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Vie d'une communauté

Naissance et vie de la paroisse

 Les paroissiens des Bayards furent rattachés à l'église des Verrières jusqu'en l'an 1712, époque à laquelle ils furent érigés en paroisse autonome. Auparavant, en 1711, la cure actuelle fut construite, en prévision de l'établissement de la paroisse bayardine.

Mais déjà en 1673, les communiers, obligés d'aller faire leurs dévotions à l'églises de Meudon ( l'un des trois bourgeaux des Verrières ) ou dans des maisons particulières des Bayards se préoccupèrent de la construction d'un temple.Au cours du mois d'octobre 1673, sur la proposition du pasteur Breguet, il fut décidé d'envoyer une délégation à la Vénérable classe pour demander l'autorisation de construire un temple.

 

Ce n'est que 3 ans plus tard, ( on s'aperçoit que l'administration d'alors était aussi lente que celle d'aujourd'hui), que le Conseil d'Etat autorisa les habitants des Bayards d'élever un temple et d'établir un cimetière. le 31 janvier 1677, la municipalité fit l'achat du terrain dit " Les Tilles", qui appartenait à David Chédel, afin d'y édifier sa propre église. Ce furent les frères Pierre et Jean Jeannin ( qui avaient des prénoms prédestinés pour accomplir cette oeuvre 9 qui se chargèrent de la construction des murs; le clocher fut bâti en bois et l'on y suspendit une cloche. Le temple fut inauguré le 28 octobre 1677 et le roi Frédéric Ier de Prusse nomma, comme premier pasteur, le ministre verrisan Jean-Pierre Quartier en 1712, soit 35 ans après !

Le temple des Bayards fut fréquemment frappé par la foudre et notamment en 1793 où, à l'issue d'un mariage, 5 personnes furent grièvement blessées.

Durant la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe,  l'édifice fut constamment restauré et amélioré; en 1719, déjà, le toit fut entièrement refait et au dire d'un procès-verbal "cette transformation nécessita l'emploi de 90.000 clous sans compter les vieux qui pouvaient encore servir". Pour illustrer et agrémenter notre travail, nous avons tiré de l'Almanach de Neuchâtel (1812) l'anecdote suivante :

Le 4 mai 1812, le temple des Bayards fut trois fois en un quart d'heure frappé de la foudre et endommagé dans toutes ses parties La façade ouest reçut deux larges brèches, fut ébranIée jusque dans ses fondements et les parpins dont elle était revêtue furent brisés et disloqués. Le feu se manifesta dans la partie supérieur du clocher, mais i fut éteint par l'intrépidité et l'adresse d'un homme du lieu, qui, au milieu de l'activité générale et  au mépris du danger bien manifeste, grimpa le long de la flèche un se tenant aux crochets de fer dont elle est armée extérieurement et arrêta l'incendie  avec le simple secours de son mouchoir de poche trompé dans I'eau : trait de présence d'esprit et de courage trop remarquable pour que nous n'en fassions pas connaître l'auteur, c'est Henri-David Guye- Vuillème, horloger.

En 1836 une restauration plus considérable eut lieu. Le pasteur Bersot, qui fut un grand bâtisseur et ne fut pas trop mauvais architecte, qui avait présidé à la construction des deux collèges et de l'Asile, propose une transformation importante de l'édifice. La tour actuelle en pierre, fondée sur la sol et située en dehors de l'Eglise du côté ouest remplaça la clocher en bois qui s'élevait à l'intérieur du bâtiment. La physionomie de l'église fut ainsi complètement changée. C'est  en 1923 que furent placée les trois vitreux que l'un peut encore admirer actuellement: l'un, celui de gauche représente Jésus et les petits enfants, l'autre, à droite, le sermon sur la montagne et le dernier porte l'armoirie en communale surmontée de l'écusson fédéral. La dernière restauration de la tour et des façades date de 1976.

L'édifice ne manque certainement pas de cachet; il est plus cossu et mieux assis que la chapelle de l'église indépendante, bâtie en 1896, par un effort d'ailleurs remarquable de quelques dissidents. Cette division religieuse dura de 1873 jusqu'en 1943. L'on avait ainsi deux églises aux Bayards, l'Eglise nationale et l'Eglises indépendante.

Il faut pourtant souligner qu'aux Bayards, ces divergences d'opinion étaient plus apparentes que réelles. Il n'y a rien à dire de particulier au sujet de l'intérieur du temple si ce n'est qu'une inscription, en latin, se trouve sur le seul  tombeau qui soit dans l'édifice. C'est celui de l'épouse du premier pasteur de la paroisse, décédée à la naissance d'un enfant qu'elle suivit dans la mort et dont le corps repose certainement à ses côtés: 

Dans ce tombeau est déposé le corps de noble Jeanne Sandoz, femme bien aimée de Jean-Pierre Quartier, pasteur de cette paroisse pendant 8 ans et sept mois. Dans les douleurs de l'enfantement, pieusement et patiemment s'est endormie dans le Seigneur avec son enfant,  morte à l'âge de 39 ans, l'an du Salut 1721,  au mois d'octobre.

Deux armoiries surmontent cette inscription, celle de gauche étant l'armoirie des Quartier, celle de droite l'armoirie des Sandoz. Notons encore que 2 écoles du dimanche une union chrétienne de jeunes gens et de jeunes filles, une société de tempérance et deux choeurs mixtes favorisèrent le développement de la de la vie religieuse aux Bayards. Il serait fastidieux de dresser une liste complète des pasteurs bayardins, d'autant plus que dans la première moitié du XXe siècle, ceux-ci se succédèrent à une allure inimaginable, vraisemblablement à cause de la mentalité du village. Actuellement, et depuis 1970, la paroisse des Bayards est reliée à celle des Verrières, les fidèles étant devenus un effet si peu nombreux, en partie à cause du dépeuplement, qu'il s'avéra  inutile de conserver un pasteur aux Bayards. Un seul représentent ecclésiastique est donc en fonction pour les 2 communes ; il s'agit de M. Béguin  qui loge à la cure des Verrières, celle des Bayards ayant été rénovée afin qu'elle puisse héberger une famille; seule l'école du dimanche a encore lieu dans ce bâtiment.

Asile

Le grand mérite  de la  fondation de l'Asile  des Bayards revient au pasteur Jean-François. Celui-ci est né en 1795. Il est nommé pasteur aux Bayards le 5 août  1829 fortement influencé par la création de plusieurs asiles dans  le canton (notamment celui des Billodes fondée par une amie de se soeur) il a l'idée  de fonder une même institution aux Bayards. Depuis toujours, il vouait une attention particulière aux enfants. En 1832, il fait construire un collège au Petit-Bayard, puis un autre au Grand-Bayard.  Puis il se penche sur le problème des enfants démunis. Il présente un projet aux habitants de la commune, projet qui est aussitôt approuvé en juin 1834.  Un comité et un bureau furent nommés et qui se débattirent si bien qu'on réussit à réunir des fonds pour la location d'une maison particulière dite "La Maison Rouge". Le 13 novembre 1834, un embryon d'Asile accueille ses premiers pensionnaires,  4 fillettes et 1 petit garçon. Le nombre des enfants augmente vite et en 1836 on en compte 24. La Maison Rouge devient exiguë pour un chiffre élevé d'habitants. Par conséquent, en 1837, on fait l'acquisition d'une  une vieille maison appartenant à un dénommé Fatton, on la démolit et on reconstruit à se place l'Asile qui  fut inauguré en avril le39. La règle de I'admission des enfants était celle-ci : ils  étaient admis à partir de 6 ans  et l'on s'occupe d'eux jusqu'à l'âge de 16 ans où ils sont mis en apprentissage. Des ateliers de travail sont à leur disposition, mais l'agriculture et l'élevage tiennent une place importante dans leur l'éducation. En 1900, on acquiert un petit rural où l'on occupe les garçons en dehors des heures d'école. La même année, le 31 octobre, un incendie détruit complètement la toiture et les combles de l'immeuble. Il semble que ce soit des enfants qui aient bouté le feu. Ceux-ci furent renvoyés. Depuis 1912, les filles ne sont plus acceptées à l'Asile des Bayards. Elles trouvent un refuge à l'Institut Sully Lambelet des Verrières.  Du point de vue financier, l'Asile subsistait grâce à de généreux dons qui furent les bienvenus,  particulièrement lors de l'incendie de 1900. Malheureusement, en 1958, considérant le déficit croissant de l'institution (il n'y avait plus que 4 pensionnaires et en devait quand même entretenir l'immeuble), la Commission de l'Asile mit fin à son existence. Le ferme et le cheptel furent vendus aux enchères et le fondation dissoute. Le bâtiment, après quelques années d'innocupation fut démoli  et l'on reconstruisit sur  son emplacement un bâtiment qui n'était  autre que les Echanges scolaires.

     

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