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Lermite ( Jean-Pierre Schmid, dit Lermite, Le Locle, 2 janvier 1920 – Les Bayards, 1er janvier 1976 )

Lermite naît au Locle en 1920. Il suit l’école d’art de Bienne de 1938 à 1940. En 1941, il adhère au groupe Allianz, avec l’étiquette d’ « abstrait-constructiviste », mais s’en désolidarise cinq ans plus tard. Sa rencontre avec le peintre Coghuf l’amène à le rejoindre à Saignelégier entre 1943 et 1946. Il s’installe ensuite à La Brévine, puis aux Bayards en 1954. Sa carrière est marquée par une bourse fédérale en 1950, le prix Bachelin en 1958, le prix de l’Institut neuchâtelois en 1967 ; une participation à la Biennale de São Paulo en 1953, à l’Exposition nationale de Lausanne en 1964 ; la commande, dès 1963, d’œuvres monumentales. En 1970, une exposition à La Brévine, une rétrospective au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel et une monographie lui sont simultanément consacrées. Il s’éteint aux Bayards le 1erjanvier 1977.

 

"Il n'avait que ça en tête!", Entretien avec Jeannette et Pierre Huguenin.

 


C'est par un bel après-midi de juillet que je les rencontre, dans leur résidence d'Epalinges qui domine un lac encore embrumé par les pluies récentes.

- A quelle époque, Madame, et dans quelles circonstances avez-vous connu Jean-Pierre Schmid ?

- C'était la guerre. Jean-Pierre accomplissait son service militaire à Saignelégier comme complémentaire. Dans les combles de la Pharmacie, mon père louait un atelier à Coghuf et à Charles Rollier. Jean-Pierre montait là-haut tous les jours... Et ça discutait, ça peignait, ça buvait ferme. Pour mes soeurs et pour moi, c'était bien sûr quelque chose d'extraordinaire qu'une occupation du village par la troupe, cette guerre chez nos voisins, ces artistes au-dessus de nos têtes. En 1940 nous avions un peu plus de vingt ans. Jean-Pierre venait souvent manger à la maison, passant ensuite la soirée avec nous. Ma mère l'adorait. Il lui rappelait le fils qu'elle avait perdu plusieurs années auparavant. Pour nous, les filles, le jeune Schmid était très vite devenu une sorte de grand frère cadet. Ensemble nous passions notre temps à discuter, à rire, à chanter et à jouer du piano tout en mangeant les biscuits confectionnés par maman. Il aimait aussi beaucoup mon père... En 45, quand je me suis mariée, il venait tout le temps nous voir, à Bienne, car entretemps, il avait rencontré mon mari au Bureau de Compagnie.

- Comment se fait-il qu'il ait pu être aussi libre, aussi disponible alors même qu'il était en service commandé ?

- Que voulez-vous, il était plutôt fantasque, et puis les devoirs militaires semblaient assez élastiques. Mais mon mari vous expliquerait cela mieux que moi. A cette époque d'ailleurs, on manquait d'employés et j'avais délaissé la Pharmacie pour m'engager auprès de l'administration communale, où Jean-Pierre était censé travailler au Bureau de Compagnie, situé face à mon bureau.

Pierre H. - En juillet 1944, je reprenais le commandement de la Cp. fr. 11222, stationnée à Saignelégier. Mon PC se trouvait à la mairie, juste en face du Bureau communal. Le jour même de mon entrée en fonction, pénétrant dans un bureau de compagnie enfumé, j'y trouvai, à ma grande surprise, une demi-douzaine de soldats complémentaires qui se morfondaient à ne rien faire- D'autre part, frappé par la qualité des dessins qui traînaient sur une table, je demandai qui en était l'auteur. «C'est moi! » m'avait répondu un gros garçon à lunettes. Je m'empressai de le féliciter. JeanPierre Schmid et son compère Arnoux, rédacteur au journal «Le FrancMontagnard », furent aussitôt déplacés aux Pommerats, dans un restaurant où ils devaient servir, jour et nuit, de plantons de téléphone et d'estafettes à bicyclette, afin de transmettre les ordres au poste des Enfers, le seul qui n'était pas directement desservi par notre ligne. J'avais donc expliqué à mes deux gaillards : « Toi, Schmid, tu pourras peindre et dessiner tant que tu voudras. Toi, Arnoux, tu pourras composer tranquillement tes articles. Je ne vous demande qu'une chose, c'est de transmettre les ordres.


- Et cela devait-il jouer comme vous l'entendiez ?

- Hélas! Une nuit toutes les unités avaient reçu l'ordre de descendre à Tavannes en tenue de combat, afin d'y toucher la troisième paire de chaussures. Je me rends sur place, quand je vois arriver le détachement des Enfers en tenue de sortie... Je mène mon enquête: c'était Schmid! Il avait bien reçu les ordres mais il m'expliqua qu'il ne voyait rien dans la nuit, si bien qu'après ce téléphone, il s'était tranquillement retourné sur sa paillasse pour roupiller. Désobéissance qui lui valut dix jours d'arrêts ce qui ne nous a pas empêchés de devenir les meilleurs amis du monde.


- Quel genre de garçon était-il alors ?

Jeannette H. - Très sympathique, ouvert et recherchant chez nous, auprès de ma mère, une sorte de foyer. C'est que ma mère aimait beaucoup la peinture ; elle avait visité les grands Musées et peignait un peu aussi, si bien qu'elle éprouvait le besoin de le conseiller, de le guider. Je vous l'ai déjà dit, il faisait partie de la famille. Par ailleurs ma mère dévorait tout ce qui paraissait à l'époque en fait d'ouvrages sur la peinture. Elle avait une mémoire extraordinaire et retenait tout, parvenant sans peine à lire tout en tricotant. Aussi avaient-ils des conversations qui nous dépassaient largement sur tous les sujets : peinture, politique, société.

 

- En somme il avait trouvé chez vous non seulement un foyer, mais encore une manière de mini-« salon », c'est-à-dire un cercle où il pouvait s'exprimer, échanger des idées... Travaillait-il beaucoup ?

-Oui, beaucoup, mais durement. C'était lent, ça ne sortait pas ou du moins pas tel qu'il l'avait rêvé... Bref, il éprouvait d'énormes difficultés. Il disait parfois que c'était un véritable accouchement.


- Travaillait-il sur le motif ou en atelier ?

Toujours dans son atelier, où il avait de grandes discussions avec ma mère qui le guidait : « Jean-Pierre, il vous faut faire ceci... Vous devriez faire cela... » A un moment donné, elle lui a même déclaré: « Ecoutez, Jean-Pierre, Coghuf a trop d'influence sur vous; il vous faut absolument vous détacher de son emprise, si vous voulez être vous-même. » C'est ainsi qu'il a loué cet atelier chez Oscar Steiner, le ferblantier, et qu'il a commencé à travailler seul, mais avec quelles difficultés ! Entretemps Rollier était parti, Coghuf aussi. En tous les cas, c'est ma mère qui l'a poussé à se libérer.


Quelles étaient ses idées en peinture ? Avait-il une conception claire de son art ?


Il n'avait que ça en tête : peindre, peindre, peindre ! Il sentait qu'il ne pouvait pas faire autre chose.


Un marginal à sa manière, en quelque sorte ?

Si vous voulez. Au militaire, par exemple, il manquait totalement de discipline. Avec nous, par contre, il se montrait attentif, ouvert, drôle, jovial. Pourtant il ne cherchait en rien à se singulariser, ni dans ses vêtements ni dans son comportement. D'ailleurs, en dehors de notre famille, il n'avait guère de contacts à Saignelégier, où il ne rencontrait, bien sûr, pas beaucoup de personnes avec qui parler peinture comme il le faisait avec ma mère. Chez ses parents, ça n'était pas possible non plus.


Et Coghuf ?

Lui était excessif : un vrai marginal! Plus âgé, il avait déjà sa personnalité. Jean-Pierre, lui, était un doux. Coghuf, par contre, vivait son personnage et ses idées. A une certaine époque, il a même été jusqu'à devenir jaloux de Jean-Pierre, parce que, tout à coup, l'élève dépassait le maître.

 

Leur arrivait-il de travailler ensemble ?

Je ne sais pas au juste... J'ai dû poser une fois pour Rollier qui trouvait superbe le bleu d'un petit lainage que je portais parfois. J'ai également posé pour Jean-Pierre. Pour Coghuf jamais. Il faut dire que ma mère ne l'aimait guère; elle lui préférait Jean-Pierre.


Oui, et on a conservé de vous ces remarquables esquisses au crayon du jeune Lermite... Comment se passaient ces séances ? Etait-il très concentré ?

Cela se passait gentiment, dans son atelier, où ma mère m'accompagnait, bien entendu. Ils discutaient tous les deux sans arrêt, et moi j'écoutais. Bien qu'un peu plus âgée, j'étais restée la gamine. Et je posais, immobile, assise sur un banc très dur, ça je m'en souviens. Mais l'essentiel de la discussion roulait sur la peinture.


Avait-il des maîtres ? Le cubisme, par exemple, cela devait le fasciner ?


C'est-à-dire qu'il y est venu petit à petit... Il faut dire que ça n'est peut-être pas la période de Saignelégier qui l'a imposé. Il se faisait, il se cherchait un peu dans toutes les directions. N'oubliez pas qu'il était très jeune. Mais c'est tout de même ma mère qui l'a initié aux diverses écoles de peinture, Manet, l'impressionnisme, Van Gogh, Gauguin, le symbolisme, Cézanne et tout le reste. Au demeurant, c'était un sentimental, un garçon tendre et plein d'esprit, d'humour, mais jamais méchant. S'il rencontrait des personnes indifférentes à la peinture, il ne cherchait pas à les connaître davantage... Quand je me suis mariée et que j'ai eu mon premier enfant, ce fut une vraie folie ; il venait tout le temps nous rendre visite. Pourtant la révélation de cet entretien tient peut-être en ceci : Non content de reconnaître d'emblée le talent du soldat Schmid, le capitaine Huguenin, amateur de peinture et de gravure, homme féru d'histoire des religions et de philosophie, fut le commanditaire d'un tableau majeur, « Dernière Cène », commencé en 1944, mais qui ne sera terminé qu'en 1947, à La Brévine, au seuil d'une époque lermitienne singulièrement fertile. Et Pierre Huguenin de s'expliquer : « Le soir on discutait souvent, Schmid et moi, des incidences de l'actualité sur le travail de l'artiste. Il s'en rendait bien compte : On ne peut pas peindre uniquement des paysages, des portraits ou des abstractions quand la guerre menace les peuples dans leur existence même, s'efforçant d'anéantir deux mille ans de civilisation par le viol des consciences, l'assassinat légalisé et la privation de toute liberté. Il y avait dans cette époque tragique, me semblait-il, des sujets prioritaires à traiter, et cela dans une authentique perspective évangélique toute de pitié et de charité. C'est donc de ces discussions sans cesse reprises qu'est née « Dernière Cène ».

Et en effet, dans cette saisissante transcription locale dû célèbre tableau, le futur Lermite prêtera les traits de Pierre Huguenin à ceux du Christ, tandis que Judas n'est autre qu'un soldat de la Couverture frontière. Et à l'écart de ces personnages rassemblés autour d'une table, dans l'arrière salle d'un bistrot de Saignelégier, le militaire à lunettes qui tourne le dos à la scène, au premier plan, pourrait bien être Jean-Pierre Schmid lui-même, bouleversé et impuissant. Quant aux deux sommelières évoluant dans le bistrot, il s'agit bien sûr de Jeannette Schmitt et de sa soeur ! De toute manière, cette oeuvre très dense est à l'origine des fantastiques variations du « Peintre et la Guerre », davantage encore de ces « Béatitudes » inspirées au jeune artiste par la vision désolante des cortèges de réfugiés qui refluaient vers la Suisse, au début de la guerre, et enfin du gigantesque
« Calvaire brévinier » qui orna longtemps le mur des luthiers Jacot, dans leur belle maison des Bayards.

Merci Jeannette et Pierre Huguenin d'avoir si gentiment évoqué le souvenir de votre ami Jean-Pierre à travers cet entretien.

Propos recueillis par P. Siegenthaler, extrait des cahiers de Lermite, Lermite à Saignelégier

 


 

Maurice Chappaz, Salutation à Lermite


Les sapins soufflent la nuit, le vent durcit la neige bleue nos visages ne s'affirment plus : ils se retirent dans le jour coupant et pale. La porte de la maison s'est refermée comme un pan d'ombre. Mais une main cherche la mienne.

Elle hésite.

Les yeux de l'homme grand et solide, les yeux clairs et d'une bonté qui ne vacille pas restent tranquillement fixés sur les miens.

Je réalise que le peintre est presque aveugle.

Mais je viens de lâcher des dessins à la géométrie si sensible, des gammes de demi-teintes précises et infinies avec comme une intériorisation du fantastique. Sa mine de plomb sait rendre le clair de lune, les variations de l'aube, le crépuscule d'hiver, l'ombre d'été, le côté pierre et le côté fruit des objets.

J'ai devant moi un Maître du noir et blanc.

L'attention extrême de l'artiste me pénètre.

Il a mesuré l'heure avec l'exactitude forcenée des horlogers, mais l'heure qui change, le soleil et sa poussière et il a calculé, évalué, corrigé sans se tromper sur les nuances, sachant faire la tare de son oeil usé. Je le revois me montrant avec un sourire une série de mines de plomb numérotées. Lucide, entrant dans la nuit en créant, conscient de l'insaisissable tels ces moines du Thibet qui en expirant rendent compte à leurs disciples de toutes les approches, de la grande vague multiple de la mort.

Et il y a une analogie dans cette façon de distinguer tous les gris de la vie, des présences.

Entre le naître et le disparaître, entre le clair et l'obscur Lermite a situé ses paysages, ses ateliers, ses fermes, ses chemins dans une limpidité de visionnaire et d'architecte. Ses compositions sont des mises à nu. Le monde est disséqué sur l'établi sans que l'origine, la genèse soit perdue. C'est fin comme une fumée. C'est un monde qui médite en silence. On sent l'arbre et le plan, le plan et l'arbre. Mais si défilent le chasse-neige, la ruche, le tracteur, l'abreuvoir, la citerne, la carrière, le foyer de la torrée, la racine, la pastèque, la caillasse, le vieux char à fumier : tout ce qui se présente se ferme sur soi-même et en même temps se dépasse. La solitude vibre. Lermite inscrit quelque chose d'inviolé dans les machines et donnerait de l'horizon à une serrure

J'admire l'ermite.

Sa main tâtonne un instant à ma rencontre.

Ce qui me saisit c'est le coeur de celui qui a repris un pays qui se simplifie et s'ouvre à l'extrême comme une trace, dans le jeu et les détails de ses formes, qui l'a surpris avec le regard austère de ses habitants, en technicien de l'espace. Je vois bien en quittant Lermite devant son atelier que l'amitié qui réfléchit vise, atteint l'essentiel et qu'on va redécouvrir le Jura par ses yeux, par son grand toucher aussi net, y compris la clarté du mystère, que la gelée blanche.

Hölderlin, tandis qu'il s'éloignait, a défini tous les créateurs :
 

« Tant vaut l'homme, tant vaut la splendeur de la vie »


 


 

 

Le Musée des Beaux arts du Locle, canton de Neuchâtel, a consacré en 2002, une exposition à Lermite, extrait présenté à cette occasion:

 

Lermite est souvent réduit à la figure de peintre des montagnes jurassiennes, ancré dans sa région. C’est faire peut de cas d’une réflexion artistique qui n’a jamais cessé de s’affiner, d’un questionnement permanent et de ce foisonnement d’idées et d’influences qui ont circulé entre lui et ses amis artistes. Ce sont ces aspects que le Musée des beaux-arts du Locle, ville natale du peintre, et la Fondation Lermite (voir encadré) ont choisi de mettre en valeur dans une exposition marquant le 25e anniversaire de la mort du peintre.
   «Nous n’avons pas voulu faire une lourde célébration en montrant le plus d’œuvres possible, explique Claude Gfeller, conservateur du musée, mais présenter des dessins et œuvres graphiques révélateurs de sa personnalité et de son parcours». Un parcours composé de diverses étapes, mais dans lesquelles se retrouvent, constants, cette inquiétude, cette intensité et ce profond questionnement qui conduiront le peintre de l’expressionnisme à ces paysages des montagnes neuchâteloises extrêmement épurés, en passant par une période marquée par l’influence du cubisme. «Lermite n’est pas resté cloîtré dans ses montagnes, contrairement à la croyance publique, poursuit Claude Gfeller. Il a beaucoup voyagé et a travaillé en France et en Italie».

 

Dialogues d’artistes

   Pour mieux marquer encore ces étapes et ces interrogations, pour mieux cerner la personnalité de l’artiste, les œuvres de quelques autres peintres, interlocuteurs privilégiés, ont trouvé leur place dans cette exposition. Charles-Oscar Chollet, Pierre Bichet, André Gigon, Coghuf, Jean-François Comment, ou encore Jean-Claude Hesselbarth, «quelques notes qui rendent l’expo vivante et montrent l’interdépendance entre les gens et la région. A eux tous, ils ont proposé une réponse pertinente aux questions soulevées par les divers courants artistiques de la deuxième moitié du XXe siècle».
  
Dessins, lithographies, peintures, mais aussi vitraux conduisent ainsi le visiteur sur les traces du peintre. De ses portraits expressifs, extrêmement puissants, à l’évocation presque abstraite des montagnes, c’est la même quête qui se poursuit. «Lermite a toujours traduit ses passions en peinture, notamment son amour pour la musique». D’où le stupéfiant portrait d’un petit vieillard saisi en pleine écoute, ramassé, tassé, tout entier rassemblé dans l’intense concentration qu’exprime son visage fermé au monde si ce n’est à celui de la musique qui le traverse, «celle d’un très mauvais violoniste, paraît-il», s’amuse Claude Gfeller.

 

La qualité d’une réflexion

   Explorateur, Lermite l’a été aussi dans les techniques utilisées: mine de plomb, peinture à l’huile, craie, fusain, gravure. Et ses petits dessins, condensés et précis, recèlent la même force d’expression, le même dynamisme que ses peintures ou ses grands fusains. Exposés dans la lumineuse pièce du haut, ces derniers côtoient avec bonheur des toiles de Jean-François Comment et de Jean-Claude Hesselbarth. La mise en perspective de ces tableaux durs et sombres avec les œuvres vivement colorées des deux autres peintres offre un contraste parfaitement réussi.
   A l’image de cette exposition toute en nuances, tant dans le choix des tableaux que dans leur rapprochement. «Le plaisir, quand on réunit ainsi l’œuvre d’un peintre, c’est de prendre conscience de la qualité de sa réflexion», conclut le conservateur

 

.Sophie Bourquin