C'est par un bel après-midi de
juillet que je les rencontre,
dans leur résidence d'Epalinges
qui domine un lac encore
embrumé par les pluies
récentes.
- A quelle époque, Madame,
et dans quelles circonstances
avez-vous connu Jean-Pierre
Schmid ?
- C'était la guerre.
Jean-Pierre accomplissait son
service militaire à
Saignelégier comme
complémentaire. Dans les
combles de la Pharmacie, mon
père louait un atelier à
Coghuf et à Charles Rollier.
Jean-Pierre montait là-haut
tous les jours... Et ça
discutait, ça peignait, ça
buvait ferme. Pour mes soeurs
et pour moi, c'était bien sûr
quelque chose d'extraordinaire
qu'une occupation du village
par la troupe, cette guerre
chez nos voisins, ces artistes
au-dessus de nos têtes. En
1940 nous avions un peu plus
de vingt ans. Jean-Pierre
venait souvent manger à la
maison, passant ensuite la
soirée avec nous. Ma mère
l'adorait. Il lui rappelait le
fils qu'elle avait perdu
plusieurs années auparavant.
Pour nous, les filles, le
jeune Schmid était très vite
devenu une sorte de grand
frère cadet. Ensemble nous
passions notre temps à
discuter, à rire, à chanter et
à jouer du piano tout en
mangeant les biscuits
confectionnés par maman. Il
aimait aussi beaucoup mon
père... En 45, quand je me
suis mariée, il venait tout le
temps nous voir, à Bienne, car
entretemps, il avait rencontré
mon mari au Bureau de
Compagnie.
- Comment se fait-il qu'il
ait pu être aussi libre, aussi
disponible alors même qu'il
était en service commandé ?
- Que voulez-vous, il était
plutôt fantasque, et puis les
devoirs militaires semblaient
assez élastiques. Mais mon
mari vous expliquerait cela
mieux que moi. A cette époque
d'ailleurs, on manquait
d'employés et j'avais délaissé
la Pharmacie pour m'engager
auprès de l'administration
communale, où Jean-Pierre
était censé travailler au
Bureau de Compagnie, situé
face à mon bureau.
Pierre H. - En juillet 1944,
je reprenais le commandement
de la Cp. fr. 11222,
stationnée à Saignelégier. Mon
PC se trouvait à la mairie,
juste en face du Bureau
communal. Le jour même de mon
entrée en fonction, pénétrant
dans un bureau de compagnie
enfumé, j'y trouvai, à ma
grande surprise, une
demi-douzaine de soldats
complémentaires qui se
morfondaient à ne rien faire-
D'autre part, frappé par la
qualité des dessins qui
traînaient sur une table, je
demandai qui en était
l'auteur. «C'est moi! »
m'avait répondu un gros garçon
à lunettes. Je m'empressai de
le féliciter. JeanPierre
Schmid et son compère Arnoux,
rédacteur au journal «Le
FrancMontagnard », furent
aussitôt déplacés aux
Pommerats, dans un restaurant
où ils devaient servir, jour
et nuit, de plantons de
téléphone et d'estafettes à
bicyclette, afin de
transmettre les ordres au
poste des Enfers, le seul qui
n'était pas directement
desservi par notre ligne.
J'avais donc expliqué à mes
deux gaillards : « Toi, Schmid,
tu pourras peindre et dessiner
tant que tu voudras. Toi,
Arnoux, tu pourras composer
tranquillement tes articles.
Je ne vous demande qu'une
chose, c'est de transmettre
les ordres.
- Et cela devait-il jouer
comme vous l'entendiez ?
- Hélas! Une nuit toutes les
unités avaient reçu l'ordre de
descendre à Tavannes en tenue
de combat, afin d'y toucher la
troisième paire de chaussures.
Je me rends sur place, quand
je vois arriver le détachement
des Enfers en tenue de
sortie... Je mène mon enquête:
c'était Schmid! Il avait bien
reçu les ordres mais il
m'expliqua qu'il ne voyait
rien dans la nuit, si bien
qu'après ce téléphone, il
s'était tranquillement
retourné sur sa paillasse pour
roupiller. Désobéissance qui
lui valut dix jours d'arrêts
ce qui ne nous a pas empêchés
de devenir les meilleurs amis
du monde.
- Quel genre de garçon
était-il alors ?
Jeannette H. - Très
sympathique, ouvert et
recherchant chez nous, auprès
de ma mère, une sorte de
foyer. C'est que ma mère
aimait beaucoup la peinture ;
elle avait visité les grands
Musées et peignait un peu
aussi, si bien qu'elle
éprouvait le besoin de le
conseiller, de le guider. Je
vous l'ai déjà dit, il faisait
partie de la famille. Par
ailleurs ma mère dévorait tout
ce qui paraissait à l'époque
en fait d'ouvrages sur la
peinture. Elle avait une
mémoire extraordinaire et
retenait tout, parvenant sans
peine à lire tout en
tricotant. Aussi avaient-ils
des conversations qui nous
dépassaient largement sur tous
les sujets : peinture,
politique, société.
- En somme il avait trouvé
chez vous non seulement un
foyer, mais encore une manière
de mini-« salon »,
c'est-à-dire un cercle où il
pouvait s'exprimer, échanger
des idées... Travaillait-il
beaucoup ?
-Oui, beaucoup, mais durement.
C'était lent, ça ne sortait
pas ou du moins pas tel qu'il
l'avait rêvé... Bref, il
éprouvait d'énormes
difficultés. Il disait parfois
que c'était un véritable
accouchement.
- Travaillait-il sur le
motif ou en atelier ?
Toujours dans son atelier, où
il avait de grandes
discussions avec ma mère qui
le guidait : « Jean-Pierre, il
vous faut faire ceci... Vous
devriez faire cela... » A un
moment donné, elle lui a même
déclaré: « Ecoutez,
Jean-Pierre, Coghuf a trop
d'influence sur vous; il vous
faut absolument vous détacher
de son emprise, si vous voulez
être vous-même. » C'est ainsi
qu'il a loué cet atelier chez
Oscar Steiner, le ferblantier,
et qu'il a commencé à
travailler seul, mais avec
quelles difficultés !
Entretemps Rollier était
parti, Coghuf aussi. En tous
les cas, c'est ma mère qui l'a
poussé à se libérer.
Quelles étaient ses idées en
peinture ? Avait-il une
conception claire de son art ?
Il n'avait que ça en tête :
peindre, peindre, peindre ! Il
sentait qu'il ne pouvait pas
faire autre chose.
Un marginal à sa manière,
en quelque sorte ?
Si vous voulez. Au militaire,
par exemple, il manquait
totalement de discipline. Avec
nous, par contre, il se
montrait attentif, ouvert,
drôle, jovial. Pourtant il ne
cherchait en rien à se
singulariser, ni dans ses
vêtements ni dans son
comportement. D'ailleurs, en
dehors de notre famille, il
n'avait guère de contacts à
Saignelégier, où il ne
rencontrait, bien sûr, pas
beaucoup de personnes avec qui
parler peinture comme il le
faisait avec ma mère. Chez ses
parents, ça n'était pas
possible non plus.
Et Coghuf ?
Lui était excessif : un vrai
marginal! Plus âgé, il avait
déjà sa personnalité.
Jean-Pierre, lui, était un
doux. Coghuf, par contre,
vivait son personnage et ses
idées. A une certaine époque,
il a même été jusqu'à devenir
jaloux de Jean-Pierre, parce
que, tout à coup, l'élève
dépassait le maître.
Leur arrivait-il de
travailler ensemble ?
Je ne sais pas au juste...
J'ai dû poser une fois pour
Rollier qui trouvait superbe
le bleu d'un petit lainage que
je portais parfois. J'ai
également posé pour
Jean-Pierre. Pour Coghuf
jamais. Il faut dire que ma
mère ne l'aimait guère; elle
lui préférait Jean-Pierre.
Oui, et on a conservé de
vous ces remarquables
esquisses au crayon du jeune
Lermite... Comment se
passaient ces séances ?
Etait-il très concentré ?
Cela se passait gentiment,
dans son atelier, où ma mère
m'accompagnait, bien entendu.
Ils discutaient tous les deux
sans arrêt, et moi j'écoutais.
Bien qu'un peu plus âgée,
j'étais restée la gamine. Et
je posais, immobile, assise
sur un banc très dur, ça je
m'en souviens. Mais
l'essentiel de la discussion
roulait sur la peinture.
Avait-il des maîtres ? Le
cubisme, par exemple, cela
devait le fasciner ?
C'est-à-dire qu'il y est venu
petit à petit... Il faut dire
que ça n'est peut-être pas la
période de Saignelégier qui
l'a imposé. Il se faisait, il
se cherchait un peu dans
toutes les directions.
N'oubliez pas qu'il était très
jeune. Mais c'est tout de même
ma mère qui l'a initié aux
diverses écoles de peinture,
Manet, l'impressionnisme, Van
Gogh, Gauguin, le symbolisme,
Cézanne et tout le reste. Au
demeurant, c'était un
sentimental, un garçon tendre
et plein d'esprit, d'humour,
mais jamais méchant. S'il
rencontrait des personnes
indifférentes à la peinture,
il ne cherchait pas à les
connaître davantage... Quand
je me suis mariée et que j'ai
eu mon premier enfant, ce fut
une vraie folie ; il venait
tout le temps nous rendre
visite. Pourtant la révélation
de cet entretien tient
peut-être en ceci : Non
content de reconnaître
d'emblée le talent du soldat
Schmid, le capitaine Huguenin,
amateur de peinture et de
gravure, homme féru d'histoire
des religions et de
philosophie, fut le
commanditaire d'un tableau
majeur, « Dernière Cène »,
commencé en 1944, mais qui ne
sera terminé qu'en 1947, à La
Brévine, au seuil d'une époque
lermitienne singulièrement
fertile. Et Pierre Huguenin de
s'expliquer : « Le soir on
discutait souvent, Schmid et
moi, des incidences de
l'actualité sur le travail de
l'artiste. Il s'en rendait
bien compte : On ne peut pas
peindre uniquement des
paysages, des portraits ou des
abstractions quand la guerre
menace les peuples dans leur
existence même, s'efforçant
d'anéantir deux mille ans de
civilisation par le viol des
consciences, l'assassinat
légalisé et la privation de
toute liberté. Il y avait dans
cette époque tragique, me
semblait-il, des sujets
prioritaires à traiter, et
cela dans une authentique
perspective évangélique toute
de pitié et de charité. C'est
donc de ces discussions sans
cesse reprises qu'est née «
Dernière Cène ».
Et en effet, dans cette
saisissante transcription
locale dû célèbre tableau, le
futur Lermite prêtera les
traits de Pierre Huguenin à
ceux du Christ, tandis que
Judas n'est autre qu'un soldat
de la Couverture frontière. Et
à l'écart de ces personnages
rassemblés autour d'une table,
dans l'arrière salle d'un
bistrot de Saignelégier, le
militaire à lunettes qui
tourne le dos à la scène, au
premier plan, pourrait bien
être Jean-Pierre Schmid
lui-même, bouleversé et
impuissant. Quant aux deux
sommelières évoluant dans le
bistrot, il s'agit bien sûr de
Jeannette Schmitt et de sa
soeur ! De toute manière,
cette oeuvre très dense est à
l'origine des fantastiques
variations du « Peintre et la
Guerre », davantage encore de
ces « Béatitudes » inspirées
au jeune artiste par la vision
désolante des cortèges de
réfugiés qui refluaient vers
la Suisse, au début de la
guerre, et enfin du
gigantesque
« Calvaire brévinier » qui
orna longtemps le mur des
luthiers Jacot, dans leur
belle maison des Bayards.
Merci Jeannette et Pierre
Huguenin d'avoir si gentiment
évoqué le souvenir de votre
ami Jean-Pierre à travers cet
entretien.
Propos recueillis par P.
Siegenthaler, extrait des
cahiers de Lermite, Lermite à
Saignelégier
Maurice Chappaz, Salutation à
Lermite
Les sapins soufflent la nuit,
le vent durcit la neige bleue
nos visages ne s'affirment
plus : ils se retirent dans le
jour coupant et pale. La porte
de la maison s'est refermée
comme un pan d'ombre. Mais une
main cherche la mienne.
Elle hésite.
Les yeux de l'homme grand et
solide, les yeux clairs et
d'une bonté qui ne vacille pas
restent tranquillement fixés
sur les miens.
Je réalise que le peintre est
presque aveugle.
Mais je viens de lâcher des
dessins à la géométrie si
sensible, des gammes de
demi-teintes précises et
infinies avec comme une
intériorisation du
fantastique. Sa mine de plomb
sait rendre le clair de lune,
les variations de l'aube, le
crépuscule d'hiver, l'ombre
d'été, le côté pierre et le
côté fruit des objets.
J'ai devant moi un Maître du
noir et blanc.
L'attention extrême de
l'artiste me pénètre.
Il a mesuré l'heure avec
l'exactitude forcenée des
horlogers, mais l'heure qui
change, le soleil et sa
poussière et il a calculé,
évalué, corrigé sans se
tromper sur les nuances,
sachant faire la tare de son
oeil usé. Je le revois me
montrant avec un sourire une
série de mines de plomb
numérotées. Lucide, entrant
dans la nuit en créant,
conscient de l'insaisissable
tels ces moines du Thibet qui
en expirant rendent compte à
leurs disciples de toutes les
approches, de la grande vague
multiple de la mort.
Et il y a une analogie dans
cette façon de distinguer tous
les gris de la vie, des
présences.
Entre le naître et le
disparaître, entre le clair et
l'obscur Lermite a situé ses
paysages, ses ateliers, ses
fermes, ses chemins dans une
limpidité de visionnaire et
d'architecte. Ses compositions
sont des mises à nu. Le monde
est disséqué sur l'établi sans
que l'origine, la genèse soit
perdue. C'est fin comme une
fumée. C'est un monde qui
médite en silence. On sent
l'arbre et le plan, le plan et
l'arbre. Mais si défilent le
chasse-neige, la ruche, le
tracteur, l'abreuvoir, la
citerne, la carrière, le foyer
de la torrée, la racine, la
pastèque, la caillasse, le
vieux char à fumier : tout ce
qui se présente se ferme sur
soi-même et en même temps se
dépasse. La solitude vibre.
Lermite inscrit quelque chose
d'inviolé dans les machines et
donnerait de l'horizon à une
serrure
J'admire l'ermite.
Sa main tâtonne un instant à
ma rencontre.
Ce qui me saisit c'est le
coeur de celui qui a repris un
pays qui se simplifie et
s'ouvre à l'extrême comme une
trace, dans le jeu et les
détails de ses formes, qui l'a
surpris avec le regard austère
de ses habitants, en
technicien de l'espace. Je
vois bien en quittant Lermite
devant son atelier que
l'amitié qui réfléchit vise,
atteint l'essentiel et qu'on
va redécouvrir le Jura par ses
yeux, par son grand toucher
aussi net, y compris la clarté
du mystère, que la gelée
blanche.
Hölderlin, tandis qu'il
s'éloignait, a défini tous les
créateurs :
« Tant vaut l'homme, tant vaut
la splendeur de la vie »

Le
Musée des Beaux arts du Locle,
canton de Neuchâtel, a
consacré en 2002, une
exposition à Lermite, extrait
présenté à cette occasion:
Lermite est souvent réduit à
la figure de peintre des
montagnes jurassiennes, ancré
dans sa région. C’est faire
peut de cas d’une réflexion
artistique qui n’a jamais
cessé de s’affiner, d’un
questionnement permanent et de
ce foisonnement d’idées et
d’influences qui ont circulé
entre lui et ses amis
artistes. Ce sont ces aspects
que le Musée des beaux-arts du
Locle, ville natale du
peintre, et la Fondation
Lermite (voir encadré) ont
choisi de mettre en valeur
dans une exposition marquant
le 25e anniversaire de la mort
du peintre.
«Nous n’avons pas voulu
faire une lourde célébration
en montrant le plus d’œuvres
possible, explique Claude
Gfeller, conservateur du
musée, mais présenter des
dessins et œuvres graphiques
révélateurs de sa personnalité
et de son parcours». Un
parcours composé de diverses
étapes, mais dans lesquelles
se retrouvent, constants,
cette inquiétude, cette
intensité et ce profond
questionnement qui conduiront
le peintre de
l’expressionnisme à ces
paysages des montagnes
neuchâteloises extrêmement
épurés, en passant par une
période marquée par
l’influence du cubisme. «Lermite
n’est pas resté cloîtré dans
ses montagnes, contrairement à
la croyance publique,
poursuit Claude Gfeller. Il
a beaucoup voyagé et a
travaillé en France et en
Italie».
Dialogues d’artistes
Pour mieux marquer encore
ces étapes et ces
interrogations, pour mieux
cerner la personnalité de
l’artiste, les œuvres de
quelques autres peintres,
interlocuteurs privilégiés,
ont trouvé leur place dans
cette exposition.
Charles-Oscar Chollet, Pierre
Bichet, André Gigon, Coghuf,
Jean-François Comment, ou
encore Jean-Claude Hesselbarth,
«quelques notes qui rendent
l’expo vivante et montrent
l’interdépendance entre les
gens et la région. A eux tous,
ils ont proposé une réponse
pertinente aux questions
soulevées par les divers
courants artistiques de la
deuxième moitié du XXe
siècle».
Dessins, lithographies,
peintures, mais aussi vitraux
conduisent ainsi le visiteur
sur les traces du peintre. De
ses portraits expressifs,
extrêmement puissants, à
l’évocation presque abstraite
des montagnes, c’est la même
quête qui se poursuit. «Lermite
a toujours traduit ses
passions en peinture,
notamment son amour pour la
musique». D’où le
stupéfiant portrait d’un petit
vieillard saisi en pleine
écoute, ramassé, tassé, tout
entier rassemblé dans
l’intense concentration
qu’exprime son visage fermé au
monde si ce n’est à celui de
la musique qui le traverse,
«celle d’un très mauvais
violoniste, paraît-il»,
s’amuse Claude Gfeller.
La qualité d’une réflexion
Explorateur, Lermite l’a
été aussi dans les techniques
utilisées: mine de plomb,
peinture à l’huile, craie,
fusain, gravure. Et ses petits
dessins, condensés et précis,
recèlent la même force
d’expression, le même
dynamisme que ses peintures ou
ses grands fusains. Exposés
dans la lumineuse pièce du
haut, ces derniers côtoient
avec bonheur des toiles de
Jean-François Comment et de
Jean-Claude Hesselbarth. La
mise en perspective de ces
tableaux durs et sombres avec
les œuvres vivement colorées
des deux autres peintres offre
un contraste parfaitement
réussi.
A l’image de cette
exposition toute en nuances,
tant dans le choix des
tableaux que dans leur
rapprochement. «Le plaisir,
quand on réunit ainsi l’œuvre
d’un peintre, c’est de prendre
conscience de la qualité de sa
réflexion», conclut le
conservateur
.Sophie
Bourquin