L’Abbaye des Bayards fut donc
fondée en 1755 sous
le règne
de Frédéric II de Prusse. En
ce temps-là on ne jouissait
pas des libertés qui sont la
gloire de notre époque.
C'était tout une affaire que
l'association, il fallait
obtenir des seigneurs et
maîtres l'autorisation
nécessaire. Aussi la première
page des procès verbaux , de
notre Abbaye renferme-elle la
requête adressée à Milord
Keith, pour lors notre
gouverneur, et au Conseil
d'Etat.
Voici ce document
original reproduit in
extenso:
A Milord notre gouverneur et à
Messieurs du Conseil d’Etat.
Milord et Messieurs,
Plusieurs des particuliers
des deux communautés des
Bayards, désirant de s'établir
une Abbaye et confrérie de
mousquetaires prennent la
respectueuse liberté de se
présenter devant Vos
Grandeurs et Vos Seigneuries
pour les très humblement
supplier de leur accorder la
permission et d'homologuer le
projet qu'ils ont formé qui
est ici joint.
L'objet et les vues qui les
portent à cet établissement
sont de s'exercer dans l'art
militaire et de se munir de
bonnes armes, afin de
manifester de plus en plus
leur zèle et juste devoir,
vigilance et activité pour le
service du Roy notre souverain
prince, pour le bien,
l'honneur et la conservation
de notre chère patrie.
La Justice, l'ordre et la
police qu'il y aura et règnera
dans la dite Abbaye et
confrérie feront que Vos
Grandeurs et Vos Seigneuries
n'auront jamais lieu ni
occasion de se repentir de
cette faveur. Et dans
l'espérance où ils sont qu'il
vous plaira leur accorder
leurs très humbles
supp1ications, ils redoublent
les voeux qu'ils ont
constamment faits et font
encore pour la conservation
et prospérité de Vos
Grandeurs et de Vos
Seigneuries.
(signé)
Abram Chédel ,
notaire
Abram Rosselet ,
capitaine
David Giroud lieutenant
etc., etc.
Le lieutenant-colonel de Pury
consulté par le gouvernement
sur l'opportunité d'octroyer
la requête l'apostilla la
façon suivante sur le livre
même de l'abbaye :
En ayant été requis par les
officiers de milice des
Bayards j'ay revu et corrigé
le dit projet dont il s'agit
lequel m'a paru semblable à
ceux que les communautés de
Fleurier et de St-Sulpy
préséntèrent il y a quelque
temps et que le gouvernement
m'ordonna d'examiner et qu'il
agréa ensuite.
Pury
Appuyés
et recommandés de
cette manière il plut au
gouvernement d'homologuer les
statuts et réglements de
l'Abbaye, ceci le 13 May 1755
sous la présidence de Monsieur
de Chambrier.
L'apostille de Pury et
l'autorisation du président
Chambrier sont
transcrites de
leur main dans le registre de
la Société et forment de
véritables autographes
précieux à conserver.
Les statuts ainsi, adoptés par
Leurs Excellences consistaient
en 47 articles qui réglaient
l'administration, la Police
des tirs et des prix. Leur
examen présente un véritable
intérêt et l'on ne peut se
défendre d'un immense
sentiment de respect pour nos
ancêtres de moeurs si austères
qui plaçaient leur foi en
Dieu, la décence et l'
honnêteté à la base de leurs
institutions. On rira
peut-être dans notre époque
sceptique et dégénérée de ces
piétistes du siècle dernier :
c'est mal !Combien il serait
désirable que notre jeunesse
fût inspirée des mêmes
sentiments !
Des 47 articles de ce
règlement de fondation nous
relèverons les plus saillants
et voici d'abord, dans le
français d'alors et avec toute
sa naïve honnêteté le
préambule de cette pièce
« Les Particuliers des deux
communautés des Bayards
désirant de s'établir une
Abbaye et confrérie de
mousquetaires, affin de se
tant mieux exercer dans l'art
militaire comme il y en a dans
les communautés du Vauxtravers,
et que le tout se passe à la
gloire de Dieu, notre
Créateur, au contentement des
autorités de l'Etat, et pour
le bien de la patrie.
Dans laquelle confrairie tous
ceux qui voudront s’ y
associer tant des dites deux
Villages des Bayards que des
autres communautés seront
obligés de suivre et observer
les règlements et ordres
ci-après écrits »
L'administration se composait
de 15 membres ou juges, savoir
: 1 capitaine ou président, 1
lieutenant, 1 secrétaire, 1
sergent ou huissier, 1
boursier et 10 juges. Chaque
communauté des Grand et Petit
Bayards était représentée par
3 juges. Les quatre autres se
recrutaient parmi les
sociétaires des villages
voisins. Ces juges étaient en
fonctions trois ans, puis
remplacés par série de
quatre. Ce système excellent
qui met en place à tour de
rôle tous les sociétaires est
encore en vigueur aujourd’hui
et ne changera pas de si tôt.
Il est à notre avis l’immense
avantage d’initier
directement tous les
sociétaires aux affaires de la
Société et de parer à toute
cabale politique ou de
camaraderie qui peut se
produire par l’élection au
scrutin. Nos voisins des
Verrières ont aboli
partiellement cette tradition.
Chez., eux la nomination des
Juges est remise an scrutin de
l'assemblée générale annuelle
sur des séries de 4 juges
sortants. Il s’en suit que
l'administration reste
sensiblement la même les juges
sortants pouvant être réélus.
Est-ce un bien, un mal ? Mais
revenons à notre règlement de
1755. En voici quelques
glanures:
Art. 14. L'assemblée générale
des juges est fixée au 26 mai.
Art. 17. Nul ne peut être reçu
membre qu’à la majorité des
juges et seulement des gens de
bien et d’honneur
.Art. 18. L'on devra obéir au
sieur maître et juges, et, si
quelqu'un était assez mal
avisé pour s'élever contre eux
et ne leur pas obéir sera
châtié comme réfractaire à la
connaissance des dits maîtres
et juges.
L'art. 23 prononce que le
partage des fonds, soit la
dissolution de la Société, ne
peut s'exécuter qu'en cas
d'incendie ou de calamité
publique.
L'art. 26 institue les
reprises par l'un des fils au
choix du père, moyennant
finance de 10 batz, plus un au
secrétaire.,
L'art. 29 interdit le tir, aux
jeunes gens qui n'ont pas
communié, sauf capacité
reconnue.
L'art. 33 établit le tir de la
cible de Société, une
vauquille au fusil et le jeu
du tronc ou trou-madame.
L'art. 36 veut que des
exercices militaires aient
lieu les jours de tir, de
plus, une annotation en marge
du colonel de Pury ordonne que
les armes soient d'ordonnance
militaire !
Art. 39. On ne peut tirer avec
un fusil emprunté sans la
permission du maître et des
Juges, sans quoi le coup est
nul.
Art. 42. Nul ne peut tirer
sans avoir une épée au côté !
Art. 44.. Si quelqu’ un
mettait deux balles dans le
canon le son fusil, cela étant
connu, sera châtié, suivant
que les juges connaîtront et
s'il a tiré, le coup sera nul
en outre du châtiment.
Il serait trop long de
rapporter ici tout le chapitre
des pénalités cependant nous
ne résistons pas au plaisir
d'en cueillir quelques unes.
1. Celui qui Jurera par le
saint nom de Dieu, par le
diable, par suite d'une
mauvaise habitude, par colère,
dans les lieux, du tir, paiera
1 batz d'amende, et pour la
récidive deux batz.
3. Celui qui donnera un
démenti par colère ou
autrement à l'un de ses
associés le jour du tirage
sera pour 4 batz d'amende.
4. Ceux qui occasionnent des
noizes ou querelles
auront huit batz d'amende et
s'ils
venaient à se donner des coups
ils seront rapportés à
Monsieur l'officier.
6.
(Textuel) Sy
aucun, au lieu de mettre
la paix
dans un débat ému
vient à en faire
partie, il paiera à la
compagnie 4 batz et
continuant à telle partialité
sera châtié
selon l'exigence du fait connu
par Messieurs les juges.
7.Tous
ceux qui pècheront notoirement
contre les règles de la
sobriété et qui paraîtront dans l'assemblée
ayant bu avec
excès, seront châtiés à 4 batz
et
même
à plus
grosses sommes sy le trop de
vin les porte
à insultes ou exciter les
débats.
8.
Celui qui commettra
paillardise ou adultère sera
mis hors la compagnie et ne pourra y rentrer que par le
vouloir de Messieurs les juges
et y étant admis il paiera
pour le cas de paillardise dix
batz et pour le cas d'adultère
vingt batz.
9.
Les enfants
illégitimes et tous ceux
qui auront été convaincus de larcins ou
d'autres crimes capitaux
ne
pourront être
admis ni tollérés
dans la
dite compagnie;
mais ils en seront exclus,
surtout sy en
étant membres
ils
commettent
quelque
action indigne qui leur
attirent des flétris-
sures,
dont Dieu réserve tous
les frères,
à lui soit rendu
Gloire
à jamais, Amen.
En vertu,de l'article 9 de ses
statuts,
l'Abbaye nomma sa première
administration le
23
may 1755. En voici la liste
nominative
Maitre : Pierre Giroud
(famille éteinte).
Lieutenant: Abram Reymond
(échute
en 1811)
Boursier
: Elie Giroud (échute
en 1858).
Secrétaire: Abram Chedel,
notaire (descendant:
Louis-Alexandre Chedel)
Sergent
Pierre Charlet (échute
)
Juges
pour les Bayards:
Osterwald, pasteur (échute).
Abram Rosselet (descendant:
Ami Rosselet, St-Imier
).
Claude
Giroud
régent (échute).
Jean-Pierre Reymond (échute
probable).
Moïse Rosselet, (descendant:
Ch. RosseletReymond).
David Giroud
(échute).
Juge des Verrières: François-Louis Lambelet (échute).
Juge
de Môtiers
: Jean-Henri
Rossel (échute).
Juge
de
Fleurier : Antoine Lequin,
aïeul de
Charles Lequin, de
Fleurier.
Juge de Saint-Sulpice ; Etienne Reymond
(échute).
Tous ces fonctionnaires
avaient à prêter
serment sur
une formule particulière
suivant l'emploi.
Voici à
titre de curiosité le serment
que
devait prêter le sergent
(huissier), style et
orthographe conservés :
« Vous jurés et promettés
d'être obeissant au sieur
maître et pour son absence à
son
lieutenant en ce qu'il
vous commendera, suivant les
ordres et règlements de la
dite abaye; et rassemblé les
officiers et juges d'lcelle
toutes les fois qu'il vous
sera commendé, garderez le
secret de tout ce qui se
passera, jugera et opinera dans
l'assemblée
des juges sans que
vous puissiez le déclarer que
par
leur ordre,donneré toute
votre attention à
ce que tous
ceux de la dite abaye se
conforment et conduisent
suivant
les ordres et
règlements de la Compagnie et
tous contrevenants les
rapporter aux sieurs maître et
juges, et lors que vous aurez
fait quelqu'avertissement ou
citation suivant qu'il vous
sera commendé, et que les
constituts le
permétant, vous
donnerez votre attestation et
cella sans pouvoir enticiper
sur les droits des huissiers
de sa majesté! »,
On peut Juger par cette pièce
de
l'importance que l'on
attachait aux fonctions
publiques vers la moitié du
siècle dernier, surtout si
l'on se rend compte qu'il
s'agit ici d'un simple
huissier de société de tir
!
C'est sur ces bases et avec
l'administration dont
l'état nominatif
précède que l'Abbaye
des Bayards
a fait ses débuts.
92 citoyens s'en firent
recevoir la première année
parmi lesquels quelques
externes comme Jean Jaques et
Antoine Lequin de Fleurier;
Hofstetter et Etienne Reymond
de
St-Sulpice; Abram Juvet de
Buttes; les Lambelet des
Verrières; Rossel de Môtiers,
etc.
Cette affluence de sociétaires
constate l'élan de cette
époque pour le tir et les jeux
militaires.
Le premier tir de l'Abbaye eut
lieu le 19 juin
1855, modeste
tir qui
n'a pas de ressemblance avec ce qui se passe
actuellement. Nous avons connu
quelques vieillards qui se
souviennent encore de la
première distance de tir, il
en existe probablement
encore
qui pourraient en
témoigner.
Ce qui est sûr c'est que le 23
may
1755 les juges assemblés
à la maisonnette (Hôtel du
village) prirent les premières
mesures pour ce tir, et il fut
décidé:
1.
que l'on tirera un prix
franc, cette année
dâte
et que
l'on exposerait des vauquilles
pour le jour du premier
tirage.
Pour ce
sujet ils ont
trouvé à propos de faire
faire deux cibles l'une pour
le prix franc qui devra avoir
cinq
piés
de large
ou de circonférence et aura
deux
ronds de noir; l'autre cible
sera pour la vauquille du
fusil, qui devra être de trois
piés et demi de large, le
corps de la dite vauquille
noir et environ un pié de
blanc au milieu; elles
auront
les chevilles faites au tour
et elles seront faites avec
des planches neuves, sans
noeuds ni branches pour nuire;
les dites planches seront bien
jointes chevillées à chacune
deux épares à côté de la
palissades. Les dites cibles
seront rendues sur
place le jour du tirage par
celui qui, les fera. On les a
mis a la démonte et sont
échues à Zacharie Rosselet,
petit Jaques pour le prix de
treize batz les deux.
2.
il a été dit et arrêté
par
même avis que l'on achètera de
l'étain pour le dit prix franc
et pour les vauquilles; savoir
quarante livres pesant
divisées par pièces comme suit
:
pour la vauquille du fusil:
1.
un saladier pesant 2
livres
2.
un plat
pesant 1 livre 1/2
3.
une
assiette pesant 1 livre
pour le jeu de quilles:
1.
un plat pesant 1 livre 1/2
2.
une assiette pesant 1 livre
3.
une assiette pesant 3/4
livre
pour le jeu du Trou Ladame :
1.
un plat pesant 1 livre 1/2
2.
une assiette pesant 1 livre
3.
une assiette pesant 3/4
livre
Total
11
livres d'étain pour ces
prix-là; il en restait donc 29
livres qui furent réparties en
différentes pièces pour prix à
la cible de Société.
Comme on le voit les prix
offerts par l'Abbaye des
Bayards aux tireurs de 1755
étaient bien près d'équivaloir
à ceux du tir fédéral de
Genève
en 1887
!
En résumé et d'après ce qui
précède on tirait alors sur
des cibles en planches, les
trous étaient bouchés avec des
chevilles bien rondes, faites
au tour, la distance était de
250 pieds, et les fusils du
petit calibre de 18mm !
Pour annoncer l'ouverture et
la fermeture des passes de tir
à la cible de Société on
inaugura dès la première année
le système du tambour qui n'a
pris fin que vers 1874. Jean
Barbezat fut ce premier
fonctionnaire, il ne paya que
vingt batz d'entrage à la
Société et s'engagea pour cela
a battre la quessr pour la
Compagnie toutes les fois
qu'il en serait rquis pendant
sa vie.
En 1763, dans le procès verbal
du 26 may il est à noter le
paragraphie suivant qui donne
une idée du rigorisme des
moeurs d'alors:
Sur la proposition faite à
l'occasion de Moïse
Giroud-André pour fait des
bruits contre lui au sujet
d'un enfant illégitime, les
sieurs maîtres et juges
présents sont unanimement
rendu avis que le dit Möise
Giroud doit produire pour le
jour du tirage du prix de
l'Abbaye son innocence, ce que
faisant ils veulent bien le
réintégrer dans la dite
compagnie et s'il ne le fait
pas, qu'il n'apporche pas le
jour du tirage il paiera 20
batz d'amende
Malgré nos recherches et notre
sympathie pour ce malheureux
accusé il ne nous a pas été
possible de trouver sans la
suite des procès-verbaux s'il
a réussi à se disculper.
En
tout cas cette accusation ne
le gêne plus !
En
1764 rentra dans son village
natal, aux Bayards, le sieur
Jean-Jacques Lambelet,
chevalier de
l'ordre du. mérite et
capitaine retraité au service
de France. Les sociétaires de
l'Abbaye
en considération de sa haute
position décidèrent le 28 mai
1764 de lui offrir la place
vacante d'abbé de la Société
c'est à dire
président et membre d'honneur.
Cette fonction, pour le dire
en
passant, n'a jamais été
remplie que par
lui et il l'a conservée
jusqu'en 1805 soit pendant 41
ans. Le chevalier
Lambelet est un ancêtre
d'Henri
François
Lambelet, mort aux
Verrières vers 1874. La réception
de cet abbé, le jour
du
tir, fut l'occasion
d'une grande fête
« la compagnie
de l'Abbaye forma la haie ou
files au lieu du tirage et à
son arrivée on fit des
décharges réitérées. Le dit
sieur Lambelet avant manifesté
les sentiments les plus solides
pour l'avantage et profit de
la
dite
Abbave et a fait présent à la
Compagnie de cent
écus petits soit 500 livres
faibles. Il a fait souper un
grand nombre d'associés et a
donné un
bal à la
jeunesse. »
En 1763 le fond
capital
ascendait à 2,087 livres,
l'entrée dans
la
société se
payait par 28 livres faibles.
Cette année-là
les 2 réguilleurs
(rebouleurs) furent payés une
piécette
chacun
!
En 1769 il n'y
eut pas de tir faute d'avoir
pu se procurer de l'étain pour
les prix.
En 1771 le tir
fut supprimé afin d'accroître
le fonds.
En 1773
l'entrée dans la Société était
de 40 livres.
Cette année-là
le stand de la Vy-
Pochon dont
il
est parlé
pour la première fois devint
inhabitable. Il avait, selon
toute prévision, été construit
par les sociétés des prix avec
l'aide des communes. On dût
supprimer le tir, car, disent
les verbaux, on ne pouvait pas
y tirer avec sûreté.
Cet état de
choses subsistant ainsi encore
en 1775 lesjuges
décidèrent de tirer à la Combe
du
Grand
Bayard une
année, l'année suivante au
Quartier des Vuillèmes et
ainsi à tour de rôle. Cette
décision n'eut pas d'effet,
car les communes réparèrent le
stand sur la même place.
En cette
année-là, 1775, Moïse
Rosselet dut recommencer son
tir à la cible de société
parce qu'il « avait tiré sans
épée au côté ».
En 1777 le
stand n'était de nouveau
qu'une ruine mais il fut
reconstruit solidement par
Jacob Rosselet. Cette
construction était ce que nos
vieillards actuels ont connu,
soit la
partie
de bise de l'ancien stand de
la Vy
Pochon,
stand qui a été rallongé
en,1833.
Jacob Rosselet
avait si bien exécuté son
travail que les juges de
l'Abbaye admirent son fils
Jean-Jaques, sociétaire, cela
à titre
gratuit.
Les traces de cette famille se
sont perdues en 1808.
Maintenant qui
a
payé
le stand de 1777 ? Les comptes
de l'Abbaye
en cette année-là n'en
font pas mention, ceux de 1778
également.
Il est supposable que ce sont
les
communes qui s'en
sont chargées.
En 1780 le
salaire du secrétaire est de
15 livres, le fonds de la
société ascende à 4,953
livres, 11 gros, 6 deniers.
Au tir de 1783,
108 tireurs ont tiré à la
cible de société, 89 ont eu
des prix, 19 ont
manqué la
cible.
En 1790 Abram
Chédel, notaire, secrétaire de
l'Abbaye depuis 35 ans,
résilia ses fonctions. Il est
mort en 1793. Donnons une
pensée
à ce fidèle et dévoué
fonctionnaire. Son successeur
fut Joseph Piaget, notaire.
Cette année-là
les prix en monnaie furent
substitués pour la première
fois à l'étain pour la cible
de société, cette mesure fut
adoptée
définitivement en 1791. Il fut
élaboré un bordereau
comprenant 72 prix d'un total
de 800 batz
Premier prix
par passe: 21 batz
Dernier prix
par passe : 6 batz.
En
cette année encore, il fut
décidé que tous ceux qui
tiraient à la cible de société
avec un fusil emprunté
paieraient 1 batz d'amende.
Cette mesure a subsisté
jusqu'en 1833.
Il
est à croire qu'en 1794 le
village était amplement pourvu
de soupières, de plats et
assiettes d'étain, car depuis
39 ans les prix avaient
consisté en ce métal. Aussi
voit-on apparaître le cuivre
pour prix, au jeu des quilles.
L'âge de l'étain était clos,
celui du cuivre commençait
pour faire place à l'argent en
1863.