaine de la contingence va plus
loin que l’action humaine
2. Il y a indépendance complète de chaque
substance et un production causale immanente pour chaque accident.
La puissance de l’appétition est le plus
souvent inconsciente, donc la spontanéité est plus restreinte que la
contingence.
L’âme a en elle -même le principe de
toutes ses actions et de ses passions.
Même mes tristesses, mes colères sont causées par moi, produites par
ma propre substance.
La substance a
des
actions ( états actifs)
et des passions ( états passifs).
La spontanéité ne suffit pas à la
liberté.
On pâtit passivement. Garder sur un plan psychique et moral
les passions et les actions, tout en acceptant que la substance cause deux
sortes d’état.
Les passions interfèrent sur la volonté et par cela l’individu ne
réfléchit plus donc, l’ action n’est plus libre.
Alors la contingence et la spontanéité ne suffisent plus.
L’être spontané est à l’intérieur d’une sous classe : les actes libres.
La raison détermine la volonté et c’est du domaine de l’intelligence.
C’est quand ces trois conditions sont réunies que nous avons la liberté.
Il y a compatibilité entre liberté et déterminisme. Leibniz est un original
en admettant cela.
La chaîne causale ( qui aboutit à la liberté ) qui entraîne mon
déterminisme qui dépend de la substance.
Chez Hume, il n’y a pas de chaîne causale ( qui remonte jusqu’au bing-bang !
),l’action se situe en T1.
La position de Leibniz est étrange en ce sens que la chaîne
causale remonte à ma naissance, pas plus.
T1 est immanent en moi, c’est complètement moi.
Chez Leibniz, il a y une loi immanente de ma substance.(
voir chez Garnier Flammarion, " les nouveaux essais" en page 148 pour la
classification de la liberté)
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